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« Un pas de plus vers le contrôle d’Internet par les majors du disque »

PUR perte

« C’est un message désastreux adressé aux artistes interprètes et au public en général, et un pas de plus vers le contrôle d’Internet par les majors du disque. » Colère et déception à la SPEDIDAM. Celle-ci vient de voir toutes ses demandes rejetées par la Cour d’appel de Paris. Dans six décisions rendues le 7...« C’est un message désastreux adressé aux artistes interprètes et au public en général, et un pas de plus vers le contrôle d’Internet par les majors du disque. » Colère et déception à la SPEDIDAM. Celle-ci vient de voir toutes ses demandes rejetées par la Cour d’appel de Paris.

Spedidam

Dans six décisions rendues le 7 mars 2012, la juridiction parisienne a repoussé les demandes de la Spedidam tendant à « obtenir des rémunérations pour les artistes interprètes qu’elle représente auprès des principales plateformes de téléchargement commercial (iTunes, Fnac Music, Virgin Mega…). » Une des vieilles mais toujours actuelles batailles de la SPEDIDAM, société chargée de percevoir et de distribuer les droits des artistes-interprètes.

En 2011, Jean-Paul Bazin, président de la société de perception, pointait déjà la problématique des diffusions en ligne : « les artistes interprètes ne reçoivent rien, que ce soit sur le streaming, ou les webradios, ou sur la vente de morceaux à la demande… ». Les artistes interprètes ne perçoivent en fait qu’un cachet lors de l’enregistrement, seule et unique rétribution de leur participation artistique. « Concrètement, un guitariste, un batteur, un bassiste, aussi créatif soit-il, recevra une centaine d’euros pour solde de tout compte, et cela même si l’enregistrement remporte un vrai succès et génère d’importants revenus sur internet. »

Constat amer : « 0 %, c’est ce que perçoivent la très grande majorité des artistes interprètes des exploitations de musique en ligne réalisées sur les sites Internet légaux, labellisés ou non par HADOPI. (…) Cette situation injuste et inacceptable vient du fait que, dans la majorité des contrats, les artistes, sans pouvoir de négociation, sont amenés à céder pour rien leurs droits sur l’exploitation de leurs enregistrements sur internet. »

Dans les 6 affaires jugées ce 7 mars, les juges d’appel ont estimé, selon la SPEDIDAM, « qu’une autorisation d’exploitation donnée par les artistes interprètes sur les seuls supports physiques entraînait nécessairement, et sans contrepartie, l’autorisation d’exploiter ces enregistrements sur Internet » (nous attendons copie des arrêts). La SPEDIDAM en tire cette conclusion : que les œuvres soient diffusées sur les plateformes légales ou via des usages illicites, il n’y a aucune différence : les artistes ne touchent pas un centime de plus.

La SPEDIDAM annonce du coup qu’elle forme sur le champ un pourvoi en cassation et va saisir les autorités européennes « d’une plainte au regard du non-respect répété par la France de ses engagements internationaux ». La société de perception en appelle aussi à l’adoption rapide de texte visant à assurer aux artistes interprètes une rémunération pour l’utilisation de leurs enregistrements sur Internet.
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Le 9 mars 2012 à 14:44 (41 033 lectures)

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Il y a 97 commentaires

Avatar de Guinnness INpactien
Guinnness Le vendredi 9 mars 2012 à 19:03:44
Inscrit le mardi 26 octobre 10 - 996 commentaires
Corrigez moi si je me trompe mais...
Avec un système pareil, un violoniste (par exemple) travaille dix ans, s'il est assez bon, il participera à des centaines (ou bien plus) d'enregistrements d'oeuvres musicales diverses...
et pourra prendre sa retraite ou au moins quelques années sabbatique grâce à Internet et à son immense mémoire qui permettra la diffusion continue d'une oeuvre dans laquelle il aura travaillé quelques heures ou quelques jours, en comptant les répétitions.

Est-ce "juste" ?

Tu trouve ça plus juste comme c'est organisé à l'heure actuelle avec juste les ayants droits, donc généralement uniquement le producteur, qui touchent et les artistes peau de zob ?

Le gros problème ici c'est surtout le fait que les ayants droits se sont arrangés pour pondre des contrats ne les obligeant à payer l'artiste qu'uniquement sur les ventes de supports physiques, tout ce qui concerne le dématérialisé étant exclu.

Du coup à l'heure actuelle où le dématérialisé prend de plus en plus le pas sur les supports physiques les artistes touchent de moins en moins sur leur travail pendant que les ayants droits eux se font des orgies de pognon (et après ça ose venir traiter les gens de pirates , qui est ce qui pille les artistes dans l'histoire eux ou nous ?))

Pour moi du moment où il y a perception d'argent par un ayant droit pour l'achat, la location ou n'importe quoi d'autre qui se rapporte à la diffusion sous quelque forme que ce soit d'une oeuvre artistique le ou les artistes impliqué doivent être rétribués en conséquence.

Pour ceux qui faisaient un parallèle avec les informaticiens là c'est comme si votre patron venait vous voir en vous disant "tiens au fait à partir d'aujourd'hui je ne vend plus mes produits qu'en téléchargement direct alors toi tu continue à bosser comme avant mais moi j'arrête de te payer", je pense que vous tireriez un peu la gueule non ?
Avatar de _Nada INpactien
_Nada Le vendredi 9 mars 2012 à 19:13:01
Inscrit le samedi 21 avril 07 - 480 commentaires
Donc quand ont lit " Nicolas Sarkozy aime les artistes français et fait tout ce qui est en son pouvoir pour les protéger " c'est du pipo alors ?

Il faut plutot comprendre " Nicolas Sarkozy aime ses amis français qui tirent profits du travail des autres (les artistes) et fait tout ce qui est en son pouvoir pour les protéger et leurs assurer une rente a vie "

Ne le dis pas trop fort, les artistes pourraient [enfin] comprendre et décider de ne plus voter pour le grand empereur Sarkozy, protecteur des gentils zartistes contre les michants internautes.

Amis zartistes, j'espère que cela ne fait pas trop mal au c-l !

Avatar de Commentaire_supprime INpactien
Commentaire_supprime Le vendredi 9 mars 2012 à 19:19:16
Inscrit le vendredi 31 octobre 08 - 25012 commentaires

Oui, mais le raissonnement reste le même. "Est-ce que les musiciens méritent une rente" bien que valide, n'est pas la question présente.
Ici, tel que je le comprend, l'interprète signe un contrat qui doit lui rapporter de l'argent, qu'il ne voit finalement jamais, parce que "le contrat donne les droits sur tout supports, mais la rémunération ne couvre que le domaine physique". Ca fait un peu cheap, quand même.

Après, j'ai peut-être mal compris.


J'ai compris dans le même sens.

Globalement, les artistes interprètes touchent nada sur les ventes en ligne, l'offre légale en d'autres termes, parce que les contrats valables pour l'offre matérielle ne sont pas applicables pour l'offre légale labellisée pur...

Ma question : que fait Hadopi ?
Avatar de 2show7 INpactien
2show7 Le vendredi 9 mars 2012 à 19:35:19
Inscrit le vendredi 24 juillet 09 - 7446 commentaires



Ma question : que fait Hadopi ?


Ils attendent 70 ans après la mort de l'auteur
Avatar de elezoic INpactien
elezoic Le vendredi 9 mars 2012 à 21:42:46
Inscrit le jeudi 10 mai 07 - 591 commentaires
0 %, c’est ce que perçoivent la très grande majorité des artistes interprètes des exploitations de musique en ligne réalisées sur les sites Internet légaux, labellisés ou non par HADOPI. (…) Cette situation injuste et inacceptable vient du fait que, dans la majorité des contrats, les artistes, sans pouvoir de négociation, sont amenés à céder pour rien leurs droits sur l’exploitation de leurs enregistrements sur internet.


Les majors ça les arrangent bien de pouvoir partager de la musique sur le p2p internet en illimité pour 0 euros.
Avatar de Jarodd INpactien
Jarodd Le vendredi 9 mars 2012 à 23:09:22
Inscrit le mardi 26 octobre 04 - 18468 commentaires
Un petit dessin en rapport avec l'industrie du disque
Avatar de MrCal3x INpactien
MrCal3x Le samedi 10 mars 2012 à 00:20:24
Inscrit le vendredi 26 août 11 - 153 commentaires


boarf faut faire comme les "grands" de ce monde : qu'importe la méthode seul le résultat compte

perso je rentre chez les gens, leurs colle un flingue sur la tempe : tu va me dl le dernier cd de johnny NOWWWW BITCH !!! après je viol pc familiale avec plein de virus et mon cable "micro-usb"

bah oui un pirate ca rigole pas ! ( d’après les grand médias)


MER IL AY FOU !
Avatar de coket INpactien
coket Le samedi 10 mars 2012 à 01:46:29
Inscrit le lundi 5 novembre 07 - 918 commentaires

Autant ça me fait mal de prendre la défense du nabot, autant là il n'a rien à voir avec la choucroute ^^'


Ben ici le problème est différent : ce n'est pas une photo du gateau ou de la guitare, c'est le produit direct du musicien, qui est mis à disposition.
On lui dit "tu nous files les droits sur ta musique, on te file x% des bénefs". Ok. Puis derrière les majors mettent la musique sur le net et filent 0% des bénefs, en jouant sur des clauses de contrat. Pas surprenant de leur part, mais bien crevard quand même.



La base du problème est là je pense... ce n'est pas leur musique, ils sont juste interprètes.

Je ne mets pas en cause le goinfrage que se font les sociétés de gestion, les producteurs, etc sut les ayants droits; je souligne juste que les interprètes ne sont pas des ayants droits.
Avatar de Ph11 INpactien
Ph11 Le samedi 10 mars 2012 à 03:20:22
Inscrit le mardi 15 mai 07 - 7757 commentaires

Ben ici le problème est différent : ce n'est pas une photo du gateau ou de la guitare, c'est le produit direct du musicien, qui est mis à disposition.

Non, c'est exactement pareil. La différence, c'est que la loi permet aux majors de faire appliquer des contrats irréalistes, contre-intuitifs et implicites lors de la transaction, nécessitant des moyens couteux et liberticides.
Avatar de Ph11 INpactien
Ph11 Le samedi 10 mars 2012 à 03:34:45
Inscrit le mardi 15 mai 07 - 7757 commentaires

Le droit d'auteur a été mis en place au 18/19ème siècle il me semble pour protéger en particulier les écrivains et leur permettre de contrôler la reproduction de leurs oeuvres.
et ça a un traitement spécifique car c'est une oeuvre de l'esprit et pas juste un objet ou une machine....

À l'époque, on avait bien compris que le droit de propriété permettait d'enrichir la société. Et comme à chaque fois que l'homme fait une chouette découverte sur une chose, il veut l'étendre à tout le reste, ce qui aboutit à des absurdités et même la violation du principe de départ.
Comme par exemple les droits de l'homme, la science,…
Au XVIIIe Siècle, on a découvert que la science était bonne, au XIXe, il y avait l'école polytechnique et on sombrait dans le saint simonisme.
On peut dire que les maîtres-penseurs développent le concept, leurs élèves le reprennent et le pousse au maximum contre toute raison.

En plus, le droit d'auteur est aussi le descendant d'un privilège royal sur l'oeuvre.
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