La commission européenne poursuit ses travaux sur le chantier de la rémunération pour copie privée. Elle vient tout juste d'enclencher le processus de médiation sur ce sujet qui divise les acteurs, ayants droit, consommateurs, industriels et distributeurs.
« Il est prévu que les discussions commencent début 2012 pour s'achever avant l'été 2012, avait anticipé Barnier lors de cette nomination. Je pense en effet qu'un effort commun, sous la direction avisée de M. Vitorino, produira les résultats attendus qui nous permettront ainsi de proposer une législation favorisant la fluidité des échanges transfrontaliers d'équipements assujettis aux prélèvements pour copie privée tout en garantissant aux ayants droit une juste compensation pour les actes de copie privée ».
D’entrée, il rassure les uns en citant ces nouveaux modèles économiques qui vont fournir de nouvelles surfaces d’impact rémunératrices : « il est essentiel de prendre la mesure des opportunités offertes par le développement actuel de nouveaux modèles économiques. Ces modèles fournissent de nouvelles formes d'accès autorisé aux contenus protégés par les droits d'auteur. Ils devraient dans le même temps permettre aux ayants droit de mieux contrôler l'utilisation de leur contenu et la manière dont ils sont rémunérés pour cette utilisation ».
Pour enclencher son processus, Vitorino promet de multiplier les auditions et d’évaluer le champ d’application de la copie privée et la reprographie dans un environnement numérique. « Ces deux aspects pourraient m'amener à formuler des recommandations en vue d'une action législative si cela s'avérait approprié ». On pense ici notamment à l’assujettissement du cloud, dont rêvent les ayants droit pour compenser la chute des supports physiques.
D’ores et déjà, il dresse une liste de questions pour aiguiller ces futures auditions, à charge pour les acteurs d’y répondre avec leurs arguments, sensibilités et analyses.
Dans le lot, des questions cruciales : « comment une cohérence méthodologique dans l'établissement des tarifs des redevances pour copie privée pourrait-elle être atteinte en Europe ? », « comment les redevances devraient-elles être collectées dans le cadre des ventes transfrontalières ? » ou encore « qui devrait être responsable du paiement des redevances pour copie privée ? ». Cette dernière interrogation va évidemment être de premier ordre lorsqu’il s’agira d’assujettir le stockage en ligne. Avec des problématiques un brin aigües. Par exemple comment frappera-t-on un espace de stockage basé au Mexique ou en Inde ?
Property in Europe par Property in Europe CC BY-SA
En novembre 2011, António Vitorino, ancien Commissaire européen à la Justice et aux Affaires Intérieures, avait été désigné par le commissaire Michel Barnier pour mener à bien une mission de médiation sur le sujet. Un sujet épineux dans le contexte de l’harmonisation européenne où les intérêts en présence sont opposés : des ayants droit qui tiennent à cette source de financement établie dans chaque système national, des industriels et consommateurs qui militent pour des ajustements à la baisse et des distributeurs qui souffrent du marché gris et de la concurrence luxembourgeoise ou allemande.« Il est prévu que les discussions commencent début 2012 pour s'achever avant l'été 2012, avait anticipé Barnier lors de cette nomination. Je pense en effet qu'un effort commun, sous la direction avisée de M. Vitorino, produira les résultats attendus qui nous permettront ainsi de proposer une législation favorisant la fluidité des échanges transfrontaliers d'équipements assujettis aux prélèvements pour copie privée tout en garantissant aux ayants droit une juste compensation pour les actes de copie privée ».
Dépasser les positions, identifier des solutions...
Le 2 avril, António Vitorino a officiellement lancé ce processus de médiation promis par Barnier. Une médiation ou plutôt un chantier : « Le but de cette médiation est de dépasser les positions bien connues et arrêtées pour identifier des solutions réalisables et acceptables pour tous aux problèmes qui n'ont pas pu être résolus lors des discussions antérieures ».D’entrée, il rassure les uns en citant ces nouveaux modèles économiques qui vont fournir de nouvelles surfaces d’impact rémunératrices : « il est essentiel de prendre la mesure des opportunités offertes par le développement actuel de nouveaux modèles économiques. Ces modèles fournissent de nouvelles formes d'accès autorisé aux contenus protégés par les droits d'auteur. Ils devraient dans le même temps permettre aux ayants droit de mieux contrôler l'utilisation de leur contenu et la manière dont ils sont rémunérés pour cette utilisation ».
Une disparité qui affecte négativement le marché intérieur
Vitorino atteste aussi qu’aujourd’hui, « la disparité des systèmes de prélèvement (…) affecte négativement le fonctionnement du Marché intérieur ». Une critique qu’on retrouve dans une récente décision du TGI de Nanterre à l’encontre de Copie France, l’organisme de collecte de la RCP en France. Ou dans les propos de plusieurs parlementaires qui ne comprennent pas pourquoi « le montant de la redevance pour copie privée est de 2,60 € en France, contre 1,50 € en Allemagne et 0,67 € en moyenne dans l'Union européenne. Soit, pour la France, 70 % du prix de vente d'un CD ou d'un DVD vierge, comme le rappelle le collectif chere-copie-privee.org, dont fait partie l'UFC-Que choisir ». De leur côté les ayants droit des pays les plus gourmands en rémunération, comme la France, ne tiennent évidemment pas à s'aligner à la baisse.Pour enclencher son processus, Vitorino promet de multiplier les auditions et d’évaluer le champ d’application de la copie privée et la reprographie dans un environnement numérique. « Ces deux aspects pourraient m'amener à formuler des recommandations en vue d'une action législative si cela s'avérait approprié ». On pense ici notamment à l’assujettissement du cloud, dont rêvent les ayants droit pour compenser la chute des supports physiques.
D’ores et déjà, il dresse une liste de questions pour aiguiller ces futures auditions, à charge pour les acteurs d’y répondre avec leurs arguments, sensibilités et analyses.
Dans le lot, des questions cruciales : « comment une cohérence méthodologique dans l'établissement des tarifs des redevances pour copie privée pourrait-elle être atteinte en Europe ? », « comment les redevances devraient-elles être collectées dans le cadre des ventes transfrontalières ? » ou encore « qui devrait être responsable du paiement des redevances pour copie privée ? ». Cette dernière interrogation va évidemment être de premier ordre lorsqu’il s’agira d’assujettir le stockage en ligne. Avec des problématiques un brin aigües. Par exemple comment frappera-t-on un espace de stockage basé au Mexique ou en Inde ?
Le 3 avril 2012 à 10:11
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Il y a 14 commentaires
the_frogkiller
Le mardi 3 avril 2012 à 10:29:12
#1
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pas gagné cette histoire.
ahah est ce une référence aux taxes demandées par les ayants droits sur le cloud?
Les ayants droit sur un nuage
Moi je vote qu'on applique le barème français à toute l'Europe. Il est tellement juste, transparent, et simple !
+1, comme ca, on participera encore plus activement au développement des commerces extérieurs à l'Europe. On deviendrait les bons samaritains du monde ;)
une médiation ? lol quelle médiation : les ayants droits vont juste demander encore une augmentation et pam le budget infinie des gens va en reprendre un cout.
la preuve ( comme tu le dis toi même Marc)


la preuve ( comme tu le dis toi même Marc)
De leur côté les ayants droit des pays les plus gourmands en rémunération, comme la France, ne tiennent évidemment pas à s'aligner à la baisse.


On remarque très vite le problème de fond: déjà qu'entre pays d'une même union (européene) avec un organe décisonnaire et législatif commun la question de l'assujetissement à un impôt quelconque est compliqué, ici on veut non seulement arriver à un accord entre ces pays mais en plus permettre l'assujetissement de quelque chose de virtuel, càd internet, sans frontières réelles.
Dans ces conditions comment voulez-vous qu'une médiation soit possible? D'un côté on trouve des multinationales au capital énorme avec des revendications claires et d'un autre des associations de consommateurs devant déjà s'habituer à une optique europénne. Mais comment peut-on imaginer un seul instant que ce soit possible?
On parle aussi bien d'une segmentation de marché qui évolue et ne va pas forcément dans le sens des majors. Oui internet amène à une baisse des revenus car on laisse aux consommateurs le choix. Un choix plus vaste mais aussi moins cher. Toute proportion gardée je ne pense pas que Kodak ait un jour pensé à demander une taxe sur le digital pour compenser la diminution de l'argentique.
On peut encore pousser plus loin. Jamais la différence entre le prix et la valeur qu'un consomateur donne au bien n'a été aussi grande. Non un CD de Johnny ne vaut pas forcément 25€. Il coûte 25€. Certains sont prêt à mettre plus, d'autres moins. Ces derniers sont largement vainqueur avec internet, ils ne doivent plus forcément dépenser 25€ pour 2-3 titres qui les intéresse, il peut dépenser moins via une plateforme légale et obtenir satisfaction sur les quelques titres qui l'intéresse (j'occulte le piratage qui n'est pas légal...)
Dans ces conditions comment voulez-vous qu'une médiation soit possible? D'un côté on trouve des multinationales au capital énorme avec des revendications claires et d'un autre des associations de consommateurs devant déjà s'habituer à une optique europénne. Mais comment peut-on imaginer un seul instant que ce soit possible?
On parle aussi bien d'une segmentation de marché qui évolue et ne va pas forcément dans le sens des majors. Oui internet amène à une baisse des revenus car on laisse aux consommateurs le choix. Un choix plus vaste mais aussi moins cher. Toute proportion gardée je ne pense pas que Kodak ait un jour pensé à demander une taxe sur le digital pour compenser la diminution de l'argentique.
On peut encore pousser plus loin. Jamais la différence entre le prix et la valeur qu'un consomateur donne au bien n'a été aussi grande. Non un CD de Johnny ne vaut pas forcément 25€. Il coûte 25€. Certains sont prêt à mettre plus, d'autres moins. Ces derniers sont largement vainqueur avec internet, ils ne doivent plus forcément dépenser 25€ pour 2-3 titres qui les intéresse, il peut dépenser moins via une plateforme légale et obtenir satisfaction sur les quelques titres qui l'intéresse (j'occulte le piratage qui n'est pas légal...)
Deep_INpact
Le mardi 3 avril 2012 à 11:56:14
#6
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le vendredi 11 novembre 11
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...Jamais la différence entre le prix et la valeur qu'un consomateur donne au bien n'a été aussi grande. Non un CD de Johnny ne vaut pas forcément 25€. Il coûte 25€. Certains sont prêt à mettre plus, d'autres moins. ..
C'est bizarre comme la loi de l'offre et de la demande n'est jamais appliquée pour ces produits.
C'est bizarre comme la loi de l'offre et de la demande n'est jamais appliquée pour ces produits.
Exception culturelle à la francaise.
DarKCallistO
Le mardi 3 avril 2012 à 13:10:24
#8
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le mardi 11 décembre 07
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Exception culturelle à la francaise.
+1000
L'exception culturelle Française est un concept particulier du financement de la culture Française que certains seraient bien avisé d'étudier pour comprendre que même l'OMC ne peut rien faire face à une application non commercial (offre et demande) dans ce domaine.
Lien
Par exemple comment frappera-t-on un espace de stockage basé au Mexique ou en Inde ?
Comme en Nouvelle-Zélande : avec le FBI.
Comme en Nouvelle-Zélande : avec le FBI.
à cela près que c'est la police néo-zélandaise et non le FBI qui est intervenue en Nouvelle Zélande...
Je pense plutôt que pour les pays qui n'ont pas d'accord de coopération active avec une "super police" (type Interpol), on va glisser vers des sanctions économiques ou des pressions diplomatiques...
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