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Free Mobile : l'ARCEP est satisfaite, mais elle surveillera l'opérateur

L'ARCEP apprécie le changement

Jean-Ludovic Silicani, le président de l’ARCEP, a accordé aujourd’hui une interview à notre confrère Les Échos. Plutôt positif quant à l’impact des offres de Free Mobile sur le marché, il ne compte néanmoins pas laisser tout passer à l’opérateur. Sa qualité de service et son SAV seront notamment vérifiés. D’autres points ont de plus été abordés, comme les conséquences de Free Mobile sur les offres prépayées, le tarif social à 10 € et les MVNO.

Jean-Ludovic Silicani ARCEP

Globalement, le président de l’Autorité de régulation des télécoms n’a pas caché sa joie de voir Free Mobile lancer des forfaits correspondants à ses promesses faites à l’ARCEP il y a plus de deux ans. Que ce soit au niveau des prix, de la simplicité des offres ou de la séparation entre le forfait et le terminal, Jean-Ludovic Silicani s’est montré satisfait.

Une « structure oligopolistique » qui devait être brisée

Pour le patron de l’ARCEP, le marché avait en effet besoin de l’arrivée d’un opérateur comme Free Mobile. Avec le gouvernement, « nous avons fait ensemble le constat que le marché mobile avait une structure oligopolistique et donc insuffisamment concurrentielle. Ce marché se caractérisait par une rente de situation. Il fallait un nouvel entrant pour l'animer car le prix du panier moyen de consommation mobile en France était supérieur à celui des autres pays européens comparables. »

Adieu les cartes prépayées

Surpris par l’offre à 2 €, Silicani estime d’ailleurs que cela aura une influence directe sur le marché des cartes prépayées. Seuls les opérateurs s’intéressant à certaines niches, notamment géographiques, survivront. Même chanson concernant le tarif social à 10 €. Il n’a désormais plus aucun sens avec une telle offre.

Les MVNO devront se rapprocher

Quant à la cinquantaine de MVNO qui existe en France, survivront-ils tous à l’arrivée de Free Mobile et aux offres à bas prix des trois grands opérateurs ? Il est désormais probable que des fusions et acquisitions se multiplient ces prochaines années. Silicani va en tout cas dans ce sens : « S'agissant des MVNO, le marché devra se rationaliser, comme cela s'est déjà passé avec les fournisseurs d'accès à Internet, qui se sont regroupés. »

L’éclosion des Full-MVNO (Virgin Mobile, NRJ Mobile et Lycamobile), qui jouissent d’une plus grande marge de manœuvre (services et tarifs) que les MVNO classiques, enfoncera un peu plus ces derniers qui plus est. Rappelons d’ailleurs que Free Mobile devrait lui aussi accueillir des MVNO sur son réseau, même si sa propre couverture de la population (hors Orange donc) est bien inférieure à la concurrence.

L'illimité le sera-t-il vraiment ?

Concernant la couverture justement, Jean-Ludovic Silicani a rappelé que l’ARCEP « sera très attentive à ce que les obligations en matière de couverture de la population soient atteintes en temps et en heure ». Pour mémoire, les prochaines échéances de Free Mobile sont dans trois ans (début 2015) et dans six ans (début 2018). Lors de ces deux dates, Free devra au minimum avoir couvert respectivement 75 et 90 % de la population en voix, et 69 et 83 % en données.

Silicani a de plus insisté sur le fait que l’ARCEP surveillera la qualité de service du quatrième opérateur, ainsi que ses petites lignes. Par exemple, l’Autorité veillera à ce que l’offre illimitée « le soit véritablement ». Il faut dire que le terme illimité a fait l’objet de nombreux abus ces dernières années par les opérateurs, au point d'être encadré par les sénateurs.

Les dividendes de l'État...

Enfin, le président de l’ARCEP a lancé une petite pique à l’État en tant qu’actionnaire d’Orange. Silicani a ainsi fait remarquer que si Orange voulait contrer les offres de Free Mobile sans réduire ses investissements et sans licencier, l’une des solutions serait qu’il verse des dividendes inférieurs à ses actionnaires, et donc à l’État. Un discours qui devrait faire écho auprès du CFE-CGC/UNSA, le principal syndicat de France Télécom, qui a régulièrement pointé du doigt les millions voire milliards d’euros de dividendes reçus par l’État, tout comme l’ADEAS.
le 12 janvier 2012 à 18:06 (33 162 lectures)