Allostreaming, suite. Cette semaine, le TGI de Paris dira s’il est opportun ou non d’imposer le secret autour du logiciel TMG-ALPA.

TGI de Paris (Photo MR, 2012)
L’affaire Allostreaming, que nous suivons depuis ses balbutiements, est peut-être l’une des pierres angulaires du futur de la propriété intellectuelle en France. Et pour cause. Elle oppose les ayants droit du cinéma et de l’audiovisuel (SEVN, FDNF, APC) d’un côté et de l’autre, la plupart des FAI français et de quatre moteurs de recherches (Yahoo!, Google, Microsoft et Orange). En guise d’armurerie, l’article 336-2 du code de la propriété intellectuelle introduit par la loi Hadopi et qui permet à un ayant droit de réclamer du juge toute mesure propre à prévenir ou faire cesser une atteinte à l’un de ses intérêts.
Un système de notice & stay down via Hadopi
Les ayants droit du cinéma souhaitent donc être autorisés par la justice à faire bloquer quatre sites de la galaxie Allostreaming. Mieux : ils veulent aussi pouvoir dénoncer automatiquement les miroirs des sites de streaming. Comment ? Simple ! L’ALPA a développé un outil dédié avec TMG – le prestataire déjà chargé de flasher les IP en amont d’Hadopi.Son principe ? Comme expliqué dans notre dossier, après avoir repéré le miroir d’un site déjà interdit, l’application va enjoindre les FAI à bloquer par IP ou DNS et les moteurs à déréférencer les sites clones. Un dispositif inédit de notice & stay down qui se passe donc de l’intervention du juge sauf pour avaliser son fonctionnement. Un dispositif exceptionnel rendu envisageable par la loi Hadopi qui vient déroger un peu plus à la loi sur la confiance dans l’économie numérique, qui régule en principe la responsabilité des intermédiaires techniques.
Data or not Data
L’affaire n’est pas encore en état d’être jugée. Pour l’heure, dans un stade intermédiaire, les ayants droit réclament que le DVD de présentation du logiciel TMG ALPA fasse l’objet d’une communication restreinte, éventuellement en « data room ». Dans ce lieu secret, seules les parties peuvent apprécier les pièces exposées, personne d’autres. Les ayants droit ont dit au tribunal qu’ils craignent que ce si précieux document ne soit diffusé sur le net et donc donne des idées de contre-mesures… Pour blinder leur argumentation, ils ont cité PC INpact – constat d’huissier à l’appui - puisque nous avions révélé l’assignation introductive en décembre dernier.Le TGI de Paris dira cette semaine si cette communication restreinte doit ou non s’imposer. Du côté des moteurs et des FAI, tous ont dénoncé une manœuvre dilatoire destinée à gagner un maximum de temps. Il faut dire que depuis janvier, les quatre sites Allostreaming ont disparu de la circulation rendant bien vaine si n’est absurde la demande initiale. Mais dans leurs dernières écritures, les ayants droit ont sollicité le blocage cette fois de 105 noms de domaine parce qu’ils les considèrent liés à la galaxie Allostreaming. Des domaines simplement déposés, sans contenus…
PC INpact sera encore au TGI de Paris pour suivre cette nouvelle étape.
Le 9 mai 2012 à 17:29
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Il y a 18 commentaires
Super... après une Hadopi qui bouffe plus de fric qu'elle en rapporte... ha non on me dit qu'elle ne rapporte rien 
... voilà des demandes de blocage de vent...

... voilà des demandes de blocage de vent...
Le gros n'a pas dit qui va tout changer?
En gros l'ALPA demande au juge de pouvoir faire ce qu'elle veut sur internet, sans que "personne" ne sache ni qui, ni comment ni pourquoi.
l'ALPA pense que personne ne va se demander comment fonctionnent leur truc caché, et que personne ne va chercher à savoir.
Ce que l'ALPA n'a toujours pas compris, c'est qu'elle a en face d'elle une intelligence collective très curieuse de tout ce qu'on veut lui cacher, en particulier lorsque ça touche au substrat même de cette intelligence, internet.
Cette intelligence collective a montré ces dernières années de quoi elle était capable en matière de diffusion d'informations censément "cachées" (je vais pas vous faire la liste de tous les leaks et des dox de 2010-2011).
l'ALPA serait bien inspirée, au contraire, de chercher une solution technique ouverte et libre, ça rassurerait tout le monde.
On remarquera au passage que l'ALPA n'a pas changé de crèmerie, sans aucun doute rassurée par ses antécédents...
l'ALPA pense que personne ne va se demander comment fonctionnent leur truc caché, et que personne ne va chercher à savoir.
Ce que l'ALPA n'a toujours pas compris, c'est qu'elle a en face d'elle une intelligence collective très curieuse de tout ce qu'on veut lui cacher, en particulier lorsque ça touche au substrat même de cette intelligence, internet.
Cette intelligence collective a montré ces dernières années de quoi elle était capable en matière de diffusion d'informations censément "cachées" (je vais pas vous faire la liste de tous les leaks et des dox de 2010-2011).
l'ALPA serait bien inspirée, au contraire, de chercher une solution technique ouverte et libre, ça rassurerait tout le monde.
On remarquera au passage que l'ALPA n'a pas changé de crèmerie, sans aucun doute rassurée par ses antécédents...
A ma connaissance, les seules mesures qui méritent le secret, c'est lorsque cela a trait à la sécurité du pays, et les niveaux d'habilitation ne se décident pas sur un coin de table mais à l'issue d'une enquête sérieuse de la DPSD. Ce n'est du tout pas le cas ici, donc ouste l'ALPA, où vous croyez-vous donc ?
JM
Edité par jmc_plus le mercredi 9 mai 2012 à 18:09
JM
Edité par jmc_plus le mercredi 9 mai 2012 à 18:09
Dans tout ça, le type qui a crée Allostreaming, il est devenu quoi ? 

Dans tout ça, le type qui a crée Allostreaming, il est devenu quoi ? 



on s'en fout, ce qui compte c'est de pouvoir faire enfin ce qu'on veut sur internet, et supprimer des trucs à la pelle quand on en a envie, sans rien dire à personne.
on est les ayant-droits, bordel. La Force est avec nous!
ça en devient complètement RI-DI-CU-LE !!!
Les ayants droit ont dit au tribunal qu’ils craignent que ce si précieux document ne soit diffusé sur le net et donc donne des idées de contre-mesures
Ca en dit déjà long sur la robustesse de leur système. :/
A ma connaissance, les seules mesures qui méritent le secret, c'est lorsque cela a trait à la sécurité du pays, et les niveaux d'habilitation ne se décident pas sur un coin de table mais à l'issue d'une enquête sérieuse de la DPSD. Ce n'est du tout pas le cas ici, donc ouste l'ALPA, où vous croyez-vous donc ?
JM
JM
+1
Au mieux le secret de l'instruction pour les poursuites, mais là sur un logiciel... De toute façon, les robots de TMG ont été "flashés" comme des bleus sur Edonkey, les DPI on sait que ça a existé sur Orange (cf l'histoire des email avec "bombe"), alors le logiciel en question, on va vite savoir ce qu'il est et surtout où sont les failles.
Y a plein de hackers en mal de reconnaissance qui attendent que ça
Des vieux briscard aussi, hein Bluetouff?
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