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Ordinateurs portables : une question qui brûle les lèvres

S'il est une évolution que nous suivons à la trace car elle est inscrite ...

S'il est une évolution que nous suivons à la trace car elle est inscrite dans l'air du temps, c'est bien la consommation en énergie des différents composants d'un ordinateur. Ce sont les processeurs qui ont jusqu'à présent concentré le gros des efforts, mais devant les défis d'aujourd’hui ces efforts vont devoir se généraliser.

Les ordinateurs portables sont de plus en plus puissants, une évolution tout à fait normale puisqu'elle suit le reste de l'informatique. Seulement voilà, le problème crucial de la gestion de l'énergie est aujourd'hui au cœur de nouvelles problématiques. Parmi celles-ci, la chaleur est un élément clé.

Maîtriser la chaleur revient à maîtriser la consommation en énergie et le dégagement calorifique de chaque composant. Cela est bien entendu bien plus facile à dire qu'à faire : processeur, mémoire vive, carte graphique, disque dur et écran à cristaux liquides, tels sont les cinq éléments principaux réclamant la plus grande part de l'énergie fournie par la batterie et dégageant le plus de chaleur.

Ces dernières années, les processeurs ont bénéficié d'un revirement en faveur de leurs potentielles économies d'énergie. Ce n'est une surprise pour personne, la plus grande réussite en la matière reste sans conteste le Pentium M d'Intel, l'un des éléments de la plateforme Centrino destinée au monde des ordinateurs portables (pour le moment). Consommation modeste, performances plus qu'honorables et un dégagement de chaleur bien en-deçà du Pentium 4 : ce processeur a été unanimement applaudi comme une réussite. Du côté de chez AMD, le Turion ne fait pas pâle figure, mais reste suffisamment en retrait d'un point de vue consommation et chaleur pour marquer la différence.

Je possède un Dell Inspiron 8500 de deux ans et équipé d'un Pentium 4 2.4GHz et d'une GeForce Go 4200. Une petite demi-heure de World of Warcraft rend le dessous du portable si chaud que je serais bien en peine de le poser sur mes genoux. Le clavier devient également désagréablement chaud et le ventilateur suit la montée des températures en accélérant d'autant, rendant finalement la machine bruyante.

La température des ordinateurs portables est un véritable casse-tête car elle ne dépend absolument pas uniquement du seul processeur. La carte graphique, surtout aujourd'hui, est désormais un élément crucial lorsqu'on parle de maîtrise de la chaleur. Un portable récent équipé d'une GeForce Go 6800 chauffera par exemple beaucoup plus qu'un portable Centrino et dont la partie graphique est intégrée.

Avec le temps, une foule de technologies ont fait leur apparition pour tenter de réduire la consommation des éléments et donc sauvegarder la batterie du portable. Processeurs consommant moins, DDR2 et gestion de la luminosité des écrans LCD sont désormais là, mais tout doit avancer à vitesse commune pour que les bénéfices de l'un ne soient pas rongés par les pertes de l'autre.

Howard Locker, architecte en chef du développement bureau et mobile chez Lenovo pour IBM, explique que la course à la puissance exige des miracles de la conception des ordinateurs portables. Dans la plupart des cas, la puissance fournie est bien supérieure aux besoins. Si les ingénieurs pouvaient se concentrer uniquement sur la consommation et ne plus regarder les performances, les portables auraient des temps de fonctionnement sûrement bien plus élevés qu'aujourd'hui. Ce problème est en particulier visible sur les ultra-portables, qui doivent s'accommoder d'un espace très restreint pour gérer les flux de chaleur.

Les sociétés dépensent aujourd'hui d'importantes sommes dans la recherche pour une consommation moindre de leurs composants. Et pour celles et ceux qui penseraient à acheter un ordinateur portable d'ici peu, il ne sera pas inutile de définir votre profil utilisateur avant de vous lancer. Portable ? Transportable ? Ultra-portable ? Il y en a pour tous les goûts, mais attention : un logo "Centrino" n'est pas forcément synonyme de machine froide et d'une autonomie de cinq heures.
Source : Wired
le 13 juillet 2005 à 16:36 (9 501 lectures)