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Dossier Vista : première partie

Vincent HERMANN, Jerôme BOSCH le 30 janvier 2006 (147 032 lectures)
4 - Windows 95 et la branche 9x

Lorsque le système apparaît sur les étals en août 1995, le succès est sans précédent. La compagne publicitaire fait office de rouleau compresseur et les ventes battent des records, le tout sur fond de la musique des Rolling Stones : « Start Me Up ». Windows 95 consacre le grand retour de la barre des tâches, et fait révèle le fameux menu Démarrer que nul n'ignore aujourd’hui.

Windows 95 marque une rupture avec les anciens systèmes d’exploitation de Microsoft. Bien qu’héritier de MS-DOS, la nouvelle version inclut pour la première fois un mode 32 bits qui rend d’ailleurs le système incompatible avec tous les processeurs antérieurs au 80386. Windows 95 réussit surtout le pari, même avec les problèmes qu’on lui connaît, d’être un système grand public suffisamment intuitif pour remporter l’adhésion du plus grand nombre. Le système va d’ailleurs évoluer au fur et à mesure avec les versions OSR1 et OSR2 qui lui ajouteront entre autres la gestion de l’USB et celle de la FAT32.


Consécutivement à la sortie de Windows 95, Microsoft travaille sur un autre projet, nommé Memphis. Ce système, que l’on découvrira comme étant Windows 98, va capitaliser sur le succès de la version 95 et en augmenter les capacités. Plus stable et disposant d’une base de pilotes plus large et récente, il constitue presque plus une mise à jour d’envergure plutôt qu’un système à part entière.

Windows 98 est souvent considéré d’ailleurs comme ce qu’aurait dû être Windows 95 lors de sa sortie. Une gestion native de l’USB, une utilisation par défaut de la FAT32 ou encore l’inclusion automatique d’Internet Explorer (4) lancent la dynamique des systèmes prenant en charge l’ensemble du matériel sur une machine. L’héritage, encore une fois trop lourd, de MS-DOS et du mode réel 16 bits va malheureusement conduire bien des machines à leur perte avec l’apparition du virus Tchernobyl qui pouvait accéder directement au matériel via le système.


Si l’on met de côté la Seconde Edition de Windows 98 qui apportait entre autres Internet Explorer 5 et diverses corrections et améliorations, la version suivante de Windows est la tristement célèbre Millenium Edition. L’ensemble des nouveautés fournies ne constituait pas vraiment une raison de migrer, et ceux qui l’ont fait s’en sont probablement mordu les doigts.

Sorti sept mois après Windows 2000 donc nous parlerons bientôt, Windows Millenium Edition (Me) en reprenait quelques éléments d’interface. Internet Explorer 5.5 et le Media Player 7 sont de la partie mais ne s'avérent finalement être que des ajouts qu’un utilisateur de Windows 98 peut adjoindre lui-même. Le système est équipé pour la première fois d’une fonction de restauration système, mais son implémentation est limitée et ne servira réellement qu’à partir de Windows XP.


5 - La branche des Windows NT

Quittons maintenant la branche des systèmes hybrides 16/32bits pour nous diriger vers la dernière famille des Windows. De la même manière que Windows 95 était né du besoin de remplacer l’ancienne génération, Microsoft devait faire face à certaines critiques provenant du monde professionnel, dont les plus courantes concernaient la stabilité générale du système pour les tâches intensives.

La firme s’est donc penchée sur un système qui serait entièrement en 32bits et n’acceptant que des applications du même acabit. Le premier résultat de ce travail est sorti sous la forme de Windows NT 3.1 en août 1993, où NT signifie « New Technology » (en théorie). Suivront successivement les versions 3.5 en septembre 1994 et 3.51 en juin 1995. Mais ce n’est qu’avec le projet Cairo que Microsoft rencontrera le premier vrai succès de cette nouvelle branche.


Ce projet donnera naissance à la version 4.0 de Windows NT. Microsoft a désormais entre les mains un système sur lequel se focaliser. Car Windows NT 4.0 amorce un lent virage que Vista ne semble que confirmer en prenant appui sur l’héritage NT actuel. Contrairement aux trois premières versions de Windows NT, la version 4.0 récupère l’interface de Windows 95 et profite ainsi d’une plus grande efficacité dans la manipulation des fonctions (NT 3.1, 3.5 et 3.51 utilisaient l’interface de Windows 3.1).

Windows NT 4.0 est dans la pratique beaucoup plus stable que Windows 95. Ses rouages internes cachent cependant une mécanique bien différente du système grand public. La contrepartie de cette stabilité est probablement le manque de souplesse, comme avec l’absence de Plug & Play par exemple.

En fait, tandis que Windows 95 continuait à accéder directement au matériel, NT 4.0 mettait en place une couche de virtualisation du matériel, la fameuse HAL (Hardware Abstraction Layer, couche d’abstraction matérielle). Les applications devaient alors s’adresser au système pour accéder au matériel, et non au matériel lui-même, garantissant ainsi un niveau certain de stabilité. Ce principe sera étendu au monde du multimédia et du jeu vidéo pour créer DirectX, qui répondait mieux aux exigences de puissance de certaines applications ayant besoin d’accéder de manière massive au matériel.


Windows NT 4.0 débarque également dans une série complète de produits et permet enfin d’avoir des réseaux Windows cohérents et basés sur NT. Il est décliné en éditions Workstation, Server, Enterprise et Terminal Server, cette dernière permettant pour la première fois à un serveur Windows de gérer des clients légers.

Durant les presque quatre ans qui séparent la sortie de Windows NT 4.0 de l’an 2000, six Service Packs sont apparus pour corriger les problèmes du système et lui ajouter de nouvelles fonctions, comme la gestion de la FAT32 par exemple (Les systèmes NT utilisent prioritairement le NTFS). Tandis que NT 4.0 continuait à s’installer partout dans le monde, Microsoft travaillait sur un projet conséquent logiquement nommé NT 5.0.

Il est question cette fois-ci de donner à NT les moyens d’être un système moderne qui pourrait allier la stabilité générale de la branche à la facilité (théorique) d’utilisation de la branche grand public. Aucun nom de code n’apparaît pour cette version et la première bêta de Windows NT 5.0 sort le 27 septembre 1997. Les premiers commentaires sont très positifs et treize mois plus tard, Windows NT 5.0 devient officiellement Windows 2000, consacrant la volonté de Microsoft de rediriger peu à peu la branche NT vers le grand public.

Au terme d’un développement de plusieurs années, Windows 2000 sort officiellement le 17 février 2000. Pour la première fois dans l’histoire de Microsoft, le système est véritablement salué par la presse informatique et les observateurs du marché y voient la version la plus stable de Windows jamais réalisée. Windows 2000 est décliné en éditions Professional, Server, Advanced Server et Datacenter Center.


Cette version de Windows est marquée par l’apparition d’un noyau de type hybride sur lequel nous reviendrons dans ce dossier. Un grand nombre de nouveautés fait son apparition comme la version 5 du NTFS, qui introduisait notamment la gestion des quotas utilisateurs ou encore la cryptographie. Le système est enfin Plug & Play, peut faire tourner un grand nombre d’applications sans trop de problèmes et est fourni avec DirectX (en version 7).

Le succès n’est pour autant pas immédiat, et la raison principale tient en fait à la principale nouveauté fournie avec Windows 2000 Server : l’annuaire Active Directory. Ce service est destiné à remplacer le modèle classique des domaines et cette transition, dans le cas des grandes entreprises, peut s’avérer complexe et lourde. Bien que pouvant apporter de grands bénéfices en termes de possibilités, les projets de migration, lorsqu’ils sont mis en place, peuvent s’étaler sur de longs mois. Windows 2000 va donc connaître le succès, mais de manière très progressive.

Un petit aparté malheureusement ironique dans l’histoire de Windows : connaissez-vous un projet portant le nom de code Neptune ? Il s’agissait d’un système dont le développement a débuté en 1999 et dont le but était d’obtenir une version « familiale » de Windows 2000. Par manque de temps cependant le projet fut abandonné et Windows Millenium fut mis à disposition. Un substitut au goût de vieil ersatz de café. L’année 2000 est pour certains anthologique puisque Microsoft y aurait son meilleur et son pire système d’exploitation à sept mois d’intervalle.

Nous arrivons désormais dans les années récentes, où les systèmes actuels dédiés aux clients et serveurs sont des versions capitalisant sur le succès de Windows 2000, et nous voulons bien entendu parler de Windows XP et Server 2003 (R2 incluse). Windows XP a envahi l’espace grand public avec sa version Familiale tandis que la version Professionnelle, bien que dédiée à l’entreprise (avec des choix de composants étrangers), a toujours du mal à s’imposer réellement face à un Windows 2000 dont certaines sociétés terminent à peine la migration.


Windows a aujourd’hui ses supporters et ses détracteurs, comme n’importe quel autre système. Il doit faire face à une concurrence renouvelée venant à la fois d’Apple sur des fronts variés et des distributions Linux, en particulier dans monde professionnel (serveurs). Microsoft sait qu’une partie des technologies présentes dans ses systèmes mériterait un bon coup de ménage, voire un remplacement.

Mais nous allons vous raconter cette partie de l’histoire dans la « Genèse de Vista ».