Dans son édition du mercredi dernier, Le Canard Enchaîné s'est intéressé à Martin Bouygues et à ses relations avec le nouveau gouvernement, et notamment Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif. Très critiqué par ce dernier il y a encore quelques mois, le groupe Bouygues est désormais dans les petits papiers du ministre. Un retournement de veste qui paie selon le Canard Enchaîné pour qui les reportages de TF1 (filiale du groupe Bouygues) n'hésitent pas à voir Arnaud Montebourg « sur tous les fronts depuis un mois. Sa mission : sauver l'industrie hexagonale. »

Le tweet d'Arnaud Montebourg du 10 janvier dernier lors de l'arrivée de Free Mobile.
Free Mobile, du sauveur au destructeur
Le 15 juin dernier, nous publiions un article pointant du doigt le retournement de veste d'Arnaud Montebourg. Ce dernier tirait à boulets rouges sur l’ARCEP pour avoir favorisé la concurrence et ainsi détruit des emplois du fait de l'arrivée de Free Mobile. L’Autorité de régulation des télécoms était ainsi pointée du doigt pour s'être intéressée « exclusivement à la concurrence sans limite » poussant ladite concurrence à s’autodétruire selon ses propres mots, rapport ici aux futures pertes d'emplois annoncés par Bouygues Télécom et SFR.
Ces propos semblaient pourtant en contradiction totale avec ceux de janvier dernier où le ministre expliquait que les nouveaux forfaits de Free Mobile avaient fait « plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans ». Mais à l'époque, Arnaud Montebourg faisait partie de l'opposition et les licenciements dans le secteur n'étaient que de simples menaces de la part des opérateurs mobiles. L'ARCEP et Free Mobile étaient donc des chevaliers blancs aux yeux de l'actuel ministre, ce qui n'est plus le cas désormais.
« Martin n'est pas un ingrat »
A contrario, le Canard Enchaîné note que depuis une rencontre organisée fin mai entre Martin Bouygues et Arnaud Montebourg, les propos de ce dernier ont changé du tout au tout, et le numéro un TF1 « n'est pas un ingrat : il déborde désormais de reconnaissance à l'égard de son bienfaiteur » explique avec ironie notre confrère.
Est ainsi cité comme exemple le reportage de TF1, diffusé à 20h le 13 juin dernier, sur le bilan d'une équipe de TF1 ayant suivi durant deux jours le ministre. Le Canard tire de ce reportage un commentaire de la voix off : « Arnaud Montebourg est sur tous les fronts depuis un mois. Sa mission : sauver l'industrie hexagonale. »
« Montebourg reprend sans intelligence les éléments du lobby des opérateurs »
Depuis plusieurs mois, Arnaud Montebourg a donc changé son fusil d'épaule. Lors de l'interview accordée à Challenges en juin dernier où le ministre s'attaquait à l'ARCEP et à Free Mobile, le blogueur Autheuil, habitué des coulisses parlementaires, notait d'ailleurs à l'époque à juste titre que cette interview « sent à plein nez les éléments de langage d'Orange, SFR et Bouygues télécom, qui n'ont toujours pas digéré (psychologiquement et financièrement) l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile ».
Ne pouvant contraindre Free Mobile à changer ses forfaits et à modifier son business-model, directement, l’ARCEP est désormais la cible du ministre. « Ce qui est affligeant, c'est que Montebourg reprend, sans recul et sans intelligence, les éléments de langage du lobby des opérateurs historiques » résumait Autheuil mi-juin dernier.
François Hollande aussi
Le Canard Enchaîné rajoute que Martin Bouygues a particulièrement peaufiné ses liens avec François Hollande depuis la fin de l'année dernière, alors que les sondages étaient peu favorables à Nicolas Sarkozy. Désormais, officiellement afin de réduire au maximum les licenciements, « la concurrence doit trouver sa limite dans la préservation de l’emploi » estime Montebourg.
Si selon Fleur Pellerin, les acquis de la loi Chatel devraient être préservés, notamment tout ce qui touche aux coûts des appels vers les hotlines (contrairement aux souhaits d'Arnaud Montebourg), des changements pourraient toutefois être annoncés en début d'année dans le secteur de la téléphonie mobile.
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Il y a 200 commentaires
Si par "beau", tu veux dire "subtil", permet moi de te contredire
Edité par tot0che le vendredi 18 janvier 2013 à 19:33
1 - Il n'y avait pas de candidat de gauche au second tour
2 - Pour rester au pouvoir il faut y être, si tu parles des élections il faut attendre les prochaines pour faire ce commentaire. Si tu parles de la révolte populaire voulant renverser le pouvoir socialiste, elle est inexistante.
Si tu parles de la révolte populaire voulant renverser le pouvoir socialiste, elle est inexistante.
Pour qu'elle existe il faudrait des gens "mécontent"
Pour le moment la hausse des impôts est que sur le papier, pas encore dans le portefeuille des uns, et la normalité du présiflan suffit à donner une érection aux autres.
ah ouai ? quel risque ?
je m'en fais pas pour eux
+1000
Tous les petits copains du sarkozisme sont prêts à lécher n'importe quelle botte pour qu'on les caressent dans le sens du poil.
C'est comme le Figaro qui a débarqué Mougeotte et qui se met à faire des éditos pro-gouvernement PS. Il y a d'ailleurs un article là-dessus aussi dans la même édition du Canard.







