PCi Express : La 3G devient Wi-Fi avec Android 2.2
Sébastien Gavois le 31 août 2010 (22 907 lectures)
Depuis son lancement, au début de l'année 2008, le système d’exploitation Android pour smartphones de Google séduit de plus en plus d’utilisateurs. Les mises à jour s’enchaînent à un rythme soutenu et la liste des fonctionnalités ne cesse de grandir de jour en jour.Depuis la publication de la toute dernière version 2.2, aussi connue sous le nom de code Froyo, le géant du web propose une option fort sympathique : transformer son téléphone portable en point d’accès Wi-Fi mobile.
Cela va au-delà du « Tethering » qui existait déjà, mais nécessitait un câble USB et un driver pour les Windowsiens. Sous Linux par contre c’était beaucoup plus simple comme vous le contait David, alias le capitaine des PCi Labs, dans sa PLOC.
Fini les problèmes de drivers et de plateforme, tout passe ici par une simple connexion standardisée. Nous avons décidé de passer un peu de temps avec cette fonction et de l'étudier de plus près, voici nos impressions.
ATTENTION : Avant toute chose, vérifiez que le contrat de votre opérateur vous permet un tel usage dans le cadre de votre forfait, afin de ne pas être facturé de manière importante pour des transferts de données.
Le matériel de test
Avant toute chose il faut savoir que cette fonction ne fait son apparition de manière officielle que dans la dernière version 2.2 d’Android, il vous faudra donc faire une mise à jour si votre téléphone est équipé d'une version antérieure.L’HTC Desire et Froyo sont dans la place !
De notre côté, nous avons opté pour le Desire de chez HTC (déjà mis à contribution dans le PCi Express sur le Cloud OC), dans sa version décorée par Orange.
Et ce n'était pas pour nous le moyen le plus simple de procéder. En effet, contrairement à ceux qui ont acheté le Desire nu, les « heureux » abonnés d'Orange ne peuvent pas encore passer en version 2.2.
Orange, l'un des mauvais élèves de la classe…
L’opérateur est en effet à la traîne, puisqu'il modifie lui même ces ROMs pour les « personnaliser » (comprendre : retirer les fonctions utiles et ajouter des thèmes).Il y a d'ailleurs fort à parier que l'option que nous évoquons ici ne sera plus présente dans la version proposée par Orange, surtout qu'elle rentre en concurrence avec Domino, une nouvelle option pour geek, payante. Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois, puisque dans la mise à jour 2.1 proposée par l'opérateur, la fonctionnalité de Tethering avait tout bonnement disparu.
Dans ce cas, vous avez deux solutions : revendre votre téléphone pour vous en acheter un nu, qui ne bridera pas votre usage, ou repasser sur une ROM officielle d'HTC avec les risques que cela comporte, mais aussi avec une perte de la garantie de la part d'Orange. Autre bonne idée : aller chez un opérateur qui ne modifie pas les ROM du téléphone. Cela semble être le cas de Bouygues Télécom ou Virgin Mobile, par exemple.
Dans notre cas, nous avons bien entendu opté pour la ROM officielle d'HTC, au péril de notre garantie : qu'est-ce que nous ne ferions pas pour les INpactiens...
Comment ça marche dans la pratique ?
La mise en place du système lui-même ne prendra pas plus de deux clics : un pour lancer le programme et un autre pour activer le service. C’est d’une simplicité assez déconcertante…Deux clics et c’est réglé !
Attention, il ne faudra pas oublier de désactiver ce service lorsqu'il ne sera pas utilisé, ou mieux : couper le Wi-Fi dans les options ou via un widget placé sur l'un des bureaux du smartphone.
Des options concernant la sécurité qui semblent complètes
Par défaut le système de chiffrement de la connexion utilise un algorithme de type WPA TKIP mais d’autres options sont également disponibles : WEP, WPA2 AES et aucun chiffrement. Si l’algorithme utilisé par défaut est suffisamment puissant il est dommage que Google n’ait pas placé un mot de passe aléatoire plutôt que « 1234567890 », qui sera logiquement tenté par tout petit malin qui sera à proximité d'un téléphone où cette fonctionnalité est activée.
Ce n’est pas la seule possibilité de réglage puisque le SSID, le canal de diffusion, les adresses IP et le masque de sous réseau sont autant de paramètres modifiables à souhait. Google à également eu la bonne idée d’ajouter un serveur DHCP (désactivable) à son système pour permettre à l’ordinateur de récupérer tout seul son adresse IP.
Les plus paranos pourront également surveiller en direct les machines connectées à leur terminal : le nombre de connexions, le nom de l’ordinateur, son adresse MAC et son adresse IP. Il est enfin possible de n'autoriser l'accès qu'à certaines machines après autorisation. Dans ce cas, et en cas de connexion (avec le bon mot de passe), le téléphone vous demandera d'autoriser ou non la connexion.
Si cette option marche, il nous aura quand même fallu plusieurs essais pour arriver à voir la demande sur le téléphone. En effet, la notification apparaissait bien dans la barre en haut du téléphone, mais une fois sur le menu elle n'était plus là ! Tout est rentré dans l'ordre au troisième essai et la configuration a bien été enregistrée.
Un maximum de 16 machines peuvent disposer d'une autorisation. Pour la leur retirer, de manière temporaire ou non, là encore, quelques clics suffisent. La sécurisation de ce module « Point d’accès Wi-Fi portable » semble avoir été bien travaillée par les services de Google, pour pinailler un peu nous pourrions dire qu’il manque juste la possibilité de déconnecter un ordinateur, mais c’est vraiment pour trouver un point négatif.
Conclusion
Google signe là une option particulièrement bien réussie : simple, rapide et sécurisée. Il ne faudra en effet pas plus de deux pressions sur l’écran pour activer le partage avec un chiffrement WPA-TKIP. Les performances sont au rendez-vous puisque nous avons pu naviguer sur internet sans aucun souci. Le temps de réponse étant équivalent à ce que nous avions sur le Desire. Mieux, l'« User Agent » du navigateur n'a pas eu à être modifié sur l'ordinateur et nous n'avons donc pas été redirigé vers les versions mobiles des sites internet. Ce point semble par contre spécifique à l'opérateur, SFR, par exemple, limitant les UA non mobiles. Tous les sites visités ont répondu et fonctionné sans aucun souci, que demander de plus ! Nous avions même accès au SSL ainsi qu'aux applications qui exploitent des protocoles spécifiques : WLM, Skype...
Pour ce qui nous concerne plus particulièrement les limitations viendront plus des opérateurs téléphoniques. En effet, il s’agit d’une utilisation de type modem qui est en général payante… quand elle est disponible. Faites bien attention donc aux informations de votre contrat y compris les petites lignes.
Faites aussi attention à l'origine de votre téléphone puisque, chez certains opérateurs, une telle option pourrait tout simplement ne pas exister. Reste à voir ce qu'il en sera lorsque ceux-ci se seront enfin décidés à se mettre à la page « Froyo ».
Le tout mérite néanmoins un GTA et un trophée d'argent.
Sommaire
- 1. PCi Express : l'option point d'accès Wi-Fi d'Android 2.2 alias Froyo















