Mise à jour du
15 janvier 2013 à 10:41:
Stéphane Richard, le président de France Télécom (Orange), a confirmé notre actualité du 20 décembre dernier quant à l'intérêt de sa société pour les câbles sous-marins d'Alcatel-Lucent. Selon le patron de l'opérateur télécom, il ne s'agit toutefois que d'un intérêt de principe.
« Il y a déjà des mois que nous regardons comment pourraient mieux coopérer ASN (Alcatel Lucent) et France Télécom Marine » a ainsi déclaré à la presse hier Stéphane Richard. « Nous avons été amenés à exprimer de façon plus formelle notre intérêt de principe pour cette activité. Pour le moment, ce n'est pas allé plus loin. »
En difficulté depuis plusieurs années, Alcatel-Lucent licencie massivement dans le monde, et notamment en France. L'opérateur historique France Télécom pourrait toutefois limiter la casse dans l'Hexagone en rachetant les navires câbliers d'Alcatel rapportent Les Échos.
Robot sous-marin ROV Hector 6 à bord du navire René Descartes - Ariase
La solide expérience de France Télécom
Si Orange est connu pour ses activités en tant qu'opérateur fixe et mobile, ou encore ses investissements sur Internet (Dailymotion, Deezer), il l'est beaucoup moins pour ses réseaux sous-marin. N'oublions pas pourtant que depuis 2010, Orange déploie en compagnie de plusieurs sociétés (dont Alcatel) un immense système sous-marin de 17 000 kilomètres reliant la France (Finistère) à l'Afrique du Sud (Cap).
Le fameux consortium ACE (Africa Coast to Europe) vient d'ailleurs d'être mis en place pour 13 pays, de la France jusqu'à Sao Tomé et Principe, dans le golfe de Guinée, le déploiement ayant atteint 12 000 kilomètres. Sept autres pays les rejoindront lors de la dernière phase de mise en service, avec 5000 kilomètres supplémentaires.
Selon la page d'Orange dédiée à cette activité, France Télécom Marine dispose de cinq navires câbliers, pour environ 250 marins en tout. Cette division « intervient dans tous les domaines de la pose et de la maintenance, depuis la phase d’étude (survey) jusqu’aux atterrissements sur les plages ». Et cette activité est en expansion depuis le rachat d'Elettra (ex-filiale de Télécom Italia) il y a deux ans.
Du côté d'Alcatel-Lucent, la rumeur d'un abandon de cette activité court depuis le mois dernier. MerEtMarine.com expliquait ainsi fin novembre que le groupe franco-américain songeait à céder des actifs non stratégiques, dont l'activité câblière. Cette dernière emploie tout de même 800 personnes en France selon le site.
Le gouvernement ne serait pas neutre
Voir France Télécom racheter l'activité d'Alcatel dédiée aux câbles de fibre optique sous-marins n'aurait donc rien d'étonnant, d'autant plus que l'État Français semble pousser en ce sens. Il faut dire qu'il détient une partie de France Télécom (26,94 %) et d'Alcatel-Lucent via la Caisse des Dépôts. Le quotidien économique note d'ailleurs que le Fonds Stratégique d'Investissement (FSI) pourrait prendre une participation dans l'activité de production de câbles sous-marins d'Alcatel-Lucent afin de l'aider financièrement.
Outre France Télécom, d'autres sociétés pourraient toutefois mettre la main sur l'activité câblière d'Alcatel-Lucent. Le Français Nexans, spécialiste du câble, ou encore son concurrent italien Prysmian, seraient notamment susceptibles de proposer des offres.
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Il y a 15 commentaires
L’État pousse pour que FT/O rachète cet actif mais ne pousse pas ce dernier à acheter du matériel auprès d'Alcatel pour ses équipements réseaux enfin de sauvegarder de l'emploi mais le reproche à Free.

C'est interdit par les règles de l'Europe: c'est de l'ingérence.
C'est interdit par les règles de l'Europe: c'est de l'ingérence.
C'est pour souligner le paradoxe que constitue cette situation.
Après la France reste actionnaire de FT/O, il ne s'agit pas d'ingérence (d'ailleurs le terme n'a pas de réel existence juridique) mais de choix stratégiques. Après l'Etat n'a pas le droit (mais se prive rarement de se l'arroger) d'influencer un appel d'offre mais rien ne lui interdit de marquer sa préférence pour le matériel européen sans pour autant avoir pouvoir de l'imposer à la direction. C'est pareil pour tout actionnaire décisionnaire.
Alda marine soit 6 marines dont 5 d'environ 140m de long et un de 78 m)
Cela ferra de FT un des plus opérateurs de câble sous-marins.










