Depuis hier, Google met a disposition du public des données relatives aux demandes de suppression des contenus protégés par le droit d’auteur. Un dispositif qui permet d'apprécier plus précisément les démarches engagées par les ayants droit pour purger les moteurs de recherche. Un effort de transparence de la part de Google qui est notable...
Depuis deux ans, Google publie grâce à son Transparency Report (disponible ici) différentes données, relatives notamment aux demandes émanant d’autorités sollicitant la suppression de certains contenus publiés au travers de ses services. Hier, la firme de Moutain View a annoncé que cette transparence s’étendrait désormais aux requêtes sollicitant le retrait de contenus protégés par le droit d’auteur. Ainsi, le géant de l’Internet met en avant sa volonté d’améliorer la « transparence » de ses services, qui constitue selon lui « une valeur essentielle ». « Nous espérons que cette plus grande transparence apportera des informations qui seront utiles aux discussions actuelles sur la portée et l'autorité de régulation qu'il convient d'appliquer aux contenus en ligne ».
Même si les données publiées ne débutent qu’au mois de juillet 2011, on peut néanmoins noter qu’entre la semaine du 18 juillet 2011 et celle du 14 mai 2012, ces requêtes ont augmenté de plus de 220 %. « Il n'est pas rare pour nous de recevoir plus de 250 000 demandes chaque semaine, ce qui est plus que ce que les propriétaires de droits d'auteur nous ont demandé de supprimer pour l'ensemble de l’année 2009 ».
Il faut savoir que « 97% des résultats de recherche spécifiés dans les demandes reçues entre juillet et décembre 2011 » ont été retirés, ce qui permet d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène.
Ces organisations agissent la plupart du temps au nom des titulaires des droits d'auteur, qui s'estiment lésés par ces prétendues atteintes. À travers ces représentants, ce sont les intérêts de Microsoft qui ont été le plus objet de requêtes, avec 2 544 209 demandes de suppression. Arrivent ensuite des acteurs de l’industrie musicale, dont les membres de la RIAA, puis de l’industrie du cinéma, notamment pornographique. Cumulées, les demandes de ces industriels dépassent celles relatives à la société de Bill Gates.
Les deux principaux domaines ciblés par ces demandes s'avèrent effectivement être des sites mettant à la disposition des internautes des liens vers des fichiers hébergés (FilesTube.com) ou Torrent (torrentz.eu, un méta-moteur). ThePirateBay.org se retrouve quant à lui en quinzième position, avec 80 429 demandes de suppression. Cela représente tout de même un nombre de pages proche des 5 % du total de celles indexées par le domaine entier.
À cet égard, il apparait qu’« en mai 2012, [le] délai moyen de traitement (...) [fut] d'environ 10 heures ». Un délai qui semble relativement court pour avoir le temps de vérifier la véracité des informations fournies par les auteurs des requêtes. Néanmoins, au cas où un retrait injustifié aurait eu lieu, Google met à la disposition du public un « formulaire de notification de contestation ».
Ceci est d’autant plus dommage que ces compléments d’information avaient pourtant été partagés par Google et diffusés sur le site ChillingEffects dans le passé. On peut ainsi y retrouver des copies de requêtes, le site ayant pour but de protéger les contenus en ligne contre certaines menaces légales, comme le précise Wikipedia.
Depuis hier, Google met a disposition du public des données relatives aux demandes de suppression des contenus protégés par le droit d’auteur. Un dispositif qui permet d'apprécier plus précisément les démarches engagées par les ayants droit pour purger les moteurs de recherche. Un effort de transparence de la part de Google qui est notable mais n'est néanmoins pas absolu.
Plus de demandes de retraits en une semaine que sur toute l’année 2009
Comme l’explique Google, « les titulaires de droits d'auteur et les organisations qui les représentent [lui] demandent de retirer du contenu qui ne respecte prétendument pas les droits d'auteur ou qui dirige les utilisateurs vers du contenu prétendument illicite ». D’après le Transparency Report, la firme de Mountain View aurait ainsi reçu 1 246 713 demandes de retraits le mois dernier.

Il faut savoir que « 97% des résultats de recherche spécifiés dans les demandes reçues entre juillet et décembre 2011 » ont été retirés, ce qui permet d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène.
Des requêtes émanant des industriels du divertissement et du logiciel
Google divulgue l'identité de ceux qui lui demandent d’effectuer ces suppressions, et propose même une fiche sur chacune de ces personnes ou entités. Parmi les organisations signalant le plus d’atteintes présumées, on retrouve notamment des industriels du divertissement comme NBC Universal ou la BPI - qui regroupe des majors britanniques. Ces derniers ont tous deux demandé la suppression de plus de 900 000 URL.Ces organisations agissent la plupart du temps au nom des titulaires des droits d'auteur, qui s'estiment lésés par ces prétendues atteintes. À travers ces représentants, ce sont les intérêts de Microsoft qui ont été le plus objet de requêtes, avec 2 544 209 demandes de suppression. Arrivent ensuite des acteurs de l’industrie musicale, dont les membres de la RIAA, puis de l’industrie du cinéma, notamment pornographique. Cumulées, les demandes de ces industriels dépassent celles relatives à la société de Bill Gates.
Les deux principaux domaines ciblés par ces demandes s'avèrent effectivement être des sites mettant à la disposition des internautes des liens vers des fichiers hébergés (FilesTube.com) ou Torrent (torrentz.eu, un méta-moteur). ThePirateBay.org se retrouve quant à lui en quinzième position, avec 80 429 demandes de suppression. Cela représente tout de même un nombre de pages proche des 5 % du total de celles indexées par le domaine entier.
Procédure expresse de retrait
Pour demander le retrait d’une URL par ses services, Google indique que les personnes ou entités s’estimant lésées doivent tout d’abord remplir un formulaire prévu à cet effet, et fournir des justificatifs. Le géant de l’Internet explique ensuite qu’en vertu du Digital Millennium Copyright Act, il « supprime ou désactive l'accès au contenu prétendument illicite lorsqu'il reçoit une demande qui répond à certaines exigences ». Ainsi, dès lors que Google est alerté, « les résultats de recherche qui dirigent les internautes vers un contenu portant atteinte aux droits d'auteur » sont supprimés.À cet égard, il apparait qu’« en mai 2012, [le] délai moyen de traitement (...) [fut] d'environ 10 heures ». Un délai qui semble relativement court pour avoir le temps de vérifier la véracité des informations fournies par les auteurs des requêtes. Néanmoins, au cas où un retrait injustifié aurait eu lieu, Google met à la disposition du public un « formulaire de notification de contestation ».
Une transparence relative
Les données publiées par Google indiquent quels sont les domaines concernés par les demandes de retrait, mais ne précisent pas les adresses URL exactes visées par ces requêtes. Autrement dit, seules certaines informations relatives aux signalements sont publiées par la société américaine.Ceci est d’autant plus dommage que ces compléments d’information avaient pourtant été partagés par Google et diffusés sur le site ChillingEffects dans le passé. On peut ainsi y retrouver des copies de requêtes, le site ayant pour but de protéger les contenus en ligne contre certaines menaces légales, comme le précise Wikipedia.
Source :
Google Transparency Report
Le 25 mai 2012 à 12:09
(13 336
lectures)
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Il y a 16 commentaires
Le site ChillingEffects est un must incontournable.
En examinant les diverses requêtes de suppression on découvre plein de "sites intéressants".
merci google
En examinant les diverses requêtes de suppression on découvre plein de "sites intéressants".
merci google
ChillingEffects, le paradis du pirate ;)
Source : Google Transparency Report
J'aurais bien aimé avoir droit à un "Transparency Report" quand Google m'a sucré mon compte Adsense avec aucune explication et comme seul justificatif : "Dans la mesure où nous devons protéger nos systèmes de détection propriétaires, nous ne pouvons pas fournir à nos éditeurs des informations détaillées sur l'activité de leur compte.".
Bref, ça me fait toujours marrer de lire "Google" et "Transparence" dans la même phrase...
1 246 713 demandes de retraits le mois dernier.
En un mois !!!
J'aurais bien aimé avoir droit à un "Transparency Report" quand Google m'a sucré mon compte Adsense avec aucune explication et comme seul justificatif : "Dans la mesure où nous devons protéger nos systèmes de détection propriétaires, nous ne pouvons pas fournir à nos éditeurs des informations détaillées sur l'activité de leur compte.".
Bref, ça me fait toujours marrer de lire "Google" et "Transparence" dans la même phrase...
+1
J'ai eu quelques démêlés avec youtube récemment. C'est juste impossible d'obtenir une info claire ou de contacter une vraie personne (ya que des robots là dedans) pour avoir une information précise.
Sans compter que ça m'a permis de découvrir que les CGU de youtube sont pleines de trous et d'approximations.
Heureusement (ou malheureusement pour nous) pour google qu'ils ont le monopole sur pas mal de choses, parce que s'il y avait de véritables concurrents, ils ne traiteraient pas leurs "client" comme ça.
Edité par aypierre le vendredi 25 mai 2012 à 13:50
Ce que j'aimerais bien connaitre, c'est le nombre d'abus de la part des demandeurs.
Sur toutes leurs demandes de retrait, combien concerne simplement des contenus concurrents?
Sur toutes leurs demandes de retrait, combien concerne simplement des contenus concurrents?
Ce que j'aimerais bien connaitre, c'est le nombre d'abus de la part des demandeurs.
Sur toutes leurs demandes de retrait, combien concerne simplement des contenus concurrents?
Sur toutes leurs demandes de retrait, combien concerne simplement des contenus concurrents?
Sans oublier qu'il y a des procédures automatiquement traitées dans pas mal de cas, et du blocage à tord. Et qui ne sont annulés qu'après détection et signalement de l'erreur.
Google fonctionne à l'envers de la plupart des systèmes judiciaire, en donnant la priorité à ceux qui dénoncent : "tu es présumé coupable à moins de prouver le contraire"
J'ai eu quelques démêlés avec youtube récemment. C'est juste impossible d'obtenir une info claire ou de contacter une vraie personne (ya que des robots là dedans) pour avoir une information précise.
Skynet est en marche !
Sans oublier qu'il y a des procédures automatiquement traitées dans pas mal de cas, et du blocage à tord. Et qui ne sont annulés qu'après détection et signalement de l'erreur.
Google fonctionne à l'envers de la plupart des systèmes judiciaire, en donnant la priorité à ceux qui dénoncent : "tu es présumé coupable à moins de prouver le contraire"
en bien ou en mal (figure purement rhétorique attendu que le bien n'a pas encore pu être détecté), c'est la tendance actuelle de la législation d'internet (SOPA, ACTA, HADOPI) où la charge de la preuve est renversée.
Ça a un côté très western "on tire d'abord, on discute, vérifie et s'excuse à la veuve après"... et ça pue.
Après, vu que tout le monde et n'importe qui attaque Google à la première occasion pour gagner du fric faire valoir ses droits légitimes (
), on ne peut pas en vouloir à Mountain View de limiter au possible les angles d'attaque (quitte à déféquer sur le bon sens et la présomption d'innocence ou de bonne fois)
WereWindle
Le vendredi 25 mai 2012 à 14:33:34
#10
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