Dossier Vista : troisième et dernière partie
Vincent Hermann & Jérôme Bosch le 28 mars 2006 (62 048 lectures)
La question de la fiabilité et des performances de Vista est probablement l’une des plus posées en regard du futur système. Les versions de Windows sont connues pour prendre l’embonpoint avec le temps, mais ce simple constat est incomplet, car on alourdit pas un système pour le plaisir de voir des millions d’utilisateurs se plaindre de lenteurs. Bien entendu, il y a toujours un équilibre très délicat entre fonctionnalités, sécurité et performances.
Démarrage et extinction de l'ordinateur
Avec la puissance des machines actuelles, les utilisateurs supportent de moins en moins bien le fait de devoir redémarrer leur PC et d’attendre que celui-ci démarre. Vista propose quelques nouveautés intéressantes sur ce point là. Commençons tout d’abord par un nouvel apport nommé « Delayed start », soit « Départ différé ».
Cette fonctionnalité fait le tri entre les services en les séparant par degrés de priorité. Ainsi, les services très connus pour provoquer des démarrages plus lents seront exécutés en priorité basse, c’est-à-dire un temps après les services qui ont une plus grande priorité. Le but de cette manœuvre est bien sûr de permettre à l’utilisateur d’utiliser son système dès l’apparition du bureau et non plus d'avoir à attendre jusqu’à plusieurs minutes supplémentaires comme actuellement quand un service important ne se lance pas immédiatement. Pour accélérer le démarrage également, Vista s’assure que les secteurs du disque dur nécessaires au boot sont contigus. Comme dans le cas d’un défragmenteur, cela évite que la tête du disque dur passe son temps à balayer la surface du disque pour chercher les morceaux.
Le mode d’extinction par défaut de Vista a lui aussi changé. Il est basé sur la technologie InstantOn, un mode de veille hybride regroupant la veille actuelle et le mode d’hibernation. Lorsque l’on appuie sur le bouton d’extinction du menu Démarrer, le PC bascule alors dans ce nouveau mode qui se veut le meilleur compromis entre l’économie d’énergie et le temps de réponse à la réactivation.
En fait, pendant que le PC se trouve dans ce mode de veille particulier, un fichier d’hibernation est créé. Dans le cas d’une coupure de courant, il n’y a alors aucune perte de données, car au redémarrage, Vista considèrera que vous sortez d’un traditionnel mode d’hibernation et restaurera les données en conséquence. Dans le cas d’un ordinateur portable, on peut régler le système pour que le mode d’hibernation prenne automatiquement le relais après un certain temps passé dans ce nouveau mode de veille. A noter que Vista améliore également le mode de veille classique, en particulier pour les temps de mise en veille et de « réveil ».
Autre avantage indéniable, les drivers et applications ne peuvent plus refuser la mise en veille comme sur Windows XP : ils sont simplement notifiés. Le code de gestion d’énergie a été considérablement nettoyé et le nouveau modèle de drivers WDF simplifie nettement cette partie pour les développeurs. Globalement, la veille devrait donc devenir beaucoup plus fiable que sur XP.
Il est intéressant de constater que Microsoft a clairement mis en évidence la fonction InstantOff, jusqu’à la mettre par défaut à la place de l’ancien bouton d’extinction. Ainsi, le fonctionnement de Vista, de manière standard, inclut que le système ne soit jamais vraiment totalement arrêté comme c’est le cas actuellement. C’est un signe caractéristique de ce que Microsoft change dans Windows pour que cette situation soit techniquement faisable, surtout quand on connaît le phénomène d’encrassement de Windows XP avec le temps.
La veille devrait donc nettement être beaucoup plus présente dans Vista en se lançant par défaut quand l’ordinateur est inutilisée. Une chose qui fait sourire : Jim Allchin a annoncé dans une interview qu’avec juste 100 millions de machines sous Vista on devrait observer des économies d’énergies dans le monde (sic !).
Performances : disques durs
Concernant toujours le chapitre des performances, Vista gèrera également un nouveau type de disques durs hybrides. Ce sont des disques durs couplés à de la mémoire flash (non volatile). Lors de l’extinction ou de la mise en hibernation du PC, Vista placera les secteurs du disque dur utilisés pour le démarrage dans la mémoire flash. Ainsi, le disque dur fournira au démarrage les données depuis cette mémoire sans attendre que le disque dur atteigne sa pleine vitesse de rotation.
D’autre part, quand Vista écrit sur le disque dur, les données sont placées directement dans la mémoire flash. Quand la mémoire est pleine, ou si le système a besoin de place, la mémoire est vidée vers le disque dur. Le fait de ne pas écrire en permanence sur le disque dur permet d’éviter l’usure de la mécanique du disque et devrait augmenter sa durée de vie des disques ainsi que sa consommation, réduite de 90% pendant que la tête de lecture est arrêtée. Superfetch est d’ailleurs capable d’exploiter la mémoire flash de ces nouveaux disques durs via la technologie ReadyDrive.
A propos des redémarrages du systèmes
Windows XP nécessite actuellement assez régulièrement des redémarrages suite à l’installation d’applications ou de mises à jour du système. Pourquoi un redémarrage ? En fait, sur Windows XP, on ne peut pas détruire des fichiers en cours d’utilisation. Cela peut être une application ouverte mais également des fichiers qui ont été ouverts par une application sans avoir été ensuite refermés. Pour pouvoir mettre à jour les fichiers, Windows les renomme et applique les changements au redémarrage.
Dans ce domaine, les systèmes Unix utilisent une méthode assez fine. Quand on supprime un fichier en cours d’utilisation, le lien du fichier est effectivement supprimé mais les données sont conservées. Le fichier apparait alors comme détruit à l’utilisateur mais, en réalité, les données seront détruites par le noyau quand toutes les instances mémoires du programme auront été supprimées, et pas avant. Les anciennes instances sont toujours sujettes aux failles si par exemple un patch de sécurité est appliqué et l’utilisateur doit donc fermer l’application pour que celle-ci soit mise à jour. Un système très efficace.
Vista n’applique pas la même méthode que les systèmes Unix, en grande partie pour des problèmes de compatibilité. Le système intègre un service spécifique nommé Restart Manager, qui propose une API pour que les installeurs puissent localiser les fichiers utilisés par une application pour les stopper le temps de la mise à jour et les redémarrer ensuite. Les nouvelles applications doivent définir des fonctions qui permettront la sauvegarde de l’état de l’application et le rechargement. Lors d’une mise à jour, l’application sera ainsi redémarrée dans le même état.
Si le service Restart Manager ne peut pas stopper de lui-même une application en l’état, l’utilisateur devrait avoir la possibilité de fermer le programme manuellement pour éviter un redémarrage. Windows Installer et Windows Update utiliseront tous les deux le Restart Manager. D’autres installeurs pourront bien entendu utiliser ce service qui devrait largement contribuer a faire diminuer le nombre de redémarrages sur Vista. Ce service aura néanmoins ses limites, puisqu’un patch qui mettra, par exemple, le noyau à jour nécessitera obligatoirement un redémarrage.
Diagnostics et gestion des problèmes
Comme nous l’avons abordé dans la première partie, l’introduction de pilotes en mode utilisateur réduira fortement le code en espace noyau même si ce dernier sera toujours obligatoire pour les tâches essentielles. Le développement des pilotes a été totalement revu et simplifié en regard du taux très important de 85% des plantages sous Windows XP dus à des problèmes de pilotes.
Le processus de qualité dans le développement de Vista met en avant des outils d’analyse de code source comme Prefix et Prefast, qui sont capables de détecter un nombre important de bugs et de failles. L’une des conséquences est par exemple qu’une application ne répondant plus au bout de quelques secondes pourra être fermée sans qu’un redémarrage soit nécessaire. Ceci est permis par une annulation correcte des requêtes entrées sorties aux pilotes.
Si le système venait à ne plus démarrer, un outil graphique de réparation de démarrage est disponible sur le DVD de Vista. Cet outil peut analyser les fichiers log du système et déterminer par exemple si un fichier est corrompu ou si une clé de registre manque. Cet outil peut également restaurer les ruches (fichiers contenant la base de registres) suite à une corruption. Cet outil devrait résoudre 80% des problèmes entraînant un échec du démarrage. Si l’outil échoue, l’utilisateur peut en dernier recours utiliser d’autres outils fournis par le support. Avec cet outil, les fichiers système peuvent être restaurés tels qu’ils sont sur le DVD et un service provoquant un problème peut être remis à son fonctionnement par défaut.
Le système de restauration a lui aussi été amélioré et peut maintenant intégrer des documents. Un point de restauration se lance par défaut chaque jour et les propriétés d’un fichier donneront accès à toutes les précédentes versions. Ainsi, si vous faites une modification malheureuse sur un fichier, vous avez encore le temps de vous rattraper.
L’outil de sauvegarde Windows Backup subit à son tour une mise à jour majeure et permettra désormais de choisir les types de fichiers que vous voulez sauvegarder. Vous pouvez sauver vos fichiers sur différents supports : CD, DVD, réseau ou encore disque dur. Il permet d’automatiser les sauvegardes à une date donnée, à un rythme prédéfini ou de manière ponctuelle. L’un des points les plus intéressants reste la possibilité d’effectuer une image du système. Le système pourra enfin fournir aux nouvelles applications une procédure pour restaurer les données en cas de crash d’une application et les rendre plus résilientes.
Vista intègre plusieurs outils focalisés sur les diagnostics des problèmes. Par exemple, grâce à la technologie PRCS (Proactive Reporting and Correcting Safeguard ), Vista prévient l’utilisateur des pannes de disque dur. S’il détecte une mort imminente du disque, il peut avertir l’utilisateur et le guider dans une sauvegarde de données qui pourra être placée sur un DVD par exemple, en attendant la restauration sur le nouveau disque. La détection de pannes est proactive et ne se contente pas de l’état SMART en prenant en compte d’autres éléments qui peuvent influer sur le disque.
Concernant la mémoire vive, l’utilisateur sera invité à lancer l’outil Windows Memory Diagnostic au prochain redémarrage en cas de plantage suspect d’une application ou du système. Cet outil exécutera une série de tests sur la mémoire pour diagnostiquer une panne éventuelle. Il s’inscrit en fait dans une gamme complète d’outils de diagnostics disponibles pour l’administrateur ou l’utilisateur avancé. Un moniteur de fiabilité permet par exemple de récupérer des informations sur le moindre plantage, échec de drivers, etc.
Suivi des performances
Le moniteur de performances fournit quant à lui des informations détaillées sur l’utilisation des différentes ressources du système comme les accès aux fichiers sur le disque dur en temps réel et les processus qui les utilisent. Les diagnostics automatiques de performance repèrent les éventuels problèmes et trouvent les causes, comme par exemple lors d’un long démarrage du système, d’une interface utilisateur peu réactive ou d’une entrée/sortie trop longue d’un mode hibernation ou veille.
Le journal d’évènements a de son côté été fortement enrichi. Les erreurs et avertissements sont beaucoup plus précis. Le module « Resource Exhaustion Detection and Recovery » avertit l’utilisateur quand une ressource devient faible. Lors d’une baisse critique de la mémoire disponible par exemple, Vista vous demandera si vous voulez fermer la/les application(s) incriminée(s).
Le compagnon de ces outils reste toujours le service de rapports d’erreurs. Ainsi, quand une application plante, l’utilisateur peut envoyer un rapport de bug détaillé sur le portail Winqual de Microsoft à l’aide de la Windows Feedback Platform (WFP). La WFP s’appuie sur la Windows Diagnostic Infrastructure (WDI) et le Network Diagnostics Framework (NDF) dont nous avons déjà parlé dans la deuxième partie et qui permet de diagnostiquer les problèmes sur un réseau. Les développeurs ont accès à tous les bugs signalés en se connectant à ce portail.
Dans le panneau de configuration « Solutions aux problèmes », l’utilisateur peut visualiser tous les problèmes détectés et chercher une solution associée. Microsoft utilise d’ailleurs ce système de rapports d’erreurs au niveau du processus de bêta-test de Vista. A noter cependant que les développeurs d’applications peuvent accéder à Winqual si, et seulement si, ils ont acheté un certificat Verisign (les prix démarrant à 499 dollars). Il est dommage que Winqual ne fonctionne pas avec d’autres certificats moins onéreux, surtout si l’on considère que ce service est également utilisé pour l’obtention du certificat PIC destiné à signer les drivers de Vista (signature obligatoire pour les drivers 64 bits).
Tous ces éléments ont pour but de mettre un terme à une usure qui affecte toutes les versions de Windows jusqu’à Windows XP et qu’on nomme WinRot, c’est-à-dire le pourrissement de Windows, qui se caractérise avec le temps par la dégradation du système. Les performances et problèmes augmentant, l’utilisateur peut être amené au bout d’un temps dépendant de l’ utilisation de son PC à réinstaller Windows. Microsoft a d’ailleurs annoncé la disparition de l’effet WinRot dans Vista.
Cet effet est principalement dû à l’utilisation excessive du compte admin. A chaque installation et utilisation de programmes, l’état du système est modifié. L’UAC (User Account Control) de Vista, qui est chargé de rendre possible l’utilisation des comptes utilisateurs, devrait donc régler le problème. D’après une étude du cabinet d’analyse Gartner, l’utilisation de systèmes de comptes peut amener à une économie de 40% du cout total de possession(TCO). Ce coût représente les dépenses dans une entreprise dues à l’utilisation et l’entretien du système. La défragmentation du disque dur est désormais automatique et des outils peuvent diagnostiquer les problèmes de performances. Ce diagnostic poussé permet aussi de faciliter l’entretien du PC pour en trouver plus rapidement les causes.
Démarrage et extinction de l'ordinateur
Avec la puissance des machines actuelles, les utilisateurs supportent de moins en moins bien le fait de devoir redémarrer leur PC et d’attendre que celui-ci démarre. Vista propose quelques nouveautés intéressantes sur ce point là. Commençons tout d’abord par un nouvel apport nommé « Delayed start », soit « Départ différé ».
Cette fonctionnalité fait le tri entre les services en les séparant par degrés de priorité. Ainsi, les services très connus pour provoquer des démarrages plus lents seront exécutés en priorité basse, c’est-à-dire un temps après les services qui ont une plus grande priorité. Le but de cette manœuvre est bien sûr de permettre à l’utilisateur d’utiliser son système dès l’apparition du bureau et non plus d'avoir à attendre jusqu’à plusieurs minutes supplémentaires comme actuellement quand un service important ne se lance pas immédiatement. Pour accélérer le démarrage également, Vista s’assure que les secteurs du disque dur nécessaires au boot sont contigus. Comme dans le cas d’un défragmenteur, cela évite que la tête du disque dur passe son temps à balayer la surface du disque pour chercher les morceaux.
Le mode d’extinction par défaut de Vista a lui aussi changé. Il est basé sur la technologie InstantOn, un mode de veille hybride regroupant la veille actuelle et le mode d’hibernation. Lorsque l’on appuie sur le bouton d’extinction du menu Démarrer, le PC bascule alors dans ce nouveau mode qui se veut le meilleur compromis entre l’économie d’énergie et le temps de réponse à la réactivation.
En fait, pendant que le PC se trouve dans ce mode de veille particulier, un fichier d’hibernation est créé. Dans le cas d’une coupure de courant, il n’y a alors aucune perte de données, car au redémarrage, Vista considèrera que vous sortez d’un traditionnel mode d’hibernation et restaurera les données en conséquence. Dans le cas d’un ordinateur portable, on peut régler le système pour que le mode d’hibernation prenne automatiquement le relais après un certain temps passé dans ce nouveau mode de veille. A noter que Vista améliore également le mode de veille classique, en particulier pour les temps de mise en veille et de « réveil ».
Autre avantage indéniable, les drivers et applications ne peuvent plus refuser la mise en veille comme sur Windows XP : ils sont simplement notifiés. Le code de gestion d’énergie a été considérablement nettoyé et le nouveau modèle de drivers WDF simplifie nettement cette partie pour les développeurs. Globalement, la veille devrait donc devenir beaucoup plus fiable que sur XP.
Il est intéressant de constater que Microsoft a clairement mis en évidence la fonction InstantOff, jusqu’à la mettre par défaut à la place de l’ancien bouton d’extinction. Ainsi, le fonctionnement de Vista, de manière standard, inclut que le système ne soit jamais vraiment totalement arrêté comme c’est le cas actuellement. C’est un signe caractéristique de ce que Microsoft change dans Windows pour que cette situation soit techniquement faisable, surtout quand on connaît le phénomène d’encrassement de Windows XP avec le temps.
La veille devrait donc nettement être beaucoup plus présente dans Vista en se lançant par défaut quand l’ordinateur est inutilisée. Une chose qui fait sourire : Jim Allchin a annoncé dans une interview qu’avec juste 100 millions de machines sous Vista on devrait observer des économies d’énergies dans le monde (sic !).
Performances : disques durs
Concernant toujours le chapitre des performances, Vista gèrera également un nouveau type de disques durs hybrides. Ce sont des disques durs couplés à de la mémoire flash (non volatile). Lors de l’extinction ou de la mise en hibernation du PC, Vista placera les secteurs du disque dur utilisés pour le démarrage dans la mémoire flash. Ainsi, le disque dur fournira au démarrage les données depuis cette mémoire sans attendre que le disque dur atteigne sa pleine vitesse de rotation.
D’autre part, quand Vista écrit sur le disque dur, les données sont placées directement dans la mémoire flash. Quand la mémoire est pleine, ou si le système a besoin de place, la mémoire est vidée vers le disque dur. Le fait de ne pas écrire en permanence sur le disque dur permet d’éviter l’usure de la mécanique du disque et devrait augmenter sa durée de vie des disques ainsi que sa consommation, réduite de 90% pendant que la tête de lecture est arrêtée. Superfetch est d’ailleurs capable d’exploiter la mémoire flash de ces nouveaux disques durs via la technologie ReadyDrive.
A propos des redémarrages du systèmes
Windows XP nécessite actuellement assez régulièrement des redémarrages suite à l’installation d’applications ou de mises à jour du système. Pourquoi un redémarrage ? En fait, sur Windows XP, on ne peut pas détruire des fichiers en cours d’utilisation. Cela peut être une application ouverte mais également des fichiers qui ont été ouverts par une application sans avoir été ensuite refermés. Pour pouvoir mettre à jour les fichiers, Windows les renomme et applique les changements au redémarrage.
Dans ce domaine, les systèmes Unix utilisent une méthode assez fine. Quand on supprime un fichier en cours d’utilisation, le lien du fichier est effectivement supprimé mais les données sont conservées. Le fichier apparait alors comme détruit à l’utilisateur mais, en réalité, les données seront détruites par le noyau quand toutes les instances mémoires du programme auront été supprimées, et pas avant. Les anciennes instances sont toujours sujettes aux failles si par exemple un patch de sécurité est appliqué et l’utilisateur doit donc fermer l’application pour que celle-ci soit mise à jour. Un système très efficace.
Vista n’applique pas la même méthode que les systèmes Unix, en grande partie pour des problèmes de compatibilité. Le système intègre un service spécifique nommé Restart Manager, qui propose une API pour que les installeurs puissent localiser les fichiers utilisés par une application pour les stopper le temps de la mise à jour et les redémarrer ensuite. Les nouvelles applications doivent définir des fonctions qui permettront la sauvegarde de l’état de l’application et le rechargement. Lors d’une mise à jour, l’application sera ainsi redémarrée dans le même état.
Si le service Restart Manager ne peut pas stopper de lui-même une application en l’état, l’utilisateur devrait avoir la possibilité de fermer le programme manuellement pour éviter un redémarrage. Windows Installer et Windows Update utiliseront tous les deux le Restart Manager. D’autres installeurs pourront bien entendu utiliser ce service qui devrait largement contribuer a faire diminuer le nombre de redémarrages sur Vista. Ce service aura néanmoins ses limites, puisqu’un patch qui mettra, par exemple, le noyau à jour nécessitera obligatoirement un redémarrage.
Diagnostics et gestion des problèmes
Comme nous l’avons abordé dans la première partie, l’introduction de pilotes en mode utilisateur réduira fortement le code en espace noyau même si ce dernier sera toujours obligatoire pour les tâches essentielles. Le développement des pilotes a été totalement revu et simplifié en regard du taux très important de 85% des plantages sous Windows XP dus à des problèmes de pilotes.
Le processus de qualité dans le développement de Vista met en avant des outils d’analyse de code source comme Prefix et Prefast, qui sont capables de détecter un nombre important de bugs et de failles. L’une des conséquences est par exemple qu’une application ne répondant plus au bout de quelques secondes pourra être fermée sans qu’un redémarrage soit nécessaire. Ceci est permis par une annulation correcte des requêtes entrées sorties aux pilotes.
Si le système venait à ne plus démarrer, un outil graphique de réparation de démarrage est disponible sur le DVD de Vista. Cet outil peut analyser les fichiers log du système et déterminer par exemple si un fichier est corrompu ou si une clé de registre manque. Cet outil peut également restaurer les ruches (fichiers contenant la base de registres) suite à une corruption. Cet outil devrait résoudre 80% des problèmes entraînant un échec du démarrage. Si l’outil échoue, l’utilisateur peut en dernier recours utiliser d’autres outils fournis par le support. Avec cet outil, les fichiers système peuvent être restaurés tels qu’ils sont sur le DVD et un service provoquant un problème peut être remis à son fonctionnement par défaut.
Le système de restauration a lui aussi été amélioré et peut maintenant intégrer des documents. Un point de restauration se lance par défaut chaque jour et les propriétés d’un fichier donneront accès à toutes les précédentes versions. Ainsi, si vous faites une modification malheureuse sur un fichier, vous avez encore le temps de vous rattraper.
L’outil de sauvegarde Windows Backup subit à son tour une mise à jour majeure et permettra désormais de choisir les types de fichiers que vous voulez sauvegarder. Vous pouvez sauver vos fichiers sur différents supports : CD, DVD, réseau ou encore disque dur. Il permet d’automatiser les sauvegardes à une date donnée, à un rythme prédéfini ou de manière ponctuelle. L’un des points les plus intéressants reste la possibilité d’effectuer une image du système. Le système pourra enfin fournir aux nouvelles applications une procédure pour restaurer les données en cas de crash d’une application et les rendre plus résilientes.
Vista intègre plusieurs outils focalisés sur les diagnostics des problèmes. Par exemple, grâce à la technologie PRCS (Proactive Reporting and Correcting Safeguard ), Vista prévient l’utilisateur des pannes de disque dur. S’il détecte une mort imminente du disque, il peut avertir l’utilisateur et le guider dans une sauvegarde de données qui pourra être placée sur un DVD par exemple, en attendant la restauration sur le nouveau disque. La détection de pannes est proactive et ne se contente pas de l’état SMART en prenant en compte d’autres éléments qui peuvent influer sur le disque.
Concernant la mémoire vive, l’utilisateur sera invité à lancer l’outil Windows Memory Diagnostic au prochain redémarrage en cas de plantage suspect d’une application ou du système. Cet outil exécutera une série de tests sur la mémoire pour diagnostiquer une panne éventuelle. Il s’inscrit en fait dans une gamme complète d’outils de diagnostics disponibles pour l’administrateur ou l’utilisateur avancé. Un moniteur de fiabilité permet par exemple de récupérer des informations sur le moindre plantage, échec de drivers, etc.
Suivi des performances
Le moniteur de performances fournit quant à lui des informations détaillées sur l’utilisation des différentes ressources du système comme les accès aux fichiers sur le disque dur en temps réel et les processus qui les utilisent. Les diagnostics automatiques de performance repèrent les éventuels problèmes et trouvent les causes, comme par exemple lors d’un long démarrage du système, d’une interface utilisateur peu réactive ou d’une entrée/sortie trop longue d’un mode hibernation ou veille.
Le journal d’évènements a de son côté été fortement enrichi. Les erreurs et avertissements sont beaucoup plus précis. Le module « Resource Exhaustion Detection and Recovery » avertit l’utilisateur quand une ressource devient faible. Lors d’une baisse critique de la mémoire disponible par exemple, Vista vous demandera si vous voulez fermer la/les application(s) incriminée(s).
Le compagnon de ces outils reste toujours le service de rapports d’erreurs. Ainsi, quand une application plante, l’utilisateur peut envoyer un rapport de bug détaillé sur le portail Winqual de Microsoft à l’aide de la Windows Feedback Platform (WFP). La WFP s’appuie sur la Windows Diagnostic Infrastructure (WDI) et le Network Diagnostics Framework (NDF) dont nous avons déjà parlé dans la deuxième partie et qui permet de diagnostiquer les problèmes sur un réseau. Les développeurs ont accès à tous les bugs signalés en se connectant à ce portail.
Dans le panneau de configuration « Solutions aux problèmes », l’utilisateur peut visualiser tous les problèmes détectés et chercher une solution associée. Microsoft utilise d’ailleurs ce système de rapports d’erreurs au niveau du processus de bêta-test de Vista. A noter cependant que les développeurs d’applications peuvent accéder à Winqual si, et seulement si, ils ont acheté un certificat Verisign (les prix démarrant à 499 dollars). Il est dommage que Winqual ne fonctionne pas avec d’autres certificats moins onéreux, surtout si l’on considère que ce service est également utilisé pour l’obtention du certificat PIC destiné à signer les drivers de Vista (signature obligatoire pour les drivers 64 bits).
Tous ces éléments ont pour but de mettre un terme à une usure qui affecte toutes les versions de Windows jusqu’à Windows XP et qu’on nomme WinRot, c’est-à-dire le pourrissement de Windows, qui se caractérise avec le temps par la dégradation du système. Les performances et problèmes augmentant, l’utilisateur peut être amené au bout d’un temps dépendant de l’ utilisation de son PC à réinstaller Windows. Microsoft a d’ailleurs annoncé la disparition de l’effet WinRot dans Vista.
Cet effet est principalement dû à l’utilisation excessive du compte admin. A chaque installation et utilisation de programmes, l’état du système est modifié. L’UAC (User Account Control) de Vista, qui est chargé de rendre possible l’utilisation des comptes utilisateurs, devrait donc régler le problème. D’après une étude du cabinet d’analyse Gartner, l’utilisation de systèmes de comptes peut amener à une économie de 40% du cout total de possession(TCO). Ce coût représente les dépenses dans une entreprise dues à l’utilisation et l’entretien du système. La défragmentation du disque dur est désormais automatique et des outils peuvent diagnostiquer les problèmes de performances. Ce diagnostic poussé permet aussi de faciliter l’entretien du PC pour en trouver plus rapidement les causes.
Sommaire
- 1. 14 - La gestion du son sous Vista
- 2. 15 - Fiabilité et performances (1/2)
- 3. 16 - Fiabilité et performances (2/2)
- 4. 17 - Interface et fonctions (1/2)














