TVA réduite sur les livres numériques : la France mise en demeure par l'UE
Cette histoire sent l'ebook
L’Union européenne a annoncé hier qu’elle ouvrait une procédure d’infraction contre la France, en raison du taux réduit de TVA appliqué aux livres numériques. D’après la Commission, cette mesure fiscale est contraire à la législation de l’Union, et trouble la concurrence au sein du marché intérieur européen. Cette nouvelle semble remettre un peu plus en question les projets du Gouvernement, qui a pourtant réaffirmé la semaine dernière qu’il souhait faire passer la TVA des livres papiers et numériques à un taux de 5,5 %.
Ce n’est pas une surprise. La France avait déjà été prévenue par la Commission européenne que l’adoption d’un taux de TVA réduit pour les livres numériques n’était pas conforme aux règles de l’Union. Bruxelles a donc fait un premier pas vers une sanction de l’État français, qui a ainsi reçu hier une mise en demeure officielle.
La France et le Luxembourg dans le collimateur de Bruxelles
Dans son communiqué, la Commission explique que « le téléchargement de livres numériques est considéré comme un service fourni par voie électronique ». Ce dernier n’est toutefois pas inclus dans la liste des biens énoncés par la directive TVA (PDF). Celui-ci « ne peut donc bénéficier du taux réduit » de TVA, de l’ordre de 7 % depuis janvier 2012. Aux côtés de la France, le Luxembourg est lui aussi mis en demeure. Le taux de TVA sur les livres numériques y est là-bas de 3 %.
Au-delà de ses motifs juridiques, Bruxelles précise que cette mesure fiscale est à l’origine de « graves distorsions de concurrence » au sein du marché commun. Il est ainsi rappelé que les « règles actuelles prévoient l'application du taux de TVA de l'Etat membre du prestataire, et non de celui du client ». Autrement dit, lorsque vous achetez un bien, vous payez la TVA en fonction de là où vous vous trouvez. Or, pour un livre numérique, vous vous acquittez de cette taxe d’après l’endroit où se trouve le prestataire, mais vous pouvez le commander depuis n'importe où. De nombreuses entreprises peuvent ainsi avoir été tentées de s’installer dans un État membre en raison de sa fiscalité avantageuse. Les pays respectant les règles communes se trouvent de ce fait pénalisés.
Négociations en vue
Face à cet avertissement officiel, la ministre de la Culture a réaffirmé elle aussi sa position, à savoir afficher sa détermination. « La France continuera à mener son travail d'argumentation et de persuasion auprès de la Commission et de ses partenaires », peut-on lire dans le communiqué officiel de la rue de Valois. La semaine dernière, Aurélie Filippetti avait déjà expliqué qu’elle souhait faire « entendre sa voix à Bruxelles », notamment en rencontrant Joaquín Almunia, commissaire européen en charge de la concurrence, le 9 juillet prochain.
La ministre avait précisé à cette occasion que le passage de la TVA des livres, papiers et numériques, était désormais inscrite dans le collectif budgétaire sur lequel s’exprimeront les parlementaires dans les semaines à venir. L’entrée en vigueur de cette mesure fiscale fut même évoquée, suggérant une possible application avant la fin de l'année.
La France dispose désormais d’un délai d’un mois pour répondre à la Commission européenne. Passé ce laps de temps, Bruxelles pourrait émettre un avis demandant aux autorités de changer la législation, seconde étape à la procédure d'infraction.
Il y a 24 commentaires
ou par la hausse de la TVA dans ce cas
Alors à ce moment là on met toutes les taxes au même niveau parce que quid des microsoft ou Google installés en Irlande car les taxes sont plus faibles...
ou par la hausse de la TVA dans ce cas
ben tu respectes pas les règles que t'as toi-même acceptées (voire même créées dans le cas de l'UE), t'es sanctionné, logique.
surtout vive la France qui taxe (enfin ça dépend qui) et qui subventionne (enfin, ça dépend qui aussi).
prends la copie privée, le taux de la RCP est clairement bien plus élevé en France que dans d'autres pays de l'Union.
je taxe, je subventionne.
d'autres choisissent de moins taxer, et moins subventionner (le luxembourg par exemple).
- ça fait plaisir a Bruxelles
- ça fait des sous en plus pour l’État
- ça gène pas grands monde puisque la plus part des gros vendeurs ne sont déjà plus en France depuis longtemps.
A force de vouloir tout contrôler, on pourrait peut être envisager de supprimer les gouvernement et n'avoir qu'un pays avec une seule loi/règle pour tous. Bien sur on montant toutes les taxes aux maximum pour compenser les pays en crise.
- ça fait plaisir a Bruxelles
- ça fait des sous en plus pour l’État
- ça gène pas grands monde puisque la plus part des gros vendeurs ne sont déjà plus en France depuis longtemps.
A force de vouloir tout contrôler, on pourrait peut être envisager de supprimer les gouvernement et n'avoir qu'un pays avec une seule loi/règle pour tous. Bien sur on montant toutes les taxes aux maximum pour compenser les pays en crise.
l'idée serait plus un fédéralisme comme aux USA.
Mais faudrait clairement unifier les taxes en europe, toutes les petites iles anglaise qui sont des paradis fiscaux, monaco, chipre etc ne sont attirant pour les boites que par les taxes (ou en l’occurrence leurs absence) et donc distordent la libre concurrence si chère à bruxelle...
- ça fait plaisir a Bruxelles
- ça fait des sous en plus pour l’État
- ça gène pas grands monde puisque la plus part des gros vendeurs ne sont déjà plus en France depuis longtemps.
A force de vouloir tout contrôler, on pourrait peut être envisager de supprimer les gouvernement et n'avoir qu'un pays avec une seule loi/règle pour tous. Bien sur on montant toutes les taxes aux maximum pour compenser les pays en crise.
Ouais enfin non...
Quand je vois que les 1.5% de hausse de la TVA c'est transformé en 10-15% de hausse dans l'alimentaire/restauration je dis non merci...
A force de vouloir tout contrôler, on pourrait peut être envisager de supprimer les gouvernement et n'avoir qu'un pays avec une seule loi/règle pour tous. Bien sur on montant toutes les taxes aux maximum pour compenser les pays en crise.
Pas besoin de supprimer les gouvernements pour avoir à supporter les pays en déficit, c'est aussi ca de vivre en communauté.
Par contre, je suis pour la suppression des gouvernements et le passage à une Europe des régions
Alors à ce moment là on met toutes les taxes au même niveau parce que quid des microsoft ou Google installés en Irlande car les taxes sont plus faibles...
J'ai bien fait de lire les commentaires avant de commenter moi même, comme ça je peux dire "+1" au lieu de "grillé"










