Le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), qui représente l’industrie du disque, a répondu à la fondation Jean Jaurès, laquelle avait publié le 29 mai dernier une note relative à l’ « économie des biens numériques culturels » (voir notre article : La Fondation Jean Jaurès favorable à une licence globale européenne). Dans cette réponse détaillée de 12 pages, révélée par nos confrères d’ElectronLibre (et disponible ici en PDF), l’association s’évertue à pointer les défauts et erreurs du travail fourni par la fondation proche de la gauche, tout en expliquant les raisons de ses désaccords.
La réponse du SNEP commence par une lettre signée de son directeur général, David El Sayegh, qui s’attaque d’entrée à l’anonymat des auteurs de la note. En effet, même si cette dernière a été publiée par la fondation Jean Jaurès, c’est le GRECs qui l’a écrite, un groupe présenté comme composé de « fonctionnaires travaillant dans le domaine de la culture ». Suggérant que ces individus « n’assument pas leurs préconisations », David El Sayegh les invite à se dévoiler, « afin que le débat contradictoire qu’ils appellent de leurs vœux puisse avoir lieu ».
S’ensuit alors la dénonciation « d’erreurs factuelles, d’omission, d’assertions non étayées », qui témoignent selon le SNEP « d’une volonté de couper court à toute tentative de régulation sur Internet en reprenant à son compte une vision populiste, car antagoniste et simpliste, des enjeux de la filière musicale ». Le décor posé, revenons sur certains éléments ayant suscité l’indignation du SNEP.
Force est de constater qu’une chanson se copie et se transfère désormais d’un ordinateur à un autre pour un coût « proche de zéro », peu importe si ce processus est licite ou non. La démonstration des GRECs semblait ainsi surtout destinée à caractériser le partage non-marchand des œuvres, lui aussi fortement critiqué par le SNEP. « Les mises à disposition illicites d’enregistrements protégés sur les réseaux de Pair à Pair ne peuvent être assimilées à des échanges, encore moins à des correspondances privées réalisées dans une sphère non marchande » estiment la réponse des industriels du disque, jurisprudence à l’appui.
Pour le SNEP, la licence globale est tout d’abord « irréaliste » d’un point de vue économique, les estimations d’une contribution comprise entre « deux et sept euros par mois » sur chaque abonnement étant largement insuffisante. Pour qu’un prélèvement puisse aussi compenser les filières du cinéma, du livre et du jeu vidéo, les calculs du SNEP estiment qu’il faudrait « une somme de 39 euros par mois et par abonné ». Cette proposition serait d’autant plus préjudiciable que cela reviendrait à « anéantir l’offre numérique légale » et de « porter un coup sérieux aux détaillants de produits physiques ».
Le SNEP liste ensuite différentes barrières juridiques que pourrait rencontrer une licence globale, affirmant notamment qu'elle serait « contraire à la Constitution », mais également « aux engagements internationaux de la France ». De toute façon, le débat stérile pour les industriels du disque : « le président de la République a écarté sans ambiguïté cette option durant sa campagne ». Enfin, s’agissant de la transformation de la Hadopi en « compteur universel » des échanges d’œuvres numériques, elle gagne le titre de « mesure digne du concours Lépine ».
Contactée par PC INpact, la Fondation Jean Jaurès nous a expliqué avoir transmis cette réponse aux membres du GRECs, à qui il appartiendra éventuellement de répondre.
La réponse du SNEP commence par une lettre signée de son directeur général, David El Sayegh, qui s’attaque d’entrée à l’anonymat des auteurs de la note. En effet, même si cette dernière a été publiée par la fondation Jean Jaurès, c’est le GRECs qui l’a écrite, un groupe présenté comme composé de « fonctionnaires travaillant dans le domaine de la culture ». Suggérant que ces individus « n’assument pas leurs préconisations », David El Sayegh les invite à se dévoiler, « afin que le débat contradictoire qu’ils appellent de leurs vœux puisse avoir lieu ».
S’ensuit alors la dénonciation « d’erreurs factuelles, d’omission, d’assertions non étayées », qui témoignent selon le SNEP « d’une volonté de couper court à toute tentative de régulation sur Internet en reprenant à son compte une vision populiste, car antagoniste et simpliste, des enjeux de la filière musicale ». Le décor posé, revenons sur certains éléments ayant suscité l’indignation du SNEP.
Une « lecture biaisée des effets de la riposte graduée » selon le SNEP
Parmi les reproches adressés à la Fondation Jean Jaurès, le SNEP estime que cette note « omet de citer les conséquences de la mise en œuvre de la réponse graduée sur les services en ligne illicites ». Plus précisément, les industriels du disque blâment la fondation pour avoir occulté l’impact d’Hadopi sur les pratiques de P2P, qui aurait - d’après eux - permis un « recul du téléchargement illégal via les plateformes de peer to peer de 28 % » entre octobre 2010 et décembre 2011. De plus, affirment les majors, cela aurait conduit à la désertion de 1,64 million de personnes de ces services durant la même période.Débats d'intentions autour du coût de la musique enregistrée à l’heure du numérique
Le SNEP revient ensuite sur un postulat soulevé par les auteurs de la note, selon lequel « le bien numérique est reproductible à l’infini et transportable pour un coût proche de zéro ». Une affirmation qui serait « à la fois inexacte et ne prenant pas en compte la spécificité des coûts engagés par les producteurs dans le cadre de la production de musique enregistrée ». La réponse des industriels du disque part alors dans le détail des coûts qui lui sont propres, relatifs notamment à la production des titres ou à la mise en ligne des catalogues musicaux. Pourtant, la note de la fondation semblait assez explicite sur ce point là : « dès lors que l’œuvre existe et que l’on peut y accéder, personne n’a intérêt à la payer ».Force est de constater qu’une chanson se copie et se transfère désormais d’un ordinateur à un autre pour un coût « proche de zéro », peu importe si ce processus est licite ou non. La démonstration des GRECs semblait ainsi surtout destinée à caractériser le partage non-marchand des œuvres, lui aussi fortement critiqué par le SNEP. « Les mises à disposition illicites d’enregistrements protégés sur les réseaux de Pair à Pair ne peuvent être assimilées à des échanges, encore moins à des correspondances privées réalisées dans une sphère non marchande » estiment la réponse des industriels du disque, jurisprudence à l’appui.
Virulente critique du projet de licence globale européenne
S’agissant du cœur de la note des GRECs, qui visait à faire la promotion d’une licence globale européenne, le SNEP explique les raisons de sa profonde opposition à une telle solution, déplorant au passage le manque de précision de la note de la Fondation Jean Jaurès concernant ce sujet.Pour le SNEP, la licence globale est tout d’abord « irréaliste » d’un point de vue économique, les estimations d’une contribution comprise entre « deux et sept euros par mois » sur chaque abonnement étant largement insuffisante. Pour qu’un prélèvement puisse aussi compenser les filières du cinéma, du livre et du jeu vidéo, les calculs du SNEP estiment qu’il faudrait « une somme de 39 euros par mois et par abonné ». Cette proposition serait d’autant plus préjudiciable que cela reviendrait à « anéantir l’offre numérique légale » et de « porter un coup sérieux aux détaillants de produits physiques ».
Le SNEP liste ensuite différentes barrières juridiques que pourrait rencontrer une licence globale, affirmant notamment qu'elle serait « contraire à la Constitution », mais également « aux engagements internationaux de la France ». De toute façon, le débat stérile pour les industriels du disque : « le président de la République a écarté sans ambiguïté cette option durant sa campagne ». Enfin, s’agissant de la transformation de la Hadopi en « compteur universel » des échanges d’œuvres numériques, elle gagne le titre de « mesure digne du concours Lépine ».
Quand promoteurs et détracteurs se rejoignent...
Dans la conclusion de sa lettre, David El Sayegh déclare que « Les GRECs (...) pourraient ainsi se voir appliquer la fameuse phrase du penseur communiste italien Antoni Gramsci « lorsque l’ancien monde se meurt et que le nouveau tarde à naître ; dans ce clair-obscur naissent les nouveaux monstres ». ». Une citation déjà utilisée par des opposants à Hadopi, et pas n’importe lesquels, puisque l’actuelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti l’avait prononcée à l’Assemblée nationale le 29 juillet 2009 (voir notre article : Quand Jean-Marc Ayrault et Aurélie Filippetti s'opposaient à Hadopi).Contactée par PC INpact, la Fondation Jean Jaurès nous a expliqué avoir transmis cette réponse aux membres du GRECs, à qui il appartiendra éventuellement de répondre.
Le 25 juin 2012 à 08:09
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Il y a 78 commentaires
GoldenTribal
Le lundi 25 juin 2012 à 14:47:49
#61
Inscrit
le mardi 13 octobre 09
-
3788
commentaires
Sur PCI, nous sommes vendeurs de beurre et fier de l'être
Au fait, en 2012, comment ce portent les phonographes de ce "Syndicat National de l'Edition Phonographique" ?
Guerre de tranchées
C'est clair comme de l'éther (esprit de corps), la moutarde monte au nez.
"Elle est forte, celle-là !"

Suggérant que ces individus « n’assument pas leurs préconisations », David El Sayegh les invite à se dévoiler, « afin que le débat contradictoire qu’ils appellent de leurs vœux puisse avoir lieu ».
... afin que nous prenions note des "employes qui tirent contre leur camp".
S’ensuit alors la dénonciation « d’erreurs factuelles, d’omission, d’assertions non étayées »,
Hopital, charite, tout ca...
les industriels du disque blâment la fondation pour avoir occulté l’impact d’Hadopi sur les pratiques de P2P, qui aurait - d’après eux - permis un « recul du téléchargement illégal via les plateformes de peer to peer de 28 % » entre octobre 2010 et décembre 2011.
Sauf que ces chiffres sont tres douteux, et tres discutes. Qui parlait a l'instant "d'assertions non etayees"?
Les mises à disposition illicites d’enregistrements protégés sur les réseaux de Pair à Pair ne peuvent être assimilées à des échanges, encore moins à des correspondances privées réalisées dans une sphère non marchande
Je crois que presque personne ne dit le contraire. C'est bien pour cela que nous appelons a une evolution du droit d'auteur, trop restrictif dans un monde numerique ou tout usage est "copie". Et pas une "evolution" a coup de lois achetees par des lobbies qui n'ont absolument pas l'interet public a l'esprit.
le SNEP explique les raisons de sa profonde opposition à une telle solution, déplorant au passage le manque de précision de la note de la Fondation Jean Jaurès concernant ce sujet.
Ca manque de precisions parce que personne ne veut en discuter. Un debat sur le sujet pourrait apporter les precisions demandees. De plus, je trouve triste que l'on continue a se focaliser sur une seule solution alternative alors que les propositions ne manquent pas.
Apres, c'est une technique connue qui consiste a choisir les arguments auxquels on repond.
Les GRECs (...) pourraient ainsi se voir appliquer la fameuse phrase du penseur communiste italien Antoni Gramsci « lorsque l’ancien monde se meurt et que le nouveau tarde à naître ; dans ce clair-obscur naissent les nouveaux monstres ».
Paille, poutre, tout ca...
En ce qui concerne les jv, il y a les abonnements (aux serveurs, ...)
En ce qui concerne les livres, il y a les conférences, événements et collaboration (journaux, ...).
on sent que t'es allé les chercher loin tes exemples foireux
On paie bien une compensation pour cela. Donc il faut être cohérent. Ils ne veulent pas que cela se diffuse? Bien on supprime également la copie privée qui ne devrait pas exister dans ce cas. Il n'y a que si cette taxe saute qu'on pourrait légitimer de s'attaquer aux échanges non-commerciaux, puisqu'on les as légitimé avec la copie privée (qui doit bien permettre d'échanger des titres de manière non-commercial sans l'accord de l'auteur, bou nous somme déjà dans une méchante dictature).
Copie privée, Echange ?? Je ne sais pas ce qui est sous-entendu par copie-privée mais celle qui est inscrite dans la loi ne comprend aucun échange (d'une personne à une autre)....
Edité par dam1605 le mardi 26 juin 2012 à 08:48
Copie privée, Echange ?? Je ne sais pas ce qui est sous-entendu par copie-privée mais celle qui est inscrite dans la loi ne comprend aucun échange (d'une personne à une autre)....
Ha oui, merci, tu m'as fait vérifier l'histoire du cercle familiale et il s'avère que c'est effectivement faux. Il n'y a pas de limites, ce sont juste bien les représentations qui sont limités au cercle familiale. En fait, la copie privée est en fait théoriquement illimité, même pas besoin de modification de la loi pour y faire entré logiquement le P2P.
on sent que t'es allé les chercher loin tes exemples foireux
tu as du te creuser les neurones, bel effort...
Gouré de personne.
Gouré de personne.

nan nan, prétendre que les jeux peuvent se démerder en devenant tous des mmo ou en bridant les gens à du online en mode d3, et que les écrivains n'ont qu'à faire des confs, c'est juste beau :p
Bref, comme d'hab, pas de solution simple satisfaisant grand monde .. :p
Edité par tim-timmy le mardi 26 juin 2012 à 12:57
nan nan, prétendre que les jeux peuvent se démerder en devenant tous des mmo ou en bridant les gens à du online en mode d3, et que les écrivains n'ont qu'à faire des confs, c'est juste beau :p
Bref, comme d'hab, pas de solution simple satisfaisant grand monde .. :p
Bref, comme d'hab, pas de solution simple satisfaisant grand monde .. :p
En comme d'habitude comme caniche de la Hadopi il n'y a pour toi pas d'autre politique possible que de fliquer tout le monde.
Juste un petit :p final pour faire accepter tout ça, comme les types rigolards qui passent sur tout les plateaux télés pour faire passer la Rigueur©.
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