Derrière la guerre acharnée que se livrent en ce moment Apple avec iOS, Google avec Android, Microsoft avec Windows Phone 7 ou encore RIM avec BlackBerry OS, la bataille des applications payantes est certainement la plus importante. Il faut dire qu’une réelle dépendance nait autour de ces applications. Leur incompatibilité avec les autres OS force en quelque sorte l’utilisateur à rester sous le même système d'exploitation. Un problème majeur à long terme quand on y réfléchit.
La question est légitime dès lors que l’on possède un smartphone depuis un certain temps et que plusieurs achats d’applications y ont été réalisés : est-on prêt à perdre toutes ses applications et prendre un mobile avec un OS concurrent ou non ? En cas d’investissement important, la perte peut être non négligeable.
Bien sûr, on peut toujours avancer que la situation similaire dans plusieurs autres marchés comme les consoles par exemple. Néanmoins, si les jeux ne sont pas compatibles entre consoles de marque différente (et de même marque souvent !), la différence se trouve déjà dans la revente, même si les éditeurs font tout pour en limiter l’impact. Et du côté des ordinateurs, nous pouvons faire remarquer que de nombreux logiciels sont compatibles Windows, Mac et Linux, et que de toute façon, rares sont les personnes à changer de PC et d’OS aussi souvent qu’un smartphone.
La situation actuelle des smartphones se rapproche donc en quelque sorte du marché des consoles ou des anciens ordinateurs (époque Atari, Amiga, etc.) où changer de machine avait pour conséquence le besoin de racheter les jeux et les logiciels. Sauf que les applications mobiles ne peuvent être revendues. Une différence fondamentale qui joue de façon évidente sur les choix des consommateurs.
Cela explique notamment pourquoi les nombreux détenteurs d’iPhone changent de mobile pour un… iPhone. L’achat d’applications des utilisateurs d’iPhone est très important, bien plus que sur les autres plateformes. Cela donne un avantage considérable à Apple, qui, en quelque sorte, a vu ses utilisateurs s’emprisonner eux-mêmes. La Pomme s’assure ainsi une fidélité importante, et Google tente d’en faire de même avec Android. L’avantage de ce dernier étant qu’il est possible de garder ses applications, même si l’on change de marque de téléphone.
Mais cette situation peut-elle perdurer ? Les applications sur mobile se sont démocratisées il y a à peine trois ans et les premiers à acheter des applications étaient de toute façon pour la plupart sur iPhone. Mais d’ici ces prochains mois, la problématique se posera nécessairement pour des dizaines voire centaines de millions d’utilisateurs de smartphones. Ces derniers, faute de compatibilité entre téléphones d’OS différents, risquent alors de réfléchir à deux fois avant d’acheter leurs applications. Il est ainsi quasi certain qu’une partie non négligeable d’entre eux ne savent pas qu’il leur est impossible de transférer leurs applications ailleurs. La surprise sera de taille et la frustration considérable.
Deux réactions négatives peuvent alors découler de cette situation : soit les utilisateurs de smartphones vont éviter d’acheter des applications, se contentant des gratuites, soit ils les « pirateront », que ce soit via un jailbreak pour Apple ou en passant par d’autres moyens pour Android et les autres OS. Bien sûr, la réaction positive pour les éditeurs et constructeurs est la fidélité, mais cette dernière peut voler en éclat si les réactions négatives citées ci-dessus prennent le pas sur les consommateurs.
N’oublions pas aussi une autre problématique. Nous avons parlé ci-dessus de la réflexion liée aux applications payantes, mais il faut aussi prendre les applications, même gratuites, où l’on peut intégrer diverses données. La logique est finalement similaire pour le carnet d’adresses ou toutes fiches personnelles. La solution la plus simple réside alors à passer par des comptes fonctionnant sur diverses machines (compte Gmail, Windows Live, etc.) mais cette technique, fort pratique il est vrai en cas de changement d’appareil, ne fonctionne que pour certains services.
Au final, il est évident que cette « prison » offre à Apple des revenus assurés pour de très longues années. Mais le grand gagnant pourrait bien être Android. Tous les constructeurs ont intérêt à garder cet OS, et les consommateurs apprécient le choix très vaste des appareils. La difficulté pour Windows Phone 7 n’en est ainsi que plus grande. Néanmoins, le passé nous a prouvé qu'être leader dans le secteur des smartphones n'est pas quelque chose de gravé dans le marbre. Nokia et RIM le savent parfaitement. Mais la problématique des applications n'existait pas lors de leur époque dorée.
La question est légitime dès lors que l’on possède un smartphone depuis un certain temps et que plusieurs achats d’applications y ont été réalisés : est-on prêt à perdre toutes ses applications et prendre un mobile avec un OS concurrent ou non ? En cas d’investissement important, la perte peut être non négligeable.
Bien sûr, on peut toujours avancer que la situation similaire dans plusieurs autres marchés comme les consoles par exemple. Néanmoins, si les jeux ne sont pas compatibles entre consoles de marque différente (et de même marque souvent !), la différence se trouve déjà dans la revente, même si les éditeurs font tout pour en limiter l’impact. Et du côté des ordinateurs, nous pouvons faire remarquer que de nombreux logiciels sont compatibles Windows, Mac et Linux, et que de toute façon, rares sont les personnes à changer de PC et d’OS aussi souvent qu’un smartphone.
La situation actuelle des smartphones se rapproche donc en quelque sorte du marché des consoles ou des anciens ordinateurs (époque Atari, Amiga, etc.) où changer de machine avait pour conséquence le besoin de racheter les jeux et les logiciels. Sauf que les applications mobiles ne peuvent être revendues. Une différence fondamentale qui joue de façon évidente sur les choix des consommateurs.
Cela explique notamment pourquoi les nombreux détenteurs d’iPhone changent de mobile pour un… iPhone. L’achat d’applications des utilisateurs d’iPhone est très important, bien plus que sur les autres plateformes. Cela donne un avantage considérable à Apple, qui, en quelque sorte, a vu ses utilisateurs s’emprisonner eux-mêmes. La Pomme s’assure ainsi une fidélité importante, et Google tente d’en faire de même avec Android. L’avantage de ce dernier étant qu’il est possible de garder ses applications, même si l’on change de marque de téléphone.
Mais cette situation peut-elle perdurer ? Les applications sur mobile se sont démocratisées il y a à peine trois ans et les premiers à acheter des applications étaient de toute façon pour la plupart sur iPhone. Mais d’ici ces prochains mois, la problématique se posera nécessairement pour des dizaines voire centaines de millions d’utilisateurs de smartphones. Ces derniers, faute de compatibilité entre téléphones d’OS différents, risquent alors de réfléchir à deux fois avant d’acheter leurs applications. Il est ainsi quasi certain qu’une partie non négligeable d’entre eux ne savent pas qu’il leur est impossible de transférer leurs applications ailleurs. La surprise sera de taille et la frustration considérable.
Deux réactions négatives peuvent alors découler de cette situation : soit les utilisateurs de smartphones vont éviter d’acheter des applications, se contentant des gratuites, soit ils les « pirateront », que ce soit via un jailbreak pour Apple ou en passant par d’autres moyens pour Android et les autres OS. Bien sûr, la réaction positive pour les éditeurs et constructeurs est la fidélité, mais cette dernière peut voler en éclat si les réactions négatives citées ci-dessus prennent le pas sur les consommateurs.
N’oublions pas aussi une autre problématique. Nous avons parlé ci-dessus de la réflexion liée aux applications payantes, mais il faut aussi prendre les applications, même gratuites, où l’on peut intégrer diverses données. La logique est finalement similaire pour le carnet d’adresses ou toutes fiches personnelles. La solution la plus simple réside alors à passer par des comptes fonctionnant sur diverses machines (compte Gmail, Windows Live, etc.) mais cette technique, fort pratique il est vrai en cas de changement d’appareil, ne fonctionne que pour certains services.
Au final, il est évident que cette « prison » offre à Apple des revenus assurés pour de très longues années. Mais le grand gagnant pourrait bien être Android. Tous les constructeurs ont intérêt à garder cet OS, et les consommateurs apprécient le choix très vaste des appareils. La difficulté pour Windows Phone 7 n’en est ainsi que plus grande. Néanmoins, le passé nous a prouvé qu'être leader dans le secteur des smartphones n'est pas quelque chose de gravé dans le marbre. Nokia et RIM le savent parfaitement. Mais la problématique des applications n'existait pas lors de leur époque dorée.
Nil Sanyas
le 7 janvier 2012 à 09:42
(32 054
lectures)
Actualités et brèves relatives
- 24 / 12 / 2011 : Édito : À quoi faut-il s’attendre en 2012 ?
- 17 / 12 / 2011 : Édito : quand les geeks prennent le pouvoir
- 10 / 12 / 2011 : Édito : ces sujets qui ne sont jamais ou si peu débattus
- 03 / 12 / 2011 : Édito : les joueurs, les dindons de la farce
- 26 / 11 / 2011 : Édito : Free Mobile, l’échec n’est pas une option
- 19 / 11 / 2011 : Édito : le marché de la musique prend-il le bon chemin ?
- 12 / 11 / 2011 : Édito : il était une fois Internet en Belgique
- 06 / 11 / 2011 : Édito : mais qui est donc le Parti Pirate français ?







