L’EFF (Electronic Frontier Foundation) a publié un long message dédié à Apple et Microsoft. Au programme, les univers fermés qu’ils représentent et les améliorations qu’ils pourraient mettre en place pour que les utilisateurs se sentent libres. Bien que la firme de Redmond soit visée essentiellement sur les changements débarquant avec Windows 8, c’est surtout celle de Cupertino qui essuie le gros des critiques.
Principale cible de l’EFF : l’App Store. Certes la boutique fournit un moyen simple d’installer des applications, qu’elles soient gratuites ou payantes. Certes elle fournit toutes les mises à jour de manière centralisée. Mais elle est à la source de ce que la fondation nomme la « prison de cristal » : un environnement très agréable mais dont les règles sont dictées de manière tyrannique.
C’est ainsi qu’Apple peut refuser les applications qui ne lui plaisent pas. L’EFF cite en exemple l’application WikiLeaks ou un eBook sur le Kama Sutra. Une Javel numérique qui, si elle est diluée légèrement avec les années, reste omniprésente. Car contrairement à Android, Apple ne propose aucune source alternative pour installer des applications. La boutique tierce Cydia existe bien, mais elle est réservée à ceux qui jailbreakent leur iPhone ou iPad.
Et de rappeler que le cas des applications sous licence GPL reste problématique. La faute encore une fois à Apple qui modifie les binaires, ce qui réclame l’approbation de tous les auteurs. La fondation rappelle d’ailleurs le cas de l’application mobile VLC qui fut retirée de la boutique suite à un désaccord entre les développeurs. Pour l’EFF, la raison principale de cette protection renforcée réside dans les bénéfices générés par les applications puisque Apple garde 30 % des recettes générées. Si l’iPhone était vendu ouvert aux boutiques tierces, le chiffre d’affaires s’en ressentirait.
Et ce qui existe dans iOS pourrait se répéter dans Mac OS X selon l’EFF avec l’arrivée de GateKeeper. Cette nouvelle protection, incluse dans Mountain Lion, n’autorise par défaut que les applications provenant de l’App Store et les applications signées. Pour le second cas, les développeurs doivent être enregistrés dans le programme des développeurs à 99 dollars par an. Mais la fondation estime que la fenêtre de sécurité affichée par GateKeeper laisse trop à penser que le meilleur réglage est de n’autoriser que les applications de l’App Store.
Mais Windows RT ne bénéficiera pas du même traitement sur les tablettes ARM. Le Secure Boot y sera obligatoire et Microsoft ne souhaite pas qu’il soit possible d’installer autre chose que Windows 8. Microsoft reprend le modèle de l’iPad, ce qui représente pour l’EFF un futur dangereux.
Le lien fort unissant le matériel et le logiciel permet aux firmes de maitriser fermement leurs produits et d’offrir certains avantages en termes de simplicité : il est très tentant de vouloir rendre un appareil aussi simple qu’un produit électroménager. Reste évidemment toute la frange des utilisateurs qui voudraient aller plus loin et qui n’ont que peu de choix, sinon essentiellement Android.
Apple, parfait exemple de la prison de cristal
L’EFF rebondit directement sur un appel lancé il y a deux semaines par Steve Wozniak, co-fondateur d’Apple, qui invitait la société à s’ouvrir à certaines catégories d’utilisateurs, notamment ceux qui aiment bidouiller. La fondation confirme que les produits Apple ont des qualités, mais qu’ils sont englués dans une « hideuse liste de restrictions ». L’EFF ne considère plus simplement Apple comme un simple vendeur d’appareils mobiles puisque la firme « a changé la manière dont nous percevons l’informatique mobile avec l’iPhone ». Une manière en somme d’induire une certaine forme de responsabilité, alimentée par les ventes insolentes qu’enregistre la société.Principale cible de l’EFF : l’App Store. Certes la boutique fournit un moyen simple d’installer des applications, qu’elles soient gratuites ou payantes. Certes elle fournit toutes les mises à jour de manière centralisée. Mais elle est à la source de ce que la fondation nomme la « prison de cristal » : un environnement très agréable mais dont les règles sont dictées de manière tyrannique.
C’est ainsi qu’Apple peut refuser les applications qui ne lui plaisent pas. L’EFF cite en exemple l’application WikiLeaks ou un eBook sur le Kama Sutra. Une Javel numérique qui, si elle est diluée légèrement avec les années, reste omniprésente. Car contrairement à Android, Apple ne propose aucune source alternative pour installer des applications. La boutique tierce Cydia existe bien, mais elle est réservée à ceux qui jailbreakent leur iPhone ou iPad.
Et de rappeler que le cas des applications sous licence GPL reste problématique. La faute encore une fois à Apple qui modifie les binaires, ce qui réclame l’approbation de tous les auteurs. La fondation rappelle d’ailleurs le cas de l’application mobile VLC qui fut retirée de la boutique suite à un désaccord entre les développeurs. Pour l’EFF, la raison principale de cette protection renforcée réside dans les bénéfices générés par les applications puisque Apple garde 30 % des recettes générées. Si l’iPhone était vendu ouvert aux boutiques tierces, le chiffre d’affaires s’en ressentirait.
Et ce qui existe dans iOS pourrait se répéter dans Mac OS X selon l’EFF avec l’arrivée de GateKeeper. Cette nouvelle protection, incluse dans Mountain Lion, n’autorise par défaut que les applications provenant de l’App Store et les applications signées. Pour le second cas, les développeurs doivent être enregistrés dans le programme des développeurs à 99 dollars par an. Mais la fondation estime que la fenêtre de sécurité affichée par GateKeeper laisse trop à penser que le meilleur réglage est de n’autoriser que les applications de l’App Store.
Windows 8 : la situation dérape pour l’EFF
La fondation s’en prend également à Microsoft, mais de moindres proportions. Windows 8 requiert ainsi des constructeurs, s’ils souhaitent apposer la certification sur leurs machines, d’activer le Secure Boot. Ce dernier, qui fait partie des spécifications de l’UEFI, n’autorise ce dernier qu’à démarrer sur des bootloaders signés. Pour les ordinateurs, Microsoft demande que les constructeurs laissent toujours le choix de pouvoir le désactiver, afin que les utilisateurs installent d’autres systèmes d’exploitation.Mais Windows RT ne bénéficiera pas du même traitement sur les tablettes ARM. Le Secure Boot y sera obligatoire et Microsoft ne souhaite pas qu’il soit possible d’installer autre chose que Windows 8. Microsoft reprend le modèle de l’iPad, ce qui représente pour l’EFF un futur dangereux.
Un projet de loi
L’EFF aimerait qu’un projet de loi soit mis en place pour que les utilisateurs bénéficient de quatre droits bien précis:- Les utilisateurs ne devraient pas être limités aux seules applications d’une boutique particulière
- Si l’utilisateur le souhaite, il devrait pouvoir obtenir les droits administrateurs/root afin de modifier le système mobile comme il l’entend
- La possibilité d’installer le système d’exploitation qu’ils souhaitent
- Des garanties matérielles clairement indépendantes des garanties logicielles
Le lien fort unissant le matériel et le logiciel permet aux firmes de maitriser fermement leurs produits et d’offrir certains avantages en termes de simplicité : il est très tentant de vouloir rendre un appareil aussi simple qu’un produit électroménager. Reste évidemment toute la frange des utilisateurs qui voudraient aller plus loin et qui n’ont que peu de choix, sinon essentiellement Android.
Source :
EFF
Vincent Hermann
Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.
Le 31 mai 2012 à 16:55
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Il y a 66 commentaires
Litteulquentin
Le jeudi 31 mai 2012 à 17:46:32
#21
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Les adresses ne sont assignées au hasard, un registre d'adresses assure (normalement) l'unicité, un peu comme les adresses IP.
Ah bah je ne le savais pas ca... j'aurais du mieux suivre les cours de réseaux...
Les adresses ne sont assignées au hasard, un registre d'adresses assure (normalement) l'unicité, un peu comme les adresses IP.
y'a des plages par fabricants
http://www.frameip.com/ethernet-oui-ieee/affichage-ethernet-oui-ieee.php par exemple
Tout est dit je pense.
Qui peut nier le fait que la biodiversité est un plus en informatique ?
Qui peut nier le fait que la biodiversité est un plus en informatique ?
J'ajouterai:
- qu'autoriser (voir encourager) la 'biodiversité' n'est pas incompatible avec le fait de proposer une solution simple et homongène par défaut pour l'utilisateur 'Michu'.
- qu'au delà de la fermeture des usages, il y a aussi la fermeture dans les formats des données, qui est un problème au moins aussi crucial que celui de l'enfermement de l'utilisateur dans un écosystème soft/matériel particulier (et souvent monopolistique)
- que PCI, comme d'autres médias spécialisés devraient avoir une sensibilité à cet égard et vulgariser ce genre de problématique. Il est bien malheureux de voir un PCI capable de multiplier les analyses (à raison) sur certains sujets (genre HADOPI) pendant que dans le même temps ce genre d'autre problématique, au moins aussi importante, est complètement occultée (cet article étant l'exception qui confirme la règle).
Edité par brazomyna le jeudi 31 mai 2012 à 17:52
Ah bah je ne le savais pas ca... j'aurais du mieux suivre les cours de réseaux... 

Tu saurais aussi que 6 octets ça repésente 65000 fois plus d'adresse possibles que l'ensemble des adresses IPv4. Donc ça laisse (un peu de) marge.
Edité par brazomyna le jeudi 31 mai 2012 à 17:52
Autant je trouve ce combat louable, autant il existe un réel manque de précision quant à ce qu'est un ordinateur.
Bin... à partir du moment ou c'est un objet dont tu peux programmer le fonctionnement c'est un "ordinateur".
Holly Brius
Le jeudi 31 mai 2012 à 17:53:21
#26
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Les utilisateurs ne devraient pas être limités aux seules applications d’une boutique particulière
suffit de 3 clics et un mdp pour contourner définitivement cette limitation...
Holly Brius
Le jeudi 31 mai 2012 à 17:57:29
#27
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Avez vous déjà essayé de développer sur iPad ?
Apparemment y en a quelques dizaines de milliers qui y arrive très bien...
Ca me permet de poser justement une question que j'ai envoyé directement à PCINpact, faute de trouver la réponse sur le Net.
ITunes limite les copies de musique téléchargées via l'AppStore à 10 appareils dont 5 ordinateurs maximum. Ils gardent chez eux des "identifiants" des Pc autorisés et liés au compte ITunes.
Comment font ils? Et surtout sur quelle partie matérielle ils s'appuyent?!
ITunes limite les copies de musique téléchargées via l'AppStore à 10 appareils dont 5 ordinateurs maximum. Ils gardent chez eux des "identifiants" des Pc autorisés et liés au compte ITunes.
Comment font ils? Et surtout sur quelle partie matérielle ils s'appuyent?!
Les Mac connaissent leur numéro de série (ça doit être en ROM quelque part…) donc pour eux c'est facile. Pour les iDevices, j'imagine que c'est pareil. Pour les PC/Windows, je ne sais pas par contre…
Ca me fait penser qu'il faut que j'essaye podlinux sur mon vieil iPod.
Comme quoi ... d'ici à ce qu'on ait bouilloirelinux ou cafetièrelinux y'a pas loin ...
ça marche plutôt bien (sauf les vidéos) et surtout plus besoin de passer par iTunes.
Tu saurais aussi que 6 octets ça repésente 65000 fois plus d'adresse possibles que l'ensemble des adresses IPv4. Donc ça laisse (un peu de) marge.
65536, stp…
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