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IBM fait face à une crise d'experts en mainframes

La société fait face au départ des techniciens vers d'autres cieux

Tout d’abord, commençons par poser la question : qu’est-ce qu’un mainframe ? Je ne doute pas que la majorité connaisse ce type de machine, mais puisqu’on ne les croise pas à tous les coins de rue, un petit rappel ne sera pas de trop. Un mainframe est une machine puissante, voire très puissante, faisant office de source centrale de traitement et d’informations. Une série de terminaux lui sont reliés et ne servent qu’à présenter le résultat du traitement. A l’opposé des mainframes, on trouve les architectures client/serveur traditionnelles. L’avantage principal d’un mainframe est sa très grande fiabilité, et on peut tout simplement dire que le marché est pratiquement possédé par IBM. 

Seulement voilà, extrêmement nombreux dans les années 60, les mainframes ont perdu de leur attrait, remplacés par des structures plus souples ou cœxistant avec des environnements plus traditionnels Windows/Linux/Novell. IBM fait donc face aujourd’hui à une abondante fuite des experts en mainframes vers d’autres cieux plus ou moins cléments. La société se voit donc obligée de lancer un appel général pour chercher pas moins de 20 000 personnes capables de reprendre les rênes des postes qui vont se libérer sur les années à venir.

L’ennemi public n°1 pour les mainframes est le type récent d’architecture SOA (Service Oriented Architecture). Le couple Linux et Java aura eu un impact négatif sur les ventes de mainframes, et ce n’est pas la sortie de Vista qui améliorera la situation. Robert Rosen, président de l’association Share qui regroupe des utilisateurs de systèmes IBM depuis cinquante ans, explique que les systèmes SOA drainent le plus grand nombre d’expertises aujourd’hui.

L’initiative d’IBM et de Share se nomme zNextGen et consiste à placer un grand nombre d’informations et de ressources pour les étudiants et jeunes professionnels qui seraient intéressés par une carrière dans la division mainframe d’IBM. Roser précise à ce sujet : « Il y aura un gros trou à combler. Si vous regardez les besoins, nous aurons besoin de 20 000 personnes ».

Les ventes de mainframes restent cependant robustes dans la mesure où leur réputation parle pour eux, notamment en matière de sécurité où des décennies d’améliorations ont joué leur rôle. Le programme de recrutement s’étale jusqu’en 2010 et viendra compléter le programme d’IBM « Academic Initiative Program for the Mainframe »  disponible dans plus de 150 universités dans le monde.

Ce programme universitaire connaît un grand succès depuis son lancement en 2003, avec plus de 650% d’inscriptions l’année dernière. Rien qu’en Chine, IBM a offert des équipements mainframe à sept universités, appelées à « produire » 10 000 techniciens spécialisés dans les années qui viennent.

le 25 août 2005 à 09:39 (12 911 lectures)