Mise à jour du 9 juillet 2012 à 14:23: Nous venons de constater que c’est désormais l’intégralité de l’émission d’hier qui est indisponible. Sur la page dédiée à l’émission Sept à Huit, lorsque l’on clique sur le lien pour visionner la vidéo, on retourne vers une page proposant le programme de la semaine dernière (1er juillet). Sur Wat.tv, la video est désormais inaccessible (voir les captures ci-dessous).
La diffusion hier sur TF1 d’extraits de conversations tenues entre Mohamed Merah et la police a suscité de nombreuses réactions, dont celle des familles des victimes du tueur de Toulouse et de Montauban. Ces dernières ont d'ailleurs demandé à la justice le blocage de ces enregistrements. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a quant à lui déconseillé leur diffusion aux chaînes de télévision et de radio. Seulement, alors que les émissions de « Sept à Huit » sont habituellement disponibles en replay, celle d’hier se trouve amputée du reportage où étaient diffusés les extraits en question.
Le sommaire de l’émission Sept à Huit d’hier soir (disponible en replay ici) le vante encore clairement par la voix d’Harry Roselmack : « Un document exclusif : des révélations effarantes sur Mohammed Merah (...). Vous entendrez les longues négociations qui ont précédé l’assaut final du RAID ». Seulement voilà, si l’on parcourt l’ensemble de la vidéo, aucun reportage ne correspond à la fameuse annonce. On remarque d'ailleurs que l’émission en ligne dure une heure et quart, tandis que le programme TV indique un créneau d’une heure et cinquante minutes.
Demandes de blocage de la diffusion des enregistrements
Entre-temps, la diffusion de ces extraits a provoqué de nombreux remous. À commencer par les familles des victimes. « Les victimes sont scandalisées d'apprendre le contenu de ces négociations à la télévision. À ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la Toile, et l’atteinte sera alors irrémédiable », a déclaré Maitre Samia Maktouf à nos confrères du Monde. Son associée, Maitre Béatrice Dubreuil, leur a également signifié que des poursuites étaient engagées : « Nous allons demander au parquet, conjointement avec les autres parties civiles, d'enclencher une procédure d'urgence pour bloquer la diffusion de ces enregistrements, par tout moyen et sur tout support ».
Il faudra voir comment se déroulent les modalités pratiques de cette demande de blocage... alors que la vidéo n'apparaît plus sur le site de la chaîne ! Une autre arme existe si le contenu réapparaît à l'étranger par exemple : l'article 6-I-8 de la LCEN permet en effet à l'autorité judiciaire de prescrire en référé ou sur requête, aux hébergeurs ou aux FAI, « toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d'un service de communication au public en ligne ». C'est lui qui avait été utilisé dans le blocage du site Copwatch et qui montrait déjà qu'il est impossible de faire du traitement chirurgical sans bloquer l'intégralité d'un site.
Le CSA a par ailleurs rejoint cette demande de blocage, puisqu’un porte-parole de l’autorité de régulation a annoncé hier soir que son président, Michel Boyon, et Rachid Arab, membre du comité de déontologie du CSA, avaient « contacté les dirigeants des chaînes (de radio et de télévision, NDLR) pour les appeler à la responsabilité et leur déconseiller de rediffuser les extraits en question », comme le note Le Figaro.
TF1 : priorité à l'information
Emmanuel Chain, producteur de Sept à Huit, a pleinement assumé la diffusion de ces extraits. Aux micros de RTL, il a déclaré hier avoir « agi en responsabilité » : « Nous avons décidé de diffuser ce document, qui a une forte valeur d’information ».
TF1 semble toutefois assumer le retrait des enregistrements du site TF1.fr. Interrogé ce matin par Europe 1, Harry Roselmack a précisé : « ces éléments, laissés sur Internet, pouvaient être repris par d'autres et nous en perdions la maîtrise éditoriale. Nous continuerons à diffuser ces éléments, mais sans les surexploiter ».
Du côté du CSA, rien ne filtre sur une éventuelle demande particulière de l’organe de régulation à destination de la première chaîne française. « TF1 fait ce qu’il veut. On n’a rien de plus à dire que ce qui a déjà été déclaré », à savoir : « que ces propos ne soit pas rediffusés ». « On a instruit un dossier, et on prendra tout ça en compte ». « Est-ce que c’est une conséquence ? Ça, je ne peux pas vous dire ».
Ce n'est pas la première fois que l'affaire Mohamed Merad conduit à se poser des questions sur les limites de la liberté d'information et de communication. L'éventualité d'un blocage de la diffusion des films réalisés par le tueur et envoyés à Al-Jazira nous avait d'ailleurs conduit à éluder les possibilités concrètes d'une telle décision, notamment en ce qui concernait Internet (Voir notre article : Que peut faire l'Intérieur en cas de diffusion de la vidéo de Mohamed Merah ?).
(Mise à jour) Comme on peut le constater, TF1 vient de supprimer l'émission 7 à 8 qui était disponible sur son site. A la place, la dernière émission accessible est celle du 1er juillet.
Ce matin :
Depuis quelques minutes...
Et sur Wat.tv, la plateforme de TF1, même constat :
Il y a 343 commentaires
Diffusé juste les morceaux bien choisis hors contexte... Bravo TF1 :)

Bah ouais t'as vu.
En tout cas, je suis content d'avoir banni TF1 de mes chaines ^^
Edité par Esod le lundi 9 juillet 2012 à 10:25
On a les enregistrements sous les yeux.
L'état a menti.
Sarkozy, démission !
Les questions qui se posent sont les suivantes :
- qui a sorti les bandes pour diffusion publique ?
- dans quel intérêt ?
- au profit de qui ?
TF1 n'est qu'en bout de chaîne, si j'ose dire. Car ces documents sont couverts par le secret de l'instruction, et je doute fort que le juge chargé du dossier soit négligent au point de les laisser traîner au vu et au su de tous...
A suivre...
En tout cas, je suis content d'avoir banni TF1 de mes chaines ^^
Les gens qui pensent que 80% de l'antiterrorisme en France devrait pointer à pôle emploi en compagnie de 80% de leurs collègues des BACs
Aussi quand ils s'essaient au scoop, ils se frottent au vrai regard qu'ont les gens sur leur chaine : de la merde.
J'espère bien que TF1 va se prendre un retour de bâton là où il faut, même Al-Jazira - qui pourtant dans sa version arabe se contrefout de la sensibilité des victimes - avait décidé de faire profil bas ...
Les questions qui se posent sont les suivantes :
- qui a sorti les bandes pour diffusion publique ?
Merah lui même a priori qui les aurait transmises via un tel à sa famille. Aujourd'hui l'avocate de sa famille de ce que j'en sais les a dévoilées en Algérie puis les a remises au parquet suite à sa demande.
- dans quel intérêt ?
Retourner l'antiterrorisme Français qui l'a utilisé a priori. Je pense globalement faire se tenir tranquille les jeunes loosers proches du salafisme car ce type d'action est totalement contre productive pour eux.
- au profit de qui ?
Dieu bien entendu

Edité par yvan le lundi 9 juillet 2012 à 10:32














