Le marché des cartes vidéo bouleversé
Acheter une carte vidéo est devenu ces derniers mois un véritable ...
Acheter une carte vidéo est devenu ces derniers mois un véritable casse-tête. Alors que le marché des microprocesseurs et des cartes mères est assez simple (2 ou 3 combinaisons possibles pour le grand public, que ce soit de l'Intel ou del'AMD), celui des puces 3D est d'une rare complexité. Nombreux sont ceux qui hésitent aujourd'hui sur le choix d'une carte. Avant (à partir de fin 1998/début 1999), il y avait NVIDIA et les autres. Depuis septembre 2002, cette segmentation n'existe plus.
Entre les nouvelles cartes graphiques qui arrivent tous les mois (on parle déjà du R360), les triches à 3DMARK, les compromis compromettants sur la qualité faussant les benches de performances, les bugs, la chaleur, le bruit, la taille, la disponibilité aléatoire, les prix parfois exorbitants par rapport à leurs petites soeurs aux performances presque équivalentes, les fabricants tiers qui changent la qualité de la mémoire ou qui divise par deux la largeur du bus mémoire sans le spécifier sur les boîtes, les boutiques incompétentes qui omettent certains détails cruciaux, les connectiques de qualité variable, les fanatiques donnant de mauvais conseils, le lourd poids du passé, les changements de noms intempestifs des constructeurs et/ou de leurs clients, les news de PC-INpact annonçant de nouveaux rebondissements et les développeurs de jeux vidéo qui ne sont pas des machines, le consommateur est forcément un peu perdu... [NDC : pas tant que le lecteur essayant d'encaisser ce paragraphe]
Cette très longue liste, sûrement incomplète, reflète l'état chaotique du marché. En ce qui concerne les performances et les qualités visuelles, nous ne sommes pas à plaindre, même pour les cartes de milieu de gamme, mais le comeback d'ATI a totalement changé la donne. Qui plus est, sa technique de vente, comparable à celle de NVIDIA, consistant à vendre les puces à plusieurs fabricants tiers ne facilite pas la tâche des joueurs, qui n'a que l'embarras du choix face à une pléthore de modèles plus ou moins différents.
D'ici peu, la GeForce FX 5900 Ultra et ses petites soeurs seront disponibles. Nous (enfin surtout moi) avons largement assez critiqué le NV30 pour applaudir les efforts faits par NVIDIA sur son nouveau bébé. Le NV35 est une véritable réussite, même si certains doutes subsistent quant à la qualité visuelle... N'ayant pas encore de détails suffisants sur le sujet, faisons comme si la carte était parfaite à ce niveau, d'autant que les cartes ATI pâtissent aussi de ce problème dans certains cas...
La bonne tenue de la GeForce FX 5900 Ultra n'est toutefois pas vraiment une surprise. Depuis 4 ans maintenant l'américain nous avait habitué a d'excellents produits. Le NV30 tant critiqué n'était probablement qu'un accident de parcours, dont NVIDIA souhaite s'affranchir. La grosse différence, c'est la montée en puissance du canadien ATI amorcée par la Radeon 8500 fin 2001 et confirmée par la Radeon 9700 Pro fin 2002.
Aujourd'hui, 15 mai 2003, il n'y a probablement rien de plus compliqué que l'achat d'une carte graphique [NDC : Nil le bienheureux !] . Entre une GF4 Ti 4200 qui, une fois overclockée, offre un rapport performances/prix toujours excellent et une Radeon 9500 Pro proposant à peu près le même rapport, mais un cran au-dessus, il est très difficile de faire son choix, sachant que la disparition de ces deux cartes est imminente. Et tout le monde attend de plus amples informations sur la GeForce FX 5900 Value qui pourrait devenir LA carte à se procurer.
Mais malgré les derniers benchmarks à propos du GeForce FX 5900 Ultra, les cartes d'ATI ne sont pas forcément délaissées. La Radeon 9700 "non Pro" s'arrache grâce à un rapport qualité/prix lui aussi excellent. Pas trop chère et proposant des performances largement suffisantes pour le moment, son seul défaut est celui des deux cartes sus-citées : une disponibilité qui sera limitée d'ici très peu de temps.
Quant au haut de gamme, acheter une Radeon 9800 Pro 128 Mo (DDR1) ou 256 Mo (DDR2) peut faire réfléchir quand on voit les tests du GeForce FX 5900 Ultra. On peut aussi douter sur la disponibilité de cette dernière (la carte étant toujours en 0,13 micron...), son prix de départ ainsi que sa qualité visuelle. Pire - ou mieux, selon le point de vue -, la Radeon 9800 Pro se paie le luxe d'être supérieure à sa concurrente dans certaines situations, alors que ses fréquences sont inférieures, que son VPU est gravé en 0,15 micron et qu'elle comporte moins de transistors. Pire encore, quand on voit le core de la Radeon 9800 Pro made in Sapphire s'overclocker à 472MHz, sans le moindre bug, il faut vraiment savoir ce que l'on veut pour être sûr à 100% de son achat.
Avec l'arrivée prochaine du R360, du NV36, du Xabre II, du DeltaChrome et probablement d'autres invités surprise, cela ne risque pas de s'arranger. Mais mieux vaut trop de choix que pas de choix, même si un rythme un peu moins effréné ne serait pas forcément un mal, que ce soit les fabricants de cartes vidéo, les développeurs de jeux ou les consommateurs qui en ont déjà marre de voir leur RAM, leur disque dur et leur CPU perdre la moitié de leur valeur en quelques mois...
Nil Sanyas
le 15 mai 2003 à 16:05
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