La Commission européenne vient de lancer une consultation relative à la neutralité du net. Une précédente initiative avait déjà été lancée sur ce même sujet il y a deux ans, mais Bruxelles assure que celle-ci est bien plus spécifique.
D’après le communiqué publié aujourd’hui par la Commission européenne, cette consultation publique sur la préservation de l'internet ouvert s’inscrit dans le cadre d’un « engagement en faveur d’un internet ouvert et neutre ». Jusqu’au 12 octobre, toutes les parties intéressées sont invitées à donner leur avis, tant du côté des acteurs du privé (opérateurs, fabricants de matériel,...) que du public (autorités, associations de consommateurs,...). Les documents de la consultation sont disponibles ici.
Dans le détail, cette initiative concerne les sujets suivants :
- La gestion du trafic internet, y compris la gestion de la congestion, les services gérés et les questions de respect de la vie privée;
- La transparence, notamment en ce qui concerne les performances réelles de l’internet (vitesse et qualité) et les produits de restriction de l’accès à internet;
- La possibilité, pour les consommateurs, de changer d’opérateur;
- Les problèmes d’interconnexion internet entre opérateurs.
Neelie Kroes, commissaire européenne chargée de la société numérique, a expliqué : « Aujourd’hui, les consommateurs ne disposent pas d’un réel choix en ce qui concerne les offres internet. Je vais me fonder sur cette consultation pour élaborer des recommandations qui élargiront le choix et mettront fin aux tergiversations autour de la neutralité du net en Europe. Les réponses à cette consultation permettront de formuler de véritables recommandations pratiques sur la base des conclusions de l’ORECE ».
Deuxième consultation sur la neutralité du net en deux ans et demi
On a toutefois du mal à comprendre pourquoi la Commission européenne sollicite une nouvelle consultation sur la neutralité du net. Il y a deux ans, une initiative sur le même sujet avait effectivement été lancée, pour laquelle des réponses avaient été publiées en septembre 2010. Le Parlement européen a par ailleurs adopté en novembre 2011 une résolution « sur l'Internet ouvert et la neutralité d'Internet en Europe ».
Mais, d’après Bruxelles, « la précédente consultation avait une portée plus générale, celle-ci porte spécifiquement sur la transparence, les modalités du changement d’opérateur et certains aspects de la gestion du trafic, afin d’alimenter les orientations que la Commission prévoit de publier en 2013 ».
Reste à savoir si la ministre déléguée à l’Économie numérique, Fleur Pellerin, participera à cette consultation. Cette dernière s’est fait remarquer la semaine dernière pour avoir déclaré que « la neutralité du Net est un concept américain, et qui a tendance à favoriser les intérêts économiques de Google, Amazon et consorts », comme le note Reflets. Fleur Pellerin a publié hier un tweet pour tenter de préciser sa position, alors que certains s'interrogeaient sur la démarche de la ministre. Elle pointe un article de nos confrères de 01Net où elle exprimait un peu plus clairement ses positions :
Il y a 15 commentaires

Ah...., on me dit que ça, c'était avant....!
le progrès, c'était mieux avant....
à mort !
c'est à cause de personnes comme ça que youtube rame en france alors que dailymotion est super fluide, les opérateurs français qui favorisent les copains, qui empêche la libre concurrence et s'approprient le net pour en faire leur propre avantage, quel complot insupportable... le net doit rester doit redevenir libre, ouvert et neutre !
si Fleur Pellerin reçoit de l'argent de lobby européens n'est même pas la question, non, ça c'est une certitude, la question c'est combien... s@lope !

Edité par Commentaire censuré le lundi 23 juillet 2012 à 19:35
La solution – pas très originale – passe par l’impôt. Qui pourrait donc payer pour tout cela ? Bingo : Google, Apple et consorts. Il faut dire que ces derniers se sont débrouillés, comme toute multinationale qui se respecte, pour payer le moins d’impôts possible, et cette sortie de Fleur Pellerin à l’encontre de Google, quelques jours après une réunion au sommet destinée à minimiser la casse sociale chez les opérateurs, ressemble fort à un coup de pression.
Mais taxer Google ne remplirait pas pour autant les caisses d’Orange… Pour cela, il faudrait trouver un moyen pour que « Google, Apple et consorts » paient directement Orange. On pourrait imaginer que Google paie Orange pour l’utilisation du réseau Orange, tout comme Apple pour sa TV connectée, en échange, par exemple d’une plus grande rapidité de leurs services sur le réseau Orange… On pourrait également permettre à Orange de faire plus d’argent, en lui offrant la possibilité de commercialiser des forfaits Internet qui différencieraient certains services (imaginons un forfait illimité sur Facebook et Twitter mais limité sur l’usage d’autres services)… problème : tout cela est totalement contraire à la neutralité du Net, qui veut qu’un opérateur Internet ne différencie pas les signaux qui traversent ses tuyaux en fonction de leur provenance, de leur contenu ou de leur destination. Techniquement en revanche, le Deep Packet Inspection saura vous facturer tout ça, de manière différenciée, par protocole…
On arrive à la même conclusion : il faut tuer la neutralité du Net.
Bref, pour préserver ses intérêts économiques, la France ne manque en effet pas d’arguments pour tuer la neutralité du Net, ainsi que pour fournir aux dictatures en Afrique et au Moyen-Orient du matériel de surveillance destiné à mettre au pas leur opposition. Le seul problème, c’est de trouver un mensonge qui passe aux yeux de la population, et d’utiliser un levier qui galvanisera les plus cons : la haine.
Comment ça "Merci Marc"?












