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Virgin fait chanter gratuitement Madonna

Like a ... Non, je peux pas oser

Nous connaissions depuis longtemps les bizarreries qu'elle génère (et l'on ne parle pas que du basketteur Denis Rodman !), pourtant Madonna n'en finit pas de nous étonner. Preuve en est, cette dernière pierre jetée malgré elle dans la mare. En effet, suite à un contrat d'exclusivité signé en bonne et due forme entre France Telecom, Madonna et Warner Music, sa maison de disque, les trois parties entendaient bien réaliser une opération somme toute banale, voire courante, et sans remous. Ce partenariat fut mis en place le 10 octobre dernier, suite à la coopération prévue depuis mai dernier et l'avant-première devait donc bénéficier aux divers clients - directs ou indirects - de FT (Orange, Wanadoo, la ligne fixe et MaLigne tv). En outre cette exclu mondiale visait à promouvoir l’album bien avant sa sortie, prévue le 14 novembre (pour les aficionados).

C'était sans compter sur VirginMega.fr, qui mit en vente sur sa plate-forme en ligne le single Hung Up, coupant ainsi l'herbe sous les petits petons mignons de France Telecom, (mais qui pourrait réellement lui en vouloir ?). Or pour ce faire, le site a dû employer des moyens plus que douteux. Car qui dit exclusivité, dit protections (les DRM !), et qui dit protections, dit casser protections. Or, en langage juridique, comme dans la langue courante, ce genre de pratique s’appelle du piratage. Et c’est pas bien. D’autant que la qualité du single, d’après les témoignages, une fois piraté, s’en trouvait nettement altérée.

Certes, nombre de professionnels, dont le SDSD (Syndicat des Détaillants Spécialisés du Disque), ont vu d’un œil plutôt sombre cet élan publicitaire et Virgin compte, bien sûr, parmi cette assemblée de mécontents. Chacun y allait de son discours vindicatif, arguant que cette pratique utilisait la musique pour vendre de la télécommunication plus qu’une création artistique. Virgin Stores, par l’intermédiaire de son président, Jean-Noël Reinhard, a presque justifié son acte en prétextant qu’il s’agissait là de contester le système d’exclusivité.

Evidemment, diffuser un single de “Little Nonni“, pouvait considérablement séduire la firme, d’autant plus que ce coup médiatique ne passa pas inaperçu. Retenons tout de même qu’un tel comportement contestataire de la part de Virgin n’est pas qu’anecdotique. En mars dernier, la formule 0,99 cents le titre ne parvenait plus à convaincre le distributeur qui préférait opter pour une carte (à 9,99 €) destinée à rapprocher les plates-formes virtuelles et les magasins physiques. Car l’intention première reste de faire de la marge, sur tous les tableaux.

Reste que via le SNEP (Syndicat National de l'Edition Phonographique), la maison de disque a sommé Virgin de retirer ce titre, passablement envisagé comme une contrefaçon.

Alors, quoi ? Virgin va-t-elle chanter You must be my lucky star, ou se contenter de Like a prayer ?

le 24 octobre 2005 à 11:18 (15 143 lectures)