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Abus de position dominante : l'Europe offre une porte de sortie à Google

A prendre ou à laisser

Accusé par plusieurs entreprises européennes d’abus de position dominante (antitrust) dans divers secteurs (principalement la recherche et la publicité), Google fait l’objet d’une enquête de la Commission européenne depuis désormais plus d’un an et demi. Sans pour autant être sous le coup de sanctions à court terme, l'enquête étant encore en cours, Google peut néanmoins craindre le pire selon les conclusions de la Commission. Cette dernière vient cependant de tendre la main à Google en l’incitant à présenter des propositions afin de mettre un terme à son enquête et à toutes sanctions potentielles.

google logo

La main tendue du commissaire à la Concurrence

Joaquín Almunia, vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, vient ainsi de publier une lettre (en anglais) sur le site de la Commission et destinée à Eric Schmidt. Ce dernier n’est certes plus le président de Google, mais il l’était lors des périodes qui impliquent la société suite aux plaintes déposées par plusieurs sociétés européennes. Cela explique pourquoi il est le destinataire de cette lettre d’Almunia, et non Larry Page, l’actuel PDG de Google.

Monsieur Almunia explique ainsi à Monsieur Schmidt que les conclusions préliminaires de la Commission européenne pointent « quatre sujets de préoccupation, où les pratiques commerciales de Google peuvent être considérées comme un abus de position dominante ».

Quatre secteurs problématiques

Ces quatre sujets sont les suivants :
  1. Dans les résultats de recherche de Google, la société affiche des liens vers ses propres services de recherche « verticaux » comme celles dédiées aux restaurants, aux actualités, aux produits, etc. « Dans ses résultats de recherche généraux, Google affiche des liens vers ses propres services de recherche verticaux différemment que pour les liens vers les concurrents » explique Almunia. « Nous craignons que cela puisse entraîner un traitement préférentiel par rapport à ceux des services concurrents, qui peuvent être lésés à la suite. »
     
  2. Google copie certains contenus (critiques d'utilisateurs, etc.) présents sur des sites tiers, parfois sans leur autorisation préalable. Google s'approprie « les bénéfices des investissements des concurrents » estime Almunia. Ce dernier s’inquiète ainsi des répercutions sur les entreprises concurrentes, « cela pourrait réduire les incitations des concurrents à investir dans la création de contenu original pour le bénéfice des utilisateurs » conclut-il. « Cette pratique peut avoir des répercussions pour les sites de voyage par exemple ou des sites fournissant des guides gastronomiques. »
     
  3. Les annonces de recherche : ces publicités présentes à côté des résultats de recherche sont problématiques pour la Commission. En effet, Google aurait des accords exclusifs avec certaines sociétés. Cette exclusivité, si elle est avérée, empêcherait donc la concurrence de fournir des services équivalents.
     
  4. Enfin, le quatrième sujet porte sur les restrictions de Google quant à la portabilité des campagnes publicitaires AdWords vers des plateformes concurrentes. « Nous craignons que Google impose des restrictions contractuelles sur les développeurs de logiciels » afin de les empêcher d'offrir des outils permettant de transférer leur campagne AdWords vers d’autres plateformes.

Une solution à l'amiable afin de clore l'enquête et éviter des amendes

En conclusion, Joaquín Almunia explique dans sa lettre offrir à Google « la possibilité de venir dans quelques semaines avec ses premières propositions de solutions pour traiter chacun de ces points ». Le commissaire à la Concurrence rajoute que si les propositions de Google venaient à être suffisantes, cela permettra d’éviter une procédure formelle, et donc de potentielles amendes.

« Les plaignants et les tiers intéressés seront dûment associés à ce processus. Toute proposition finale par Google sera testée sur le marché avant d'être rendus contraignants par la Commission » rajoute Almunia. En cas d’échec, les enquêtes actuelles continueront, pour le meilleur et pour le pire. Almunia espère néanmoins que Google trouvera rapidement des solutions aux quatre sujets cités ci-dessus « pour le bénéfice de la concurrence et de l'innovation ».

Ce dernier précise enfin que ce type d’arrangement n’est pas une première et qu’IBM en a profité l’an passé, comme nous vous en faisions l’écho par ailleurs.
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.

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Le 21 mai 2012 à 17:36 (12 465 lectures)

Il y a 43 commentaires

Avatar de Bill2 INpactien
Bill2 Le lundi 21 mai 2012 à 17:44:02
Inscrit le mardi 6 mai 03 - 1964 commentaires
Quoi ? Google fait de la pub pour ses propres services ? Mais c'est scandaleux !

Sans déconner ... mdr2.gif
Avatar de LeTroll INpactien
LeTroll Le lundi 21 mai 2012 à 17:47:23
Inscrit le vendredi 25 janvier 08 - 622 commentaires
Carotte ou sm.gif

abus de position dominante (antitrust)
Avatar de lava INpactien
lava Le lundi 21 mai 2012 à 17:56:16
Inscrit le jeudi 11 juin 09 - 565 commentaires
"Ne pas les faire fuir, ne pas les faire fuir..."
Avatar de Litteulquentin INpactien
Litteulquentin Le lundi 21 mai 2012 à 18:00:12
Inscrit le samedi 24 septembre 11 - 112 commentaires
Ce qui est intéressant dans ce genre de situation, c'est de savoir ce que l'UE demande comme compensation pour les entreprises spoliées. Demander des modifications dans la politique de traitement soit, mais s'il n'y a plus de bâton, ils vont se mettre à niveau et recommencer jusqu’à ce qu'on leur propose de nouveau une mise à jour de leur stratégie... et pendant ce temps, ils se gavent sur le dos des autres.
On ne peut leur en vouloir si les autorités sont aussi frileuses à s'offrir une multinationale....
Avatar de RRMX INpactien
RRMX Le lundi 21 mai 2012 à 18:05:40
Inscrit le mardi 5 août 08 - 707 commentaires
"l'Europe". Encore... UE. Le continent n'a rien dit ni offert.
Avatar de risoto INpactien
risoto Le lundi 21 mai 2012 à 18:56:03
Inscrit le vendredi 18 avril 08 - 913 commentaires
Ce qui est intéressant dans ce genre de situation, c'est de savoir ce que l'UE demande comme compensation pour les entreprises spoliées. Demander des modifications dans la politique de traitement soit, mais s'il n'y a plus de bâton, ils vont se mettre à niveau et recommencer jusqu’à ce qu'on leur propose de nouveau une mise à jour de leur stratégie... et pendant ce temps, ils se gavent sur le dos des autres.
On ne peut leur en vouloir si les autorités sont aussi frileuses à s'offrir une multinationale....


C'est exactement ce que je pensais à la lecture de l'article. Vu le bénéfice qu'ils se sont fait sur le dos des plaignants, l'UE ne peut pas les laissez partir sans la moindre amende.
Avatar de Resman INpactien
Resman Le lundi 21 mai 2012 à 19:00:21
Inscrit le samedi 7 novembre 09 - 137 commentaires
Hum, à mon avis la commission sent qu'elle n'a rien de tangible à reprocher à Google, et cherche à faire accepter une sanction sans passer par un procès qu'elle aurait de grandes chances de perdre.
Avatar de divinechild INpactien
divinechild Le lundi 21 mai 2012 à 19:03:32
Inscrit le vendredi 28 mai 04 - 2117 commentaires
Si Google gagne plus que l amende en continuant tel quel, ce qui est surement le cas, c 'est tout vu...
Avatar de Tolor Modérateur
Tolor Le lundi 21 mai 2012 à 19:24:59
Inscrit le mercredi 5 août 09 - 11311 commentaires
Si Google gagne plus que l amende en continuant tel quel, ce qui est surement le cas, c 'est tout vu...

Il n'y a pas forcément qu'une amende possible, le risque de devoir séparer la société en 2 comme ce qu'avait risqué MS à l'époque est tout à fait possible, et leur ferait mal
Avatar de Tolor Modérateur
Tolor Le lundi 21 mai 2012 à 19:27:13
Inscrit le mercredi 5 août 09 - 11311 commentaires
Hum, à mon avis la commission sent qu'elle n'a rien de tangible à reprocher à Google, et cherche à faire accepter une sanction sans passer par un procès qu'elle aurait de grandes chances de perdre.

Ça leur évite d'avoir à lancer une enquête lourde, longue et couteuse. Des choses à reprocher, ils en ont pas mal.
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