Ses armes, ce sont 190 serveurs disséminés aux quatre coins de la Terre. Chacun d'entre eux est capable d'envoyer jusqu'à 650000 e-mails par heure. Voilà pour la puissance de feu. Mais pour que ça serve à quelque chose, encore faut-il savoir où tirer. Pour viser "juste", Alan Ralsky et ses acolytes se sont constitué un répertoire particulièrement bien rempli : ils disposent de près de 250 millions d'adresses e-mail valides, régulièrement mises à jour et vérifiées. Vous ne connaissiez peut-être pas cet individu avant de lire cette news mais il y a de fortes chances pour que la réciproque soit fausse.
De tels chiffres, aussi incroyables puissent-ils paraître, sont dans la "logique" du système. C'est un cercle vicieux : plus les courriers non sollicités sont nombreux, moins ils sont susceptibles d'être lus. Ce n'est qu'avec des moyens colossaux que ce business peut être vraiment lucratif car seul un "pourriel" sur 400 génère un clic, les autres partant directement à la poubelle. Mais quand on a 250 millions de destinataires, même si le taux de réussite est infime, on est assuré d'obtenir un nombre plus que satisfaisant de réponses.
Tellement satisfaisant qu'Alan est aujourd'hui millionnaire, et vient de s'acheter une maison à 740 000 dollars dans la banlieue de Détroit. Cette nouvelle demeure lui fera également office de quartier général et de salle de contrôle pour l'ensemble de ses pompes à m... oups, de ses serveurs.
Il y a quelques semaines, après s'être engagé à ne pas divulguer l'adresse, pour des raisons bien compréhensibles de respect de la vie privée, un journaliste de Détroit s'y est rendu pour interviewer le spammeur et préparer un un article sur cette figure locale. Mais dans l'article en question, au détour d'une phrase, il a négligemment/subtilement/perversement donné la méthode permettant d'obtenir toutes sortes d'informations concernant le domicile de ce cher spammeur.

Bref, une fois l'article repris dans Slashdot (Audience estimée de 2 millions de visiteurs, près de 1000 commentaires rien que sur cet article), il n'a pas fallu longtemps pour qu'Alan Ralsky se retrouve dans l'oeil du cyclone. Très rapidement, "à l'insu de son plein gré", ses coordonnées postales ont fait leur apparition dans un nombre incalculable de bases de données marketing.
Evidemment, quelques jours plus tard, sa boîte aux lettres croulait sous les offres spéciales, les catalogues, les concours, et autres joyeusetés de ce genre. Un peu mauvais joueur, le spammeur spammé envisagerait de poursuivre en justice ceux qui sont à l'origine de ses malheurs. "Ils m'ont inscrit à toutes les campagnes de publicité et dans tous les fichiers d'adresse existant. Ces gens sont fous. C'est du harcèlement" a-t-il déclaré le plus sérieusement du monde à Mike Wendland, auteur de l'article original. S'il fait un procès et qu'il le gagne, il figurera à n'en pas douter dans la short-list du prochain prix Stella.
Plus d'infos en anglais :
-L'article original
-La première news de Slashdot (dans laquelle on peut trouver l'adresse du spammeur)
-La mise à jour de l'article
-La seconde news de Slashdot
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