Interdiction des routeurs chinois : ZTE et Huawei répondent au rapport Bockel
Cyberdéfense et riposte graduée
Le 19 juillet dernier, le sénateur Jean-Marie Bockel présentait un rapport sur les enjeux de la cyberdéfense, proposant alors vertement l’interdiction des routeurs chinois. Deux entreprises visées par les critiques du parlementaire viennent de lui répondre par une interview au Point.
Dans son rapport intitulé « La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale », Jean-Marie Bockel préconise des mesures drastiques pour améliorer la protection de la France contre les cyberattaques. L’intéressé voudrait notamment « interdire sur le territoire national et à l’échelle européenne le déploiement et l’utilisation de « routeurs » ou d’autres équipements de coeur de réseaux qui présentent un risque pour la sécurité nationale, en particulier les « routeurs » et certains équipements d’origine chinoise ». Craignant qu’un pays producteur place des dispositifs de surveillance ou d’interception dans ces maillons forts, le sénateur a alors pointé du doigt deux sociétés chinoises, Huawei et ZTE (voir notre article : Rapport Cyberdéfense : et si on interdisait les routeurs chinois en France ?).
Lin Cheng, patron de la division Europe de ZTE, et François Quentin, patron de Huawei en France, viennent de réagir au rapport de Jean-Marie Bockel auprès de nos confrères du Point. Pour le représentant de Huawei, ce texte se base sur des « suspicions non fondées » : « Nous garantissons que nos produits ne comportent rien qui ne soit pas précisé dans leurs caractéristiques », évacue François Quentin. Quant à Lin Cheng (ZTE), il « ne [voit] pas en quoi supprimer des routeurs chinois changerait la donne », dans la mesure où, d’après lui, « même si l'on prend le cas d'une attaque visiblement venue de Chine ces derniers mois, elle a eu lieu via des routeurs Cisco », soit du matériel américain. L’intéressé ajoute enfin : « les équipementiers européens contrôlent 40 % du marché chinois, alors que nous ne représentons que 1,5 % du marché européen. Si l'on suit la logique du sénateur Bockel, c'est plutôt au gouvernement chinois d'avoir peur ».
Au fond, des enjeux économiques
Au sujet de la pertinence de la proposition de Jean-Marie Bockel, les représentants des deux sociétés se sont montrés circonspects. « Ce genre de mesure manquerait de fondement scientifique. Nous sommes une entreprise et nous ne représentons pas le gouvernement chinois » a expliqué au Point Lin Cheng. François Quentin a quant à lui soulevé d’éventuelles manœuvres émanant de « certaines personnes auditionnées », et notamment « celles qui ont des intérêts financiers ». « Une telle mesure ressemblerait à ce qu'Airbus a pu affronter aux États-Unis : combien de décennies leur a-t-il fallu pour vendre des avions là-bas ? » questionne-t-il.
Enfin, les deux représentants ont exprimé des critiques de fond vis-à-vis du rapport Bockel, qui oublierait selon eux de nombreux points importants, liés notamment au contexte actuel de forte mondialisation. « Nos matériels sont construits à partir de composants fabriqués aux US, avec des logiciels développés dans le monde entier : théoriquement, ça ne semble pas très facile qu'on puisse implémenter des mouchards comme ça sans que ça se sache. De plus, pour avoir un réseau absolument sécurisé, il n'y a qu'une seule solution : couper physiquement le réseau d'Internet », a expliqué Lin Cheng. François Quentin a également rappelé l'importance économique d'Huawei au niveau européen, indiquant que cette société était encore « un investisseur important en Europe, avec 7 000 emplois (...) dans presque tous les pays de l'Union européenne ».
Il y a 38 commentaires
Tu veux dire ce retrouvé bloqué à cause de conficker ?
Je ne vois pas pourquoi ce devrait être réservé aux applications stratégiques.
L'autre côté, c'est qu'il est plus simple de trouver des failles dans du code open source
Et évidemment tu vas me dire qu'il est plus simple de corriger les failles si le code est open source
Bref c'est pas simple.
Sauf qu'à force de trouver des failles dans du code open source, on n'en trouveras plus !
Tu veux dire ce retrouvé bloqué à cause de conficker ?
Je ne vois pas pourquoi ce devrait être réservé aux applications stratégiques.
Parce que c'est trop cher pour les autres. Comme toujours, on fait la liste des fonctionnalités, on trie pour avoir ce qui colle, et on achète le moins cher avec 80 - 90 % des fonctionnalités qu'on a demandé au départ.
Autrement, je n'oublie pas que les USA viennent de virer Windows de leur système de contrôle des drones. Vu que plusieurs se sont fait capturer par l'Iran, d'aucun pourrait en conclure que les iraniens ont profité de failles dans windows pour piquer les drones US, mais je ne me laisserai pas entraîner sur la pente savonneuse du troll.
Et la Chine devrait faire pareil avec nos matos, et la, c'est le drame...

Elle le fait deja ... elle !!
Elle le fait deja ... elle !!
T'es sûr ?
40% du marché avec une interdiction ? compliqué non ?
On connait les noms des équipementiers ?
T'es sûr ?
40% du marché avec une interdiction ? compliqué non ?
Des qu'elle en a les moyens, elle le fait.
Tes 40% sont comptés dans le temps.
Bizarrement en lisant l'article je me suis fais cette réflexion: pourquoi seulement les équipements chinois? Pourquoi pas cisco ou hp ou autres ?
Et puis, sur quoi se base cette inquiétude sur les équipements chinois?











