Après Nicolas Dupont Aignan et Nicolas Sarkozy, c’est François Hollande qui en dernière ligne droite a répondu au courrier de l’ALPA, l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. La lettre est tombée dans les mains d’Électron Libre. Au menu, guère de nouveauté. Le candidat PS zigzague entre les pièges de l’abrogation d’Hadopi, qu’il avait dans un premier temps envisagé.
Le candidat l’annonce dès les premières lignes: « si je suis élu, il n’y aura pas de légalisation des échanges hors marché ni de contribution créative ». Dans son empressement à répondre au bras « armé » de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel, Hollande n’aura même pas pris soin d’affiner sa réponse. Dans un billet intitulé « cadeau de fin de campagne à l’ALPA » Philippe Aigrain, cofondateur de la Quadrature du Net, qui a travaillé des années sur ces sujets, réagit : « le candidat sait-il qu’une part significative des échanges hors marché sont encore légaux ? Le futur président normal respectant l’article 20 de la constitution qui précise que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » entend-il priver le gouvernement et le parlement de leurs prérogatives en la matière ? »
Sur Hadopi, Hollande ne peut pas (encore ?) oublier la bataille parlementaire menée par les soldats Bloche, Paul ou encore Filippetti . Il critique ainsi une loi « injuste, coûteuse et inefficace ». Par ce coup de griffe, il met à la poubelle les épais rapports de la Rue de Texel qui concluent au contraire et à l’aide des chiffres de l’IFPI, à l’efficacité de la riposte graduée.
Rien de neuf sous le soleil : il promet à nouveau de relancer ce chantier après un « acte II de l’exception culturelle », grande rencontre entre les différents acteurs pour déminer et déterminer les « principes directeurs » de la gestion collective, de l’adaptation de la chronologie des médias, de la rémunération pour copie privée, de la participation des acteurs internationaux « qui bénéficient de la circulation des œuvres de l’esprit », de la lutte contre la contrefaçon, de l’adaptation de la LCEN pour faciliter la répression des intermédiaires… Hollande le sait : ce chantier d’ampleur exceptionnelle aura pour charme de repousser de plusieurs mois voire plusieurs années les débats parlementaires sur l’après-Hadopi. Soulagement du côté des industries du divertissement.
Une petite phrase en fin de lettre est lourde de conséquences. Le candidat victorieux du premier tour annonce à l’ALPA qu’il a « demandé à Fleur Pellerin, ma conseillère, de poursuivre les échanges avec vous sur ces sujets ». En attribuant ce sujet à sa chargée de l'économie numérique dans l'équipe de campagne, il le retire par la même occasion des mains d'Aurélie Filippetti, pourtant chargée des questions culturelles. Arbitrage définitif ou stratégie de campagne ? On voit mal le bénéfice à quelques jours du deuxième tour de ce temps mort brisé. Électron Libre nous apprend en tout cas qu’il y a un mois, Bertrand Tavernier a justement adressé une lettre « particulièrement virulente » à cette dernière où il « menaçait de lancer une pétition contre la candidature de François Hollande ». Et le membre de la SACD « n’y allait pas mollo sur le vocabulaire ».
Le candidat l’annonce dès les premières lignes: « si je suis élu, il n’y aura pas de légalisation des échanges hors marché ni de contribution créative ». Dans son empressement à répondre au bras « armé » de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel, Hollande n’aura même pas pris soin d’affiner sa réponse. Dans un billet intitulé « cadeau de fin de campagne à l’ALPA » Philippe Aigrain, cofondateur de la Quadrature du Net, qui a travaillé des années sur ces sujets, réagit : « le candidat sait-il qu’une part significative des échanges hors marché sont encore légaux ? Le futur président normal respectant l’article 20 de la constitution qui précise que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » entend-il priver le gouvernement et le parlement de leurs prérogatives en la matière ? »
Sur Hadopi, Hollande ne peut pas (encore ?) oublier la bataille parlementaire menée par les soldats Bloche, Paul ou encore Filippetti . Il critique ainsi une loi « injuste, coûteuse et inefficace ». Par ce coup de griffe, il met à la poubelle les épais rapports de la Rue de Texel qui concluent au contraire et à l’aide des chiffres de l’IFPI, à l’efficacité de la riposte graduée.
Rien de neuf sous le soleil : il promet à nouveau de relancer ce chantier après un « acte II de l’exception culturelle », grande rencontre entre les différents acteurs pour déminer et déterminer les « principes directeurs » de la gestion collective, de l’adaptation de la chronologie des médias, de la rémunération pour copie privée, de la participation des acteurs internationaux « qui bénéficient de la circulation des œuvres de l’esprit », de la lutte contre la contrefaçon, de l’adaptation de la LCEN pour faciliter la répression des intermédiaires… Hollande le sait : ce chantier d’ampleur exceptionnelle aura pour charme de repousser de plusieurs mois voire plusieurs années les débats parlementaires sur l’après-Hadopi. Soulagement du côté des industries du divertissement.
Une petite phrase en fin de lettre est lourde de conséquences. Le candidat victorieux du premier tour annonce à l’ALPA qu’il a « demandé à Fleur Pellerin, ma conseillère, de poursuivre les échanges avec vous sur ces sujets ». En attribuant ce sujet à sa chargée de l'économie numérique dans l'équipe de campagne, il le retire par la même occasion des mains d'Aurélie Filippetti, pourtant chargée des questions culturelles. Arbitrage définitif ou stratégie de campagne ? On voit mal le bénéfice à quelques jours du deuxième tour de ce temps mort brisé. Électron Libre nous apprend en tout cas qu’il y a un mois, Bertrand Tavernier a justement adressé une lettre « particulièrement virulente » à cette dernière où il « menaçait de lancer une pétition contre la candidature de François Hollande ». Et le membre de la SACD « n’y allait pas mollo sur le vocabulaire ».
Le 25 avril 2012 à 09:25
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Il y a 60 commentaires
John Shaft
Le mercredi 25 avril 2012 à 09:37:30
#1
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« si je suis élu, il n’y aura pas de légalisation des échanges hors marché ni de contribution créative »
Ah vous faites moins les malins d'un coup Messieurs les libristes !
Bon ça prouve au moins qu'il n'y connait que dalle et/ou qu'il est mal conseillé. Ça augure du meilleur pour d'autres sujets !
Edité par tot0che le vendredi 18 janvier 2013 à 19:33
Sur ce sujet-là, je préfère Sarkozy.
Lui, au moins, vous savez à quoi vous attendre....
Lui, au moins, vous savez à quoi vous attendre....
Bah, autant pour les échange hors-marché il se plante clairement (ou alors il a pas suffisament précisé sa pensée, tout aussi plausible) autant pour la contribution créative je le rejoins, puisque je trouve le concept vraiment dur à appliquer (voire impossible).
C'est pas comme si fallait attendre le messie d'une candidature...
Le seul intérêt de Hollande par rapport à Sarkozy sur les sujets culturelles et numériques, c'est que la casse sera plus lente !
Le seul intérêt de Hollande par rapport à Sarkozy sur les sujets culturelles et numériques, c'est que la casse sera plus lente !
John Shaft
Le mercredi 25 avril 2012 à 09:47:23
#5
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Le seul intérêt de Hollande par rapport à Sarkozy sur les sujets culturelles et numériques, c'est que la casse sera plus lente !
C'est ce qu'on appelle la "posologie du lubrifiant"
Edité par tot0che le vendredi 18 janvier 2013 à 19:33
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