Accord Sun-MS contre Linux & Bruxelles ?
Après de nombreuses années de lutte sans pitié, Microsoft et Sun ont fait ...
Après de nombreuses années de lutte sans pitié, Microsoft et Sun ont fait la "paix" en signant leur accord à l'amiable le 2 avril. Pour rappel, l'éditeur de Redmond a payé à son concurrent 700 millions de dollars pour qu'il renonce à ses poursuites pour pratiques anti-concurrentielles et 900 millions de dollars destinés à résoudre d'anciens problèmes de brevet.
D'autre part, les deux groupes informatiques se sont engagés pour les dix ans à venir à se verser mutuellement des royalties afin d'assurer la compatibilité de leurs produits respectifs.
Néanmoins, cet accord soulève quelques questions : s'il laisse espérer une amélioration de la compatibilité entre les produits de l'un et l'autre, il n'en reste pas moins que pour de nombreux observateurs, l'alliance entre Microsoft et Sun est un caillou dans la chaussure de Linux et plus généralement du mouvement du logiciel libre.
En effet, lors de la présentation du dit accord, les deux "nouveaux amis" ont largement insisté sur l'importance qu'ils donnent à la notion de propriété intellectuelle appliquée au logiciel et donc en complète opposition avec la philosophie du logiciel libre !
Les deux compères ont aussi énormément communiqué sur le fait que cette parfaite compatibilité entre leurs produits respectifs devrait se traduire pour les entreprises par des coûts d'administration réduits, et donc réduire leurs éventuels attraits pour des alternatives open source.
Si la position de Microsoft n'a rien d'étonnant pour celui qui s'est toujours posé en ennemi du logiciel libre, celle de Sun est plus ambiguë, malgré quelques projets open source. En se rapprochant de son ennemi juré d'hier, avec un chèque confortable à la clé, il semble néanmoins avoir choisi son camp et seul l'avenir dira si celui-ci est le bon choix.
Par ailleurs, Sun, en déclarant que "l'accord avec Microsoft satisfait l'ensemble des objectifs poursuivis dans le cadre de l'enquête de l'Union Européenne", pourrait fournir un argument à Microsoft qui s'apprête à faire appel de la sanction de la Commission Européenne.
Une sanction due pour une large part à Sun qui, en déposant plainte auprès de la CE en 1998, accusait Microsoft d'avoir "refusé de fournir les informations nécessaires sur ses interfaces, pour que Sun puisse développer des produits capables de communiquer correctement avec les PC Windows. Cela l’avait privé de la possibilité d’entrer en concurrence, à égalité, sur le marché des systèmes d'exploitation serveurs pour groupe de travail.»
Une plainte qui était l'un des principaux arguments avancés par Mario Monti dans son action contre Microsoft, en soutenant que ce dernier cachait à ses concurrents des informations clés sur ses interfaces serveurs. D'autant que Sun s’était montré très actif pour aider la Commission à comprendre les enjeux de cette affaire.
Marc Hansen, procureur à Bruxelles, résume ainsi la nouvelle donne : "Si la Commission a besoin d’aide, qui va l’aider maintenant ?"
Un accord d'échange de propriété intellectuelle qui semble donc mettre fin à l'un des principaux reproches de la Commission Européenne et qui, pour Sun, ressemble à un abandon de Mario Monti !
A noter néanmoins que pour de nombreux experts, la distribution d’une version de Windows sans Media Player est plus importante que le problème d’interopérabilité : "La loi communautaire n’a pas de disposition claire sur ce problème d’intégration. C’est un territoire vierge. C’est pourquoi je pense que la Commission s’intéresse davantage à cet aspect." a ainsi déclaré David Wood, du cabinet Howrey Simon, spécialisé dans les lois antitrust à Bruxelles.
D'autre part, les deux groupes informatiques se sont engagés pour les dix ans à venir à se verser mutuellement des royalties afin d'assurer la compatibilité de leurs produits respectifs.
Néanmoins, cet accord soulève quelques questions : s'il laisse espérer une amélioration de la compatibilité entre les produits de l'un et l'autre, il n'en reste pas moins que pour de nombreux observateurs, l'alliance entre Microsoft et Sun est un caillou dans la chaussure de Linux et plus généralement du mouvement du logiciel libre.
En effet, lors de la présentation du dit accord, les deux "nouveaux amis" ont largement insisté sur l'importance qu'ils donnent à la notion de propriété intellectuelle appliquée au logiciel et donc en complète opposition avec la philosophie du logiciel libre !
Les deux compères ont aussi énormément communiqué sur le fait que cette parfaite compatibilité entre leurs produits respectifs devrait se traduire pour les entreprises par des coûts d'administration réduits, et donc réduire leurs éventuels attraits pour des alternatives open source.
Si la position de Microsoft n'a rien d'étonnant pour celui qui s'est toujours posé en ennemi du logiciel libre, celle de Sun est plus ambiguë, malgré quelques projets open source. En se rapprochant de son ennemi juré d'hier, avec un chèque confortable à la clé, il semble néanmoins avoir choisi son camp et seul l'avenir dira si celui-ci est le bon choix.
Par ailleurs, Sun, en déclarant que "l'accord avec Microsoft satisfait l'ensemble des objectifs poursuivis dans le cadre de l'enquête de l'Union Européenne", pourrait fournir un argument à Microsoft qui s'apprête à faire appel de la sanction de la Commission Européenne.
Une sanction due pour une large part à Sun qui, en déposant plainte auprès de la CE en 1998, accusait Microsoft d'avoir "refusé de fournir les informations nécessaires sur ses interfaces, pour que Sun puisse développer des produits capables de communiquer correctement avec les PC Windows. Cela l’avait privé de la possibilité d’entrer en concurrence, à égalité, sur le marché des systèmes d'exploitation serveurs pour groupe de travail.»
Une plainte qui était l'un des principaux arguments avancés par Mario Monti dans son action contre Microsoft, en soutenant que ce dernier cachait à ses concurrents des informations clés sur ses interfaces serveurs. D'autant que Sun s’était montré très actif pour aider la Commission à comprendre les enjeux de cette affaire.
Marc Hansen, procureur à Bruxelles, résume ainsi la nouvelle donne : "Si la Commission a besoin d’aide, qui va l’aider maintenant ?"
Un accord d'échange de propriété intellectuelle qui semble donc mettre fin à l'un des principaux reproches de la Commission Européenne et qui, pour Sun, ressemble à un abandon de Mario Monti !
A noter néanmoins que pour de nombreux experts, la distribution d’une version de Windows sans Media Player est plus importante que le problème d’interopérabilité : "La loi communautaire n’a pas de disposition claire sur ce problème d’intégration. C’est un territoire vierge. C’est pourquoi je pense que la Commission s’intéresse davantage à cet aspect." a ainsi déclaré David Wood, du cabinet Howrey Simon, spécialisé dans les lois antitrust à Bruxelles.
Source :
ZDNet
papaguy
le 9 avril 2004 à 15:00
(3 842
lectures)
Actualités et brèves relatives
- 03 / 04 / 2004 : Microsoft : 1,95 milliard de dollars à Sun
- 25 / 11 / 2003 : Sun est plus agressif envers Windows !
- 08 / 10 / 2003 : MSJava, encore plus longtemps !
- 07 / 09 / 2003 : Bilou conclut encore un accord à l'amiable
- 27 / 08 / 2003 : SUN et sa distribution Linux Mad Hatter
- 04 / 12 / 2002 : Sun vs Microsoft devant la justice
- 17 / 07 / 2002 : Alliance Sun – Lindows.com





