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Gouvernance d'internet, la réponse de l'Europe

Qui aura les clés d'internet ?

Le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) de Tunis doit se tenir du 16 au 18 novembre prochain. La réunion, nommée PrepCom-3, qui s’est tout juste achevée à Genève afin de préparer cette grand-messe tant attendue, n’a finalement rien donné. Plus de 1900 délégués, de près de 150 pays, n'ont donc pas réussi à accorder leur violon. Et dans le lot, les Etats-Unis ont le curieux sentiment que de nombreux participants sauf eux, jouent faux. Du coup, une nouvelle réunion est annoncée avec les délégués des nombreux pays participants trois jours avant le sommet de Tunis.

On rappellera que l’un des problèmes principaux  se concentre sur la régulation (ou gouvernance) d’internet. Actuellement dans les mains de l’ICANN, organisme privé fortement influencé par les décisions officielles américaines, cette gouvernance confère aux Etats-Unis un rôle premier (et historique) sur le réseau. Dès lors, lâcher du lest sur cet instrument si riche n’est pas aisé : « nous n’accepterons pas la prise en charge de l’Internet par les Nations Unis » déclarait David Gross, coordinateur de la politique de la communication et de l'information des Etats-Unis au niveau international. «Nous pensons que c’est inacceptable » ajoutait-il. Un discours en tout cas peu habituel dans la bouche d’un ambassadeur d'un pays si démocratique.

L’Union Européenne, qui se mêle davantage au débat, propose de son côté la création d’un grand forum international. Ce forum regrouperait tous les acteurs concernés afin de définir une politique globale et publique sur les règles du contrôle de l'internet. Ce rôle concernerait également l'attribution des blocs d'adresses IP, la gestion et la disposition des noms de domaines de premier niveau, etc. L’Europe s’accommodait jusqu’alors de la situation, sans trop sourciller. « Ce changement profond de la position européenne est très choquant […] et semble correspondre à un revirement historique des Européens au sujet de la régulation d'Internet, passant d'une conception basée sur le leadership privé à une autre s'appuyant sur le contrôle  gouvernemental » a rétorqué le diplomate David Gross dans les colonnes de l’International Herald Tribune. « Aucun organisme international, qu'il émane ou non de l'ONU, ne devrait contrôler Internet » insiste-t-il.

Le Brésil, participant au SMSI, estime face à cette réaction américaine que « au sujet de la gouvernance de l'Internet, il y a trois mots qui viennent à l'esprit : absence de légitimité »
le 4 octobre 2005 à 12:00 (16 130 lectures)