Mise à jour du
11 septembre 2012 à 14:21:
Alors que VLC attend les suites de sa saisine sur l’interopérabilité des DRM du Blu Ray, Hadopi programme, via ses labs, un atelier (« workshop »). Intitulé « open-source et sécurité : source du mal et/ou ouverture vers le bien ? », il est décrit de la sorte : « Lorsque l'intelligence logicielle était captive du matériel, la sécurité informatique était une préoccupation très secondaire voire inexistante. La séparation du hardware et du software a donné naissance à la possibilité d'exploiter les failles logicielles. L'open-source a beaucoup facilité cet accès, rendant les failles analysables et exploitables par à peu près n'importe qui. Pour autant, il semble peu réaliste de revenir en arrière pour enfermer à nouveau le software dans du hardware dans le but de le protéger et l'open-source permet finalement de curer le mal qu'il a lui-même contribué à créer, pour peu que tous se donnent la peine d'entretenir, à leur niveau, leur univers logiciel. »
Une logorrhée qui ne convainc pas Frédéric Couchet (April) : « Plutôt que d'organiser des workshop à la con, Hadopi devrait mettre en ligne le mémoire de l’AACS Licensing Administrator sur Blu-Ray/DRM ». Ce fameux mémoire de l'AACS adressé à la Hadopi après la saisine de Videolan (VLC).
Nous avons obtenu les premiers échos de la réunion organisée hier matin rue du Texel. L'objet était de faire le point sur cette saisine, ce qui n'a pas apporté grand-chose à l'éditeur de VLC. Plusieurs faits sont cependant à souligner.
La Hadopi avait en main un mémoire de l’AACS Licensing Administrator, l’organisme derrière la DRM du Blu-Ray. Le document n'a toutefois pas été transmis à VideoLan avant cette réunion. L'éditeur de VLC était donc en incapacité de préparer sa réponse.
Rappelons que voilà un an, Videolan a contacté la Hadopi pour dénouer une situation ubuesque où consommateurs et développeurs sont pris en otage. Comme exposé dans sa saisine, l’éditeur de VLC voudrait que son lecteur tout terrain et libre puisse lire le Blu-Ray sur toutes les plateformes, dont celles open source. En face, Sony interdit ce droit afin d’empêcher la copie de son support. La firme utilise un sandwich de DRM, ces fameux verrous numériques : l’AACS (Advanced Access Content System) et la machine virtuelle BD+.
Les textes du code de la propriété intellectuelle soufflent le chaud et le froid, indiquant d’un côté que « les mesures techniques ne doivent pas avoir pour effet d'empêcher la mise en œuvre effective de l'interopérabilité, dans le respect du droit d'auteur », et de l’autre que le code source et de la documentation technique restent secretes si l’auteur d’un DRM « apporte la preuve que [cette publication] aurait pour effet de porter gravement atteinte à la sécurité et à l'efficacité de ladite mesure. »
Pour permettre à VLC de lire le Blu-ray, l'idée d'un plug-in propriétaire a été évoquée lors de la réunion du 5 septembre. Mais ce contournement viendrait en opposition avec la licence du logiciel libre. De même l’AACS LA a poussé l’idée selon laquelle on ne serait pas dans le cadre d’un logiciel, et donc que l’exception de décompilation (art.122-6 IV CPI) serai fermée. Une analyse non partagée par Videloan : si la question se pose pour les clés AACS, elle considère qu’on est bien dans ce cas pour l’implémentation AACS.
« VLC est open source et ne sert pas à contourner les DRM : il doit servir à lire des BluRay sur toutes les plate-formes open-source ! » tambourine Videolan sur son compte Twitter. L’association félicite dans le même temps cette réunion où leurs « questions et interrogations ont été comprises ».
Et maintenant ? La Hadopi a promis d'organiser de nouvelles auditions, ce qui va repousser d'autant l'issue attendue. Le 11 septembre prochain, le collège se réunira sans qu'aucun agenda précis n'ait été défini au-delà.
Il y a 181 commentaires
Concrètement, que peux la HADOPI dans cette situation ?
Peut-on espérer la présence de représentants de Sony à la prochaine réunion ? :)
VideoLAN pour vos efforts !!

On perd pas les bonne habitudes :
"Mme Hadopi il faut répondre ça, sinon c'est des millions d'emplois supprimés"
Edité par ZeHiro le jeudi 6 septembre 2012 à 09:31
@VideoLan : Laissez tomber, vous voulez bien...
Ce n'est pas comme si on trouvait déjà plein de copie pirate explicite "BRRIP" ou "BDRIP". (pour Hadopi et consœur, rip comme ripper = copier, non comme mort = Requiescat in pace)
Ca me fait penser à cette news mais surtout à ces commentaires là et là
- La HADOPI n'a pas de calendrier a respecter car personne ne peut lui imposer. Donc les consultations, réunions, séances, etc... C'est quand elle veut, où elle veut, bref elle fait ce qui lui chante.
- Les éventuels ombres du pied de la main de délibération de réunion ne sont pas forcément public; en clair elle peut rétorquer "on a décidé que non", sans plus de précisions et on peut rien dire ou demander...
La HADOPI est donc une boite noire sur laquelle on ne peut rien faire ou demander (exiger ? même pas en rêve !), tout a été prévu dans ses status pour qu'elle soit à l'abri de toute tentative de discussion.
C'est beau...
Ils ont bien choisi la date... Bien en adéquation avec ce ratage calamiteux qu'est Hadopi !
Le Cône vaincra !











