Dans un livre blanc « analysant les perspectives et défis du secteur de la vidéo dans les mois et années qui viennent » le Syndicat de l’Édition Vidéo Numérique (SEVN) se plaint du recul du marché de la vidéo. DVD, Blu Ray et VOD ont en effet reculé de 2,7% en 2011 avec un chiffre d’affaires établi à 1,49 milliard d’euros. La faute à une offre vidéo moins riche en 2011 qu’en 2010 et encore et toujours au piratage qui a « impacté fortement le marché, ralentissant en particulier la croissance du Blu-Ray et de la VOD. »
Cette marmite commune (VOD, Blu Ray et DVD) cache de fait une réalité plus nuancée lorsqu’on soulève son couvercle. Quelques pages plus loin, dans un chapitre intitulé « les relais de la croissance du marché », le SVEN applaudit la VOD et son chiffre d’affaires de 220 millions en 2011 « contre 153 en 2010 et 80 en 2009 ». De même, le Blu-Ray qui a réalisé 210 M€ en 2011 contre 173 en 2010, représente « 16% du chiffre d’affaires de la vidéo, soit un doublement en deux ans. »
Ces chiffres, aussi bons soient-ils, ne sont donc pas assez musclés pour compenser l’essoufflement du marché du DVD. Comment donc doper le secteur ? Le SEVN propose un joli pot belge. TVA à taux réduit sur la vidéo, « comme l’ensemble du secteur des industries culturelles » et l’expérimentation d’« évolutions contractuelles dans la chronologie des médias ». Mais le gros des troupes concerne surtout le droit pénal.
En clair, le SEVN voudrait que l’État paye les surcoûts du blocage tout comme il le fait pour la pédopornographie. Une comparaison qui n’est pas sans rappeler la lettre aux Français de Nicolas Sarkozy (voir notre actualité), ou le fait que les contribuables payent déjà plus de 11 millions d’euros pour le budget 2012 de la Hadopi (12 millions en 2011) sans compter les millions d’euros de frais d’identification d’IP qui devront à terme être remboursés aux FAI.
Curieusement, dans l’affaire Allostreaming, le SEVN a réclamé une autre solution. Au fil de la centaine de pages de l’assignation révélée dans nos colonnes, il précise que l’État finance déjà le blocage des sites pédopornographiques ou des jeux non agréés par l’ARJEL et qu’il n’est pas nécessaire de compenser une deuxième fois ce qui l’a déjà été. « Bloquer l'accès à un site de jeux non autorisé, à un site à contenu pédopornographique ou à contenu contrefaisant procède du même effort ». Cependant, si un nouveau coût devait apparaître dans le blocage, le SEVN veut cette fois qu’il soit cette fois « à la charge des défenderesses », et donc des fournisseurs d’accès et des moteurs.

Cette marmite commune (VOD, Blu Ray et DVD) cache de fait une réalité plus nuancée lorsqu’on soulève son couvercle. Quelques pages plus loin, dans un chapitre intitulé « les relais de la croissance du marché », le SVEN applaudit la VOD et son chiffre d’affaires de 220 millions en 2011 « contre 153 en 2010 et 80 en 2009 ». De même, le Blu-Ray qui a réalisé 210 M€ en 2011 contre 173 en 2010, représente « 16% du chiffre d’affaires de la vidéo, soit un doublement en deux ans. »
Ces chiffres, aussi bons soient-ils, ne sont donc pas assez musclés pour compenser l’essoufflement du marché du DVD. Comment donc doper le secteur ? Le SEVN propose un joli pot belge. TVA à taux réduit sur la vidéo, « comme l’ensemble du secteur des industries culturelles » et l’expérimentation d’« évolutions contractuelles dans la chronologie des médias ». Mais le gros des troupes concerne surtout le droit pénal.
Pérenniser la riposte graduée
Le SEVN indique aux lecteurs, et spécialement à ceux qui ont le bon goût de se présenter à l’élection présidentielle, que le volet répressif d’Hadopi doit être « pérennisé » avec une bonne louche d’optimisme : « Son volet pédagogique, qui produira tous ses effets à long terme, permettra de faire comprendre aux internautes que télécharger sans rémunérer les ayants droit menace l’avenir du secteur audiovisuel et cinématographique dans ses fondements mêmes puisque faisant peser un risque sur la production et la diversité en particulier. »Responsabiliser les annonceurs
Outre cette riposte pérennisée, le syndicat voudrait bien que l’on tape aussi sur le nerf de la guerre : réguler les flux financiers des sites de streaming issus des régies et des sociétés de paiement en ligne (voir à ce titre la proposition de Nicolas Sarkozy). À ce jour, l'annonceur ne sait pas que sa publicité va apparaître ici ou là. Pour le SEVN, le moment est venu pour que soient étudiées « les modalités donnant les moyens aux annonceurs de contrôler la publication de leurs publicités sur Internet et de les responsabiliser sur leurs choix de sites internet ». En assumant ce contrôle et ce choix, les annonceurs deviendraient ainsi un peu les complices des éventuelles contrefaçons trouvées sur tel site. Évidemment, une telle réforme n’exigerait que deux ou trois riens : revoir tout le marché de la publicité en ligne… D'ailleurs, pour faire bonne mesure, le SEVN voudrait aussi une réforme de la loi Sapin, afin d’instaurer une meilleure transparence entre annonceurs, agences et médias.Faire supporter à l'Etat les surcoûts du blocage
Ce n'est pas tout. Le Syndicat de l’Édition Vidéo Numérique rappelle également qu’il est partie à une action en cours devant le TGI de Paris, action que nous suivons depuis ses premiers pas. C’est l’affaire Allostreaming, qui repose sur l'article 336-2 du Code de la propriété intellectuelle, lui-même introduit par la loi Hadopi. Dans ce dossier, les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel demandent le blocage d’accès de 4 sites puis maintenant 105 noms de domaine ainsi que le déréférencement dans les moteurs de recherches. Problème : bloquer mobilise de l’intelligence, des moyens techniques et donc des ressources financières. Le monde du cinéma a ici sa petite idée : « il est nécessaire que l’État prenne à sa charge, sur justificatifs, les surcoûts occasionnés par la mise en place par les intermédiaires techniques de l’Internet des mesures de blocage et de déréférencement ordonnées en matière de contrefaçon comme il le fait à l’occasion de sa lutte contre d’autres violations de l’ordre public telles que la pédopornographie ou encore les jeux et paris en ligne illicites. »En clair, le SEVN voudrait que l’État paye les surcoûts du blocage tout comme il le fait pour la pédopornographie. Une comparaison qui n’est pas sans rappeler la lettre aux Français de Nicolas Sarkozy (voir notre actualité), ou le fait que les contribuables payent déjà plus de 11 millions d’euros pour le budget 2012 de la Hadopi (12 millions en 2011) sans compter les millions d’euros de frais d’identification d’IP qui devront à terme être remboursés aux FAI.
Curieusement, dans l’affaire Allostreaming, le SEVN a réclamé une autre solution. Au fil de la centaine de pages de l’assignation révélée dans nos colonnes, il précise que l’État finance déjà le blocage des sites pédopornographiques ou des jeux non agréés par l’ARJEL et qu’il n’est pas nécessaire de compenser une deuxième fois ce qui l’a déjà été. « Bloquer l'accès à un site de jeux non autorisé, à un site à contenu pédopornographique ou à contenu contrefaisant procède du même effort ». Cependant, si un nouveau coût devait apparaître dans le blocage, le SEVN veut cette fois qu’il soit cette fois « à la charge des défenderesses », et donc des fournisseurs d’accès et des moteurs.
Le 10 avril 2012 à 10:04
(7 405
lectures)
Il y a 37 commentaires
« Bloquer l'accès à un site de jeux non autorisé, à un site à contenu pédopornographique ou à contenu contrefaisant procède du même effort »
Mettre dans la même phrase pédopornographie et tipiakage, il fallait oser... Sinon rien de neuf sous le soleil donc ?
Moi qui croyait que d'après la dernière enquete officielle (suite à la fermeture de MegaUpload), le tipiakage était en net recul il faut croire que non...
Ou bien si, mais le pouvoir d'achat des Français étant aussi en recul, ils achetent moins de DVD/BluRay/VOD ?
Mais bizarrement il n'est fait nullement mention de la crise actuelle dans l'étude
Syndicat de l’Édition Vidéo Numérique (SEVN) se plaint du recul du marché de la vidéo
Je me plains de mon salaire, j'en fais pas un livre blanc pour autant tout en chouinant...
le reste de l'article est juste WTF
et effectivement aucun des" intellectuels" n'a émit l’hypothèse que les Français ont d'autre priorité en ce moment que d’acheter la dernière merde remastériser et re 3diser ?
je sais bien que pour eux notre budget est extensible à l’infini mais quand même...
Edité par yukon_42 le mardi 10 avril 2012 à 10:39
Je propose que l'État rachète les entreprises composant le SEVN et propose les médias gratuitement à la population.
On payera toujours avec nos impôts mais au moins on aura un bénéfice.
On payera toujours avec nos impôts mais au moins on aura un bénéfice.
"L'Édition vidéo veut mettre les surcoûts du blocage à la charge de l'Etat"
Comprendre : avec nos impôts
Comprendre : avec nos impôts
Leer Van Keg
Le mardi 10 avril 2012 à 10:46:14
#5
Inscrit
le mardi 13 septembre 11
-
62
commentaires
Là je dis Monsieur ! Tout devient clair. C'est pas faux tout ça, HADOPI est une bonne chose.
C'est parce que tout le monde tipiak qu'aujourd'hui les films qui sortent sont : des suites, des remakes, des suites ou des remakes...
Grâce à la baisse du piratage, on va enfin avoir de belles créations originales
Mettre dans la même phrase pédopornographie et tipiakage, il fallait oser...C'est pas juste dans la même phrase, il dit carrément que c'est du même niveau

Edité par bug le mardi 10 avril 2012 à 10:51
misterB
Le mardi 10 avril 2012 à 10:51:07
#7
Inscrit
le vendredi 22 octobre 04
-
133181
commentaires
Pour la TVA réduite des produits culturels, faudrait la virer ou la mettre a TOUT les produits culturels 

En gros, le SEVN veut transformer le réseau Internet en réseau de télévision afin de pouvoir y appliquer son modèle économique actuel.
Le progrès ne vaut que s'il ne change rien à leurs habitudes...
Misère.
Le progrès ne vaut que s'il ne change rien à leurs habitudes...
Misère.
En gros le SEVN veut que l'etat finance :
- la creation a l'aide taxe sur les supports de stockage
-Finance la lutte contre le piratage ( hadopi)
-finance le blocaque de site
-N'augmente pas les taxes sur ces produits "culturel" durant la crise
-Ne s'occupe pas du financement de la création et ou va l'argent des diverses aides ( qui sont nombreuses, commune, departement, region,etat, ministere ect....)
En gros ils voudraient jouer en bourse ( a savoir créer du contenu) avec des actions gratuites, tout en s'assurant des dividendes quelques que soit le cours de l'action .
- la creation a l'aide taxe sur les supports de stockage
-Finance la lutte contre le piratage ( hadopi)
-finance le blocaque de site
-N'augmente pas les taxes sur ces produits "culturel" durant la crise
-Ne s'occupe pas du financement de la création et ou va l'argent des diverses aides ( qui sont nombreuses, commune, departement, region,etat, ministere ect....)
En gros ils voudraient jouer en bourse ( a savoir créer du contenu) avec des actions gratuites, tout en s'assurant des dividendes quelques que soit le cours de l'action .
Leer Van Keg
Le mardi 10 avril 2012 à 11:14:27
#10
Inscrit
le mardi 13 septembre 11
-
62
commentaires
En gros, le SEVN veut transformer le réseau Internet en réseau de télévision afin de pouvoir y appliquer son modèle économique actuel.
Le progrès ne vaut que s'il ne change rien à leurs habitudes...
Misère.
Le progrès ne vaut que s'il ne change rien à leurs habitudes...
Misère.

Bah depuis le temps qu'on nous en parle... C'était pas Albanel qui, quand on lui demandait si le projet de loi selon lequel on n'aura pas accès aux mêmes sites selon le FAI auquel on a souscrit était dangereux elle répondait "bah quoi personne ne se plaint d'avoir des matchs en exclu sur canal ou un sport sur FT !" ?
Il n'est plus possible de commenter cette actualité
Vous devez être connecté ou vous inscrire en haut pour pouvoir participer aux commentaires.









