Mireille Imbert-Quaretta, Jean-Yves Monfort et Jean-Baptiste Carpentier, les trois membres actuels de la Commission de la protection des droits, ont publié une note juridique intitulée « la contravention de négligence caractérisée à la lumière de la mise en œuvre de la procédure de réponse graduée » (La Semaine Juridique, Edition...
L’infraction sanctionne une omission, dit-on. Soit parce qu’il n’a pas mis en œuvre un moyen de sécurisation. Soit parce qu’il a tardé dans ce choix ou choisi un outil non efficace. Depuis Hadopi 2, on le sait, il y a une déconnexion entre les moyens labellisés par la Hadopi. En clair, l’abonné peut choisir le moyen de son choix. Et quand bien même aurait-il installé un outil labellisé, il pourrait malgré tout se voir reprocher une négligence dite caractérisée. Étonnante subtilité, on vous dit…
L'élément moral est normalement étranger aux contraventions qui sont des infractions dites matérielles. Mais, nouveau témoignage de la subtilité d’Hadopi, il y a bien ici un élément intentionnel. « Il s'agit d'un dol particulier qui résulte de la persistance de faits délictueux en dépit des mises en garde répétées et solennelles qui ont été adressées à l'abonné. Ainsi averti, il ne peut ignorer l'obligation qui pèse sur lui et les conséquences pénales éventuelles qu'il encourt du fait de sa négligence ».
Cette dérogation tiendrait au pouvoir d’appréciation de la Commission, reconnu par la loi quant aux suites à donner aux saisines. « Sinon, saisie de faits matériels de contrefaçon et disposant de renseignements sur le titulaire de l'abonnement, la Commission serait tenue de transmettre ses constatations au procureur de la République, vidant ainsi la réponse graduée de toute portée ».
Comme détaillée dans notre actualité, une circulaire d'août 2010 du ministère de la Justice dit pour sa part qu'il y aura bien transmission « en cas de constatation par les agents de la HADOPI d’un délit [de contrefaçon] dans le cadre des dispositions de l'article 40 du code de procédure pénale ». Sauf que le texte précise que « la transmission au parquet ne revêt pas un caractère automatique, mais résulte d’une délibération de la commission de protection des droits »...
Un message évidemment adressé à l’équipe d’Hollande et notamment à ceux qui voudraient abroger ou modifier trop profondément le mécanisme français qui engloutit chaque année plus de 10 millions d'euros.
Un message bercé d’un optimisme fleuri qui intervient alors que les derniers chiffres de la vidéo sont désormais connus. Le marché du DVD a ainsi perdu 17,2% en France au premier trimestre 2012. Pour le marché des disques vidéo, le Blu-ray n’a que passablement amorti le choc. Les ventes globales de disques se sont écroulées de 13,7 % en quantité et 11,8 % en valeur. Le tout sur une période où les ayants droit ont applaudi la mort de Megaupload, la fermeture de la galaxie d’Allostreaming et la perfection de la Hadopi.
Mireille Imbert-Quaretta, Jean-Yves Monfort et Jean-Baptiste Carpentier, les trois membres actuels de la Commission de la protection des droits, ont publié une note juridique intitulée « la contravention de négligence caractérisée à la lumière de la mise en œuvre de la procédure de réponse graduée » (La Semaine Juridique, Edition Générale n° 19, 7 Mai 2012, 591, LexiNexis). Le document désosse et synthétise « l’étonnante subtilité » (© MIQ) de la négligence caractérisée inventée par les deux lois Hadopi.
D'une étonnante subtilité
Premier pan de l'infraction à être analysé, l'élément matériel de la négligence caractérisée. La CPD rappelle que c’est « une faute d'omission, à savoir le manquement à l'obligation de sécuriser un accès Internet, lorsque celui-ci a entraîné un résultat précis, l'utilisation de cet accès à des fins de contrefaçon ». L’élément matériel de l’infraction a ainsi deux faces : une omission de sécurisation et un acte matériel de contrefaçons en ligne constaté par trois fois par les PV des agents assermentés. Cette persistance est même une « composante de l'infraction et doit donc nécessairement être constatée. » Dans le cas contraire, en effet, tous les défauts de sécurisation auraient été mitraillés par les avertissements de la Rue de Texel…L’infraction sanctionne une omission, dit-on. Soit parce qu’il n’a pas mis en œuvre un moyen de sécurisation. Soit parce qu’il a tardé dans ce choix ou choisi un outil non efficace. Depuis Hadopi 2, on le sait, il y a une déconnexion entre les moyens labellisés par la Hadopi. En clair, l’abonné peut choisir le moyen de son choix. Et quand bien même aurait-il installé un outil labellisé, il pourrait malgré tout se voir reprocher une négligence dite caractérisée. Étonnante subtilité, on vous dit…
Le seul moyen efficace pour celui qui télécharge est...
Les membres de la CPD décrivent quelques cas pratiques « pour la Commission de protection des droits, le parent qui décide de confisquer l'ordinateur de ses enfants qui téléchargent illégalement met en œuvre un moyen de sécurisation au sens de la contravention de négligence caractérisée. (…) Enfin, le seul moyen de sécurisation efficace pour celui qui, lui-même, télécharge illégalement des œuvres protégées est, bien sûr, de... cesser de télécharger ». Sans doute par timidité, MIQ ne dit pas que l’abonné qui avoue à la CPD pareils téléchargements pourra évidemment faire l’objet de pression importante puisque le procureur pourrait requalifier les faits en contrefaçon bête et méchante (3 ans de prison, 300 000 euros d’amende).L'élément moral est normalement étranger aux contraventions qui sont des infractions dites matérielles. Mais, nouveau témoignage de la subtilité d’Hadopi, il y a bien ici un élément intentionnel. « Il s'agit d'un dol particulier qui résulte de la persistance de faits délictueux en dépit des mises en garde répétées et solennelles qui ont été adressées à l'abonné. Ainsi averti, il ne peut ignorer l'obligation qui pèse sur lui et les conséquences pénales éventuelles qu'il encourt du fait de sa négligence ».
Pas d'obligation de dénoncer
Comme déjà dit en juin 2010 à l'Assemblée nationale ou Rue de Texel, la CPD considère qu’elle dispose de prérogatives de police judiciaire, mais elle ne s’estime pas soumise à l’article 40 du Code de procédure pénal. Celui-ci oblige l’autorité qui « acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit » d’en informer sans attendre le procureur de la République.Cette dérogation tiendrait au pouvoir d’appréciation de la Commission, reconnu par la loi quant aux suites à donner aux saisines. « Sinon, saisie de faits matériels de contrefaçon et disposant de renseignements sur le titulaire de l'abonnement, la Commission serait tenue de transmettre ses constatations au procureur de la République, vidant ainsi la réponse graduée de toute portée ».
Comme détaillée dans notre actualité, une circulaire d'août 2010 du ministère de la Justice dit pour sa part qu'il y aura bien transmission « en cas de constatation par les agents de la HADOPI d’un délit [de contrefaçon] dans le cadre des dispositions de l'article 40 du code de procédure pénale ». Sauf que le texte précise que « la transmission au parquet ne revêt pas un caractère automatique, mais résulte d’une délibération de la commission de protection des droits »...
Le million d'avertissements envoyés
Dans l’article de la Semaine Juridique, déjà mentionné par ÉlectronLibre, la CPD fournit les derniers chiffres de sa pédagogie industrialisée : au 1 mai 2012, on compte un million de premières recommandations, 93 500 deuxièmes recommandations et 296 dossiers sont en phase trois. Affirmant qu’à chaque stade, la quasi totalité (plus de 90%) des personnes averties ne se voit plus reprocher de nouveau manquement et qu’il y aurait une modification des pratiques sur les réseaux P2P, la CPD conclut à son utilité « Après dix-sept mois d'activité de la Haute autorité, l'objectif voulu par le législateur semble en passe d'être atteint ».Un message évidemment adressé à l’équipe d’Hollande et notamment à ceux qui voudraient abroger ou modifier trop profondément le mécanisme français qui engloutit chaque année plus de 10 millions d'euros.
Un message bercé d’un optimisme fleuri qui intervient alors que les derniers chiffres de la vidéo sont désormais connus. Le marché du DVD a ainsi perdu 17,2% en France au premier trimestre 2012. Pour le marché des disques vidéo, le Blu-ray n’a que passablement amorti le choc. Les ventes globales de disques se sont écroulées de 13,7 % en quantité et 11,8 % en valeur. Le tout sur une période où les ayants droit ont applaudi la mort de Megaupload, la fermeture de la galaxie d’Allostreaming et la perfection de la Hadopi.
Le 12 mai 2012 à 09:09
(23 966
lectures)
Soutenez l'indépendance de PC INpact en devenant Premium
- Tout le contenu de PC INpact sans pub
- Et bien plus encore...
Il y a 53 commentaires
Tu dois avoir la mémoire sélective... Il ya 5 ans c'était Faudel, Enrico Macias, et Bigard qui haranguait la foule en chantant Sarkozy, Sakozy, sur l'air des lampions!
edit: Rho! j'oubliais Doc ginéco
heu...
attends deux minutes.
ai-je fait un rapport avec le PS? la gauche? en sous-entendant qu'à droite c'était pas pareil?
rien dutout.
va falloir arrêter, en matière culturelle (et même pourquoi pas de manière générale) de penser gauche-droite.
c'est exactement la même chose. ça fait des mois que je dis que la politique culturelle sera la même, parce que le show-biz n'a pas de bord politique. ils font du lobbying des deux cotés, bouffent à tous les rateliers, font pression sur les députés-maires des deux bords, avec les mêmes arguments.
Je critiquais le monde du show-biz (principalement parisien, hein, n'ayons pas peur), et indirectement les journalistes (même réflexion), pour qui il est vraisemblablement plus facile (et plus rentable?) d'interroger des chanteurs neuneus que de faire une analyse politique de la situation. ça vaut pour sarko autant que pour Hollande.
la seule différence à mes yeux, c'est qu'Hollande a le mérite (pour l'instant, je lui laisse le bénéfice du doute) de ne pas s'afficher ouvertement avec du show-biz d'exilés fiscaux (style sarko-johnny au fouquet's). Mais bon c'est aussi ça, la droite décomplexée. ^^
metaphore54
Le samedi 12 mai 2012 à 14:34:54
#32
Inscrit
le mercredi 29 avril 09
-
4747
commentaires
la seule différence à mes yeux, c'est qu'Hollande a le mérite (pour l'instant, je lui laisse le bénéfice du doute) de ne pas s'afficher ouvertement avec du show-biz d'exilés fiscaux (style sarko-johnny au fouquet's). Mais bon c'est aussi ça, la droite décomplexée. ^^
Enfin, pour l'instant ce n'est qu'une posture de la normalité. Moi aussi, je lui donne le bénéfice du doute, mais pour l'instant sa posture est d'un ridicule
Enfin, pour l'instant ce n'est qu'une posture de la normalité. Moi aussi, je lui donne le bénéfice du doute, mais pour l'instant sa posture est d'un ridicule
Je trouve pas, au contraire.
le clanisme à la Sarko, avec les petites affaires entre copains, sa proximité affichée (et assumée) avec le milieu des affaires et du show-biz, c'est pas du niveau d'un président.
Il y a une différence entre être pote avec quelqu'un (ou fan de, dans le cas de NS avec Johnny) au niveau privé, et afficher publiquement la proximité de la présidence de la république avec celui-ci.
deux poids, deux mesures. c'est ce que NS n'avait pas compris à ses débuts: dès lors qu'il est président, il est celui de tous, non de quelques-uns.
Si on parlait du sujet de la news, à savoir Hadopi ?
(Ouais, je sais tout est politique, mais bon...).
Il est clair qu'il y a des priorités en ce moment, autres que Hadopi, nous verrons cette année ce qu'il en adviendra, mais personnellement je m'attends à des coupes dans le budget de Hadopi, et cette officine a besoin d'un coup de Kärcher, cette notion de "défaut de sécurisation" ne tient pas debout, mais il faut se souvenir du premier précédent : la ceinture de sécurité, qui ne met pas les autres en danger que soi-même, mais qui constitue une infraction.
Se mettre en danger soi-même est répréhensible aux yeux de la Loi, ne pas "sécuriser" son ordi revient à la même notion, ce qui "responsabilise", ou bien "pénalise" n'importe qui.
Je sais bien que ce n'est pas tout à fait de la même nature, mais ce glissement de la "pénalisation" de l'individu-citoyen prend des formaes dictatoriales inquiétantes, et c'est ce qui caractérise cette droitisation de la société libérale mondiale qui reprend les mêmes outils de répression que l'ancien Bloc de l'Est communiste.
Voilà les déviances qui mènent à la "judicarisation" de nos sociétés.
Edité par paradise le samedi 12 mai 2012 à 15:31
(Ouais, je sais tout est politique, mais bon...).
Il est clair qu'il y a des priorités en ce moment, autres que Hadopi, nous verrons cette année ce qu'il en adviendra, mais personnellement je m'attends à des coupes dans le budget de Hadopi, et cette officine a besoin d'un coup de Kärcher, cette notion de "défaut de sécurisation" ne tient pas debout, mais il faut se souvenir du premier précédent : la ceinture de sécurité, qui ne met pas les autres en danger que soi-même, mais qui constitue une infraction.
Se mettre en danger soi-même est répréhensible aux yeux de la Loi, ne pas "sécuriser" son ordi revient à la même notion, ce qui "responsabilise", ou bien "pénalise" n'importe qui.
Je sais bien que ce n'est pas tout à fait de la même nature, mais ce glissement de la "pénalisation" de l'individu-citoyen prend des formaes dictatoriales inquiétantes, et c'est ce qui caractérise cette droitisation de la société libérale mondiale qui reprend les mêmes outils de répression que l'ancien Bloc de l'Est communiste.
Voilà les déviances qui mènent à la "judicarisation" de nos sociétés.
Edité par paradise le samedi 12 mai 2012 à 15:31
[le non-port de] la ceinture de sécurité, qui ne met pas les autres en danger que soi-même, mais qui constitue une infraction
Elle met en danger les assurances et la sécu.
Comme pour là, ça "met en danger" ces pauvres artistes majors.
Par contre, dans le même genre, je me demande ce que la pornographie met en danger en Chine.
Elle met en danger les assurances et la sécu.
Comme pour là, ça "met en danger" ces pauvres artistes majors.
Par contre, dans le même genre, je me demande ce que la pornographie met en danger en Chine.

oui c'est surtout une histoire d'impact sur la société.
un décès sur la route, pour peu que la personne ait une famille à nourrir, des dettes, ça coûte des sous à tout le monde.
si la personne devient paraplégique ou souffre d'un handicap, idem.
En regard du système social français, il est dès lors logique d'imposer le port de la ceinture, même si la personne ne risque que sa peau, puisque nous sommes tous liés les uns aux autres.
dans le cas d'un téléchargement de mp3 par contre, c'est du gros foutage de geule.
Il y aurait donc deux procès :
Le premier, pas de droit de défense. Et le second, différent, serait la justification du premier, c'est juridiquement étrange, puisque personne ne sais réellement résoudre le premier volontairement ou non, sauf en coupant sa ligne.
(La logique Hadopienne)
Le premier, pas de droit de défense. Et le second, différent, serait la justification du premier, c'est juridiquement étrange, puisque personne ne sais réellement résoudre le premier volontairement ou non, sauf en coupant sa ligne.
(La logique Hadopienne)
Le tout sur une période où les ayants droit ont applaudi la mort de Megaupload, la fermeture de la galaxie d’Allostreaming et la perfection de la Hadopi.
He oui,
Les ayants droits devraient avoir pour objectif de faire monter leurs ventes et non de faire baisser le piratage.
Dans leur esprit cette dernière phrase peut sembler bizarre, mais le fait est que la relation "[baisser du piratage] équivaut à [hausse des ventes]" n'est absolument pas vérifiée.
Elle est même peut être fausse.
Certaines études montrent que le piratage partage est favorable aux ventes.
Ainsi en luttant contre le piratage partage, il est parfaitement possible que les ayants droits luttent directement contre leur chiffre d'affaire.
Ceci sans compter leur baisse de popularité puisque elle aussi fait certainement chuter leurs ventes (moi en tout cas je n'achète plus rien).
Edité par Mourioche le samedi 12 mai 2012 à 18:49
Commentaire_supprime
Le samedi 12 mai 2012 à 19:59:40
#39
Inscrit
le vendredi 31 octobre 08
-
25012
commentaires
Je trouve pas, au contraire.
le clanisme à la Sarko, avec les petites affaires entre copains, sa proximité affichée (et assumée) avec le milieu des affaires et du show-biz, c'est pas du niveau d'un président.
Il y a une différence entre être pote avec quelqu'un (ou fan de, dans le cas de NS avec Johnny) au niveau privé, et afficher publiquement la proximité de la présidence de la république avec celui-ci.
deux poids, deux mesures. c'est ce que NS n'avait pas compris à ses débuts: dès lors qu'il est président, il est celui de tous, non de quelques-uns.
Petit rappel : mai 2007, Sarko est élu. Première réaction : se taper la cloche au Fouquet's avant de partir en vacances sur le yatch de monsieur Bolloré.
Mai 2012 : FH ets élu. Première action : aller voir Mme Merkel pour lui tirer l'oreille afin d'éviter que la zone Euro aille droit dans le mur.
Pas tout à fait le même style de présidence, mais on verra à l'usage.
metaphore54
Le samedi 12 mai 2012 à 23:19:52
#40
Inscrit
le mercredi 29 avril 09
-
4747
commentaires
Je trouve pas, au contraire.
le clanisme à la Sarko, avec les petites affaires entre copains, sa proximité affichée (et assumée) avec le milieu des affaires et du show-biz, c'est pas du niveau d'un président.
Il y a une différence entre être pote avec quelqu'un (ou fan de, dans le cas de NS avec Johnny) au niveau privé, et afficher publiquement la proximité de la présidence de la république avec celui-ci.
deux poids, deux mesures. c'est ce que NS n'avait pas compris à ses débuts: dès lors qu'il est président, il est celui de tous, non de quelques-uns.
Oui, sarko en a trop fait, même si hollande à autant d'amis riches.(CF débat sarko hollande)
Entre sarko qui s'affiche trop et hollande qui en fait trop dans l'autre sens, il y a toute une palette bien plus crédible et tout aussi acceptable. Tout ça pour dire qu'il en fait trop dans l'autre sens.
Il n'est plus possible de commenter cette actualité
Vous devez être connecté ou vous inscrire en haut pour pouvoir participer aux commentaires.










