Gouvernance d'internet : la riposte américaine se prépare
we are the worlddddd, we are...... (air connu)
Le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) de Tunis qui doit se tenir du 16 au 18 novembre prochain, va bel et bien débuter dans un climat de tension. Petit résumé : l’un des sujets de cette réunion sera la régulation (ou gouvernance) d’internet. En clair, de savoir qui aura les rênes sur le net. Actuellement, c’est l’Icann qui est au pouvoir. Un organisme privé, proche du pouvoir central (et dont le président a d’ailleurs été embauché par Google, mais c’est sans doute une autre histoire). Contre les pays et ONG qui voudraient confier ce rôle aux Nations Unis, David Gross, coordinateur de la politique de la communication et de l'information des États-Unis a déclaré : « Nous n’accepterons pas la prise en charge de l’Internet par les Nations Unies. Nous pensons que c’est inacceptable ».
L’Europe opte pour une voix intermédiaire : un grand forum international qui regrouperait tous les acteurs concernés afin de définir une politique sur les règles du contrôle de l'internet. « Aucun organisme international, qu'il émane ou non de l'ONU, ne devrait contrôler Internet » a rétorqué David Gross.
Aux Etats-Unis, le mouvement destiné à conserver ce terrain de chasse se met en place au niveau des instances politiques. Le sénateur du Minnesota Norm Coleman (républicain) a ainsi proposé une résolution. Dans ce document, il est demandé au Sénat de soutenir la position du pouvoir exécutif pour tenir l’ONU à l’écart de la gouvernance. « Si nous ne réagissons pas convenablement, nous mettons en jeu la liberté et les entreprises stimulées par cette merveille informationnelle et, au final, nous risquons de sacrifier l'accès à l'information, la vie privée et la protection de la propriété intellectuelle dont nous dépendons tous » déclare le sénateur en question. Sur les pages de son site, au Sénat, il rajoute « [qu'] il n’y a aucune raison rationnelle pour politiser la gouvernance d’Internet » en la confiant à l’ONU.
Le sénateur Coleman veut ainsi réitérer le support du Sénat aux quatre principes développés par l’Administration Bush en juin dernier : préservation de la sécurité et de la stabilité des noms de domaine et des DNS, la reconnaissance pour chaque pays de la possibilité de gérer son propre code (.fr, .de, etc.), le support de l’Icann par les Etats-Unis, et enfin la participation à des réunions afin d’instaurer un dialogue avec tous…
Dans son esprit, transférer à l’ONU cette gestion reviendrait à mettre en place un système de censure et d’atteinte à la liberté. On rappellera que l’Icann a finalement refusé la création du domaine .XXX, qu’elle avait initialement validé, en son âme et conscience, suite aux seules pressions de l’administration Bush...
Marc Rees
le 20 octobre 2005 à 06:41
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