Alors que Google semblait sûr de son fait en mai dernier, le géant du web multiplie les concessions ces dernières semaines afin de plaire à la Commission Européenne et ainsi éviter une potentielle amende de plusieurs milliards d'euros. Selon le Financial Times, les propositions déposées sur la table des autorités de régulations il y a deux semaines ont été peaufinées afin de répondre aux demandes de l'Europe.
Des points à clarifier
Accusé d'abus de position dominante en Europe sur quatre sujets bien définis (en savoir plus), Google est sous le coup d'une enquête des autorités européennes depuis de nombreux mois. Afin de stopper cette enquête et par conséquent éviter des sanctions à Google, et notamment une lourde amende, Joaquín Almunia, vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, a proposé à l'Américain un accord à l'amiable : Google propose des concessions viables, et l'enquête est levée, ceci à l'instar d'IBM en 2011.
Des premières propositions ont donc été dévoilées aux autorités européennes il y a quinze jours, sans que nous n'en connaissions le contenu. Et d'après le Financial Times, Joaquín Almunia a souhaité que Google clarifie certains points. C'est donc désormais chose faite, ce qui pourrait mettre un terme définitif aux suspicions pesant sur Google, tout du moins si ces propositions sont acceptées par toutes les parties.
Calmer le jeu et éviter une lourde amende
Selon le Financial Times, Almunia devrait désormais analyser les propositions de Google et décider si oui ou non l'Europe continuera son enquête ou s'il ouvrira des pourparlers pour trouver un accord entre Google, la Commission et les sociétés portant plainte contre Google pour abus de position dominante. Une amende de plusieurs milliards d'euros est en jeu.
Ce feuilleton n'est cependant pas terminé et nous ne parlons ici que de propositions faites par Google. Il faudra ensuite qu'elles soient testées dans les faits afin de vérifier si la position de Google est moins dominante ou non suite à ces concessions.
Malheureusement, aucune fuite quant aux propositions de Google n'a pour l'instant percé les réseaux de la société et de la Commission européenne. Les porte-parole des deux entités se sont contentés de ne pas commenter ou d'affirmer qu'ils coopèrent activement.
Quatre domaines à revoir
Enfin, pour rappel, voici les quatre points qui posent problème à l'Europe et décrits officiellement par Almunia en mai dernier :
- Dans les résultats de recherche de Google, la société affiche des liens vers ses propres services de recherche « verticaux » comme celles dédiées aux restaurants, aux actualités, aux produits, etc. « Dans ses résultats de recherche généraux, Google affiche des liens vers ses propres services de recherche verticaux différemment que pour les liens vers les concurrents » explique Almunia. « Nous craignons que cela puisse entraîner un traitement préférentiel par rapport à ceux des services concurrents, qui peuvent être lésés à la suite. »
- Google copie certains contenus (critiques d'utilisateurs, etc.) présents sur des sites tiers, parfois sans leur autorisation préalable. Google s'approprie « les bénéfices des investissements des concurrents » estime Almunia. Ce dernier s’inquiète ainsi des répercutions sur les entreprises concurrentes, « cela pourrait réduire les incitations des concurrents à investir dans la création de contenu original pour le bénéfice des utilisateurs » conclut-il. « Cette pratique peut avoir des répercussions pour les sites de voyage par exemple ou des sites fournissant des guides gastronomiques. »
- Les annonces de recherche : ces publicités présentes à côté des résultats de recherche sont problématiques pour la Commission. En effet, Google aurait des accords exclusifs avec certaines sociétés. Cette exclusivité, si elle est avérée, empêcherait donc la concurrence de fournir des services équivalents.
- Enfin, le quatrième sujet porte sur les restrictions de Google quant à la portabilité des campagnes publicitaires AdWords vers des plateformes concurrentes. « Nous craignons que Google impose des restrictions contractuelles sur les développeurs de logiciels » afin de les empêcher d'offrir des outils permettant de transférer leur campagne AdWords vers d’autres plateformes.
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Il y a 8 commentaires
Peut-être pas quand même... Même Microsoft qui se fout ouvertement de l'Europe n'a payé que 860M€ (pour autre chose on est d'accord mais tout de même...)
Je ne vois pas trop d'ailleurs pourquoi le contenu de ces tractations est secret. L'UE considère t elle que le citoyen lambda est trop abruti pour suivre ces échanges ?
Quoi de plus logique ?
Si des clients ne sont pas content du service, n'ont-ils pas qu'à aller voir ailleurs ?
Franchement, je ne comprends pas pourquoi Google n'a pas juste envoyé la commission européenne sur les roses (en bonne et due forme, évidemment).
Quoi de plus logique ?
Si des clients ne sont pas content du service, n'ont-ils pas qu'à aller voir ailleurs ?
Franchement, je ne comprends pas pourquoi Google n'a pas juste envoyé la commission européenne sur les roses (en bonne et due forme, évidemment).
Microsoft proposait ses propres services dans ses propres produits (Windows) Quoi de plus logique ?
Et pourtant, l'histoire on la connait....
Quoi de plus logique ?
Si des clients ne sont pas content du service, n'ont-ils pas qu'à aller voir ailleurs ?
Franchement, je ne comprends pas pourquoi Google n'a pas juste envoyé la commission européenne sur les roses (en bonne et due forme, évidemment).
L'esprit de ce type de loi antitrust c'est d'empêcher une companie qui a une très large part de marché dans un domaine de s'en servir pour en envahir un autre.
Un des problèmes ici c'est qu'on est dans un cas un peu différent où Google incorpore plus de fonctionnalités à son service de base (météo, bourse, ...) plutôt que réellement se sert de search pour écraser la concurrence.
Quoi de plus logique ?
Si des clients ne sont pas content du service, n'ont-ils pas qu'à aller voir ailleurs ?
Le jugement n'est pas sur la position dominante, mais sur l'abus de position dominante
C'est une chose de proposer ses services sur ses propres produits, comme tu le dis. C'en est une autre d'abuser de cette situation, en en profitant pour fausser la concurrence ou éclipser toute alternative.
Et quand il y a une procédure à ton encontre, il ne suffit pas de dire "allez vous faire f....." pour que ça s'arrête, heureusement
L'esprit de ce type de loi antitrust c'est d'empêcher une companie qui a une très large part de marché dans un domaine de s'en servir pour en envahir un autre.
Un des problèmes ici c'est qu'on est dans un cas un peu différent où Google incorpore plus de fonctionnalités à son service de base (météo, bourse, ...) plutôt que réellement se sert de search pour écraser la concurrence.
Ouais, enfin, il ne faudrait pas mettre sur un pied d'égalité un produit que tu as vendu en vente lié, donc que l'utilisateur est de facto propriétaire, et qui incorpore pas mal d'outil vendu ou proposé séparément...
Et une entreprise qui propose, gratuitement, et comme ses concurrents une panoplie de service sur un site web !
La grosse différence, quand même, c'est que pour aller voir la concurrence, tu as juste à ouvrir un nouvel onglet!!
Autant, je suis d'accord pour enquêter sur la portabilité des campagnes et leur exclusivité, car ç'est vraiment dans un soucis de concurrence....
Autant, intervenir dans un marché ou tout le monde propose la même chose parce que ça plait à l'utilisateur d'avoir une centralisation des services, c'est clairement intervenir pour donner des avantages commerciaux aux concurrents! Quand tu vois que le principal concurrent, c'est Bing, et que Microsoft est déjà omniprésent dans beaucoup de domaine informatique, ça laisse un peu perplexe quand même : soit tu légifères pour tout les moteurs de recherches, soit tu laisses Google proposer la même chose que les autres!
Je ne suis pas contre le fait de permettre aux autres acteurs de proposer l'intégration de leur services directement dans Google hein, au contraire, ça ne pourrait être que bénéfique de pouvoir choisir, par exemple , un autre fournisseur de carte que Google Map pour afficher une localisation (à voir si c'est possible). Après, si c'est avéré que ça nuit vraiment à la concurrence (et ça peut se comprendre), il faut que ça soit décidé pour tout les moteurs de recherches qui propose ce genre de chose....











