En juin 2010, nous avions traité dans nos colonnes de la difficulté du réseau de distribution tiers d’Apple de vendre des iPad. La communication était assez pauvre et aucune information précise n’était fournie sur l’état des stocks. L’interview récente par Challenges du patron d’une chaine d’APR nous renseigne davantage sur les relations de plus en plus tendues des boutiques affiliées avec Apple.
La colère est palpable dans les propos du patron. La situation aurait commencé à se dérégler en 2009 quand Apple a débuté l’implantation de ses propres boutiques physiques un peu partout. De fait, les APR (Apple Premium Resellers) se retrouvent en compétition directe avec les ARS (Apple Retail Stores). Malheureusement, ces derniers disposent d’avantages bien précis.
C’est notamment le cas des « restricted zones », autrement dites des zones interdites : « ce sont des zones où des Apple Stores pourraient s’implanter, et où, par conséquent, un revendeur ne peut pas s’installer » explique M. Prudent. Le patron ajoute : « chaque fois que nous voulons ouvrir un nouveau point de vente, Apple nous répond : “impossible, l’emplacement voulu est en Restricted Zone” ! On a l’impression que la France entière est une Restricted Zone, d’autant plus que Apple refuse bien sûr de nous communiquer une carte de ces fameuses zones ! ». Point intéressant souligné : les demandes ont été faites à Apple France, mais c'est la Corp (USA) qui a ordonné les refus.
Autre problème : lorsqu’un Mac est lancé pour la première fois, l’utilisateur est invité à s’enregistrer pour qu’Apple puisse le tenir informé des nouveautés. Cela inclut les « campagnes de précommandes » pour les nouveaux produits tels que l’iPad 2. Or, les APR ne peuvent pas réaliser les précommandes. Il y a donc interception des clients qui vont se tourner vers les Stores physiques ou le site web d’Apple. Les livraisons sur les produits stars et récents tels que l'iPad 2 et le MacBook Air ne se font qu'au compte-goutte. En outre, Prudent indique qu'aucune livraison d'iPhone 4S n'a jamais été faite alors qu'il a été lancé en septembre.
Interrogé par Challenges sur la possibilité de rompre le contrat et de vendre d’autres produits, Prudent répond que le statut APR réclame des conditions bien précises, notamment un chiffre d’affaires provenant à hauteur de 75 % des produits Apple. Une dépendance forte laissant peu de marge de manœuvre.
Une actualité publiée hier par Channel Web signale que plusieurs contacts provenant d’autres APR ont, dans les grandes lignes, confirmé les allégations d’eBizcuss, notamment la concurrence déloyale et les livraisons au petit bonheur la chance. Le cas de l’iPad 2 a été clairement souligné, les livraisons ne se faisant pas alors que les grandes surfaces en recevaient. Est également mis en avant l’APR v2, autrement dit le nouveau contrat qui lie les boutiques APR à Apple, et via lequel les magasins tiers seraient obligés de procéder à des aménagements coûteux.
Mais attention : il est rare dans ce type de plainte que la situation soit manichéenne. Si un procès s’ouvre, Apple devrait certainement s’expliquer sur ses choix et sur plusieurs situations, notamment le contrôle des livraisons et la version 2 du contrat. Pour autant, il semble désormais évident qu’Apple veut s’implanter dans toutes les grandes villes et que les APR sont condamnés à en souffrir.
eBizcuss ouvre les hostilités
François Prudent a fondé la chaîne eBizcuss en 1992. Les boutiques de l’enseigne étaient centrées au départ sur l’activité B2B (Business to Business) puis se sont tournées progressivement vers le grand public, un mouvement qui allait dans le même sens qu’Apple. Aujourd’hui, François Prudent indique que la quasi-totalité des revenus des boutiques eBizcuss provient de la revente de matériel Apple. Mais la situation s’est nettement dégradée.La colère est palpable dans les propos du patron. La situation aurait commencé à se dérégler en 2009 quand Apple a débuté l’implantation de ses propres boutiques physiques un peu partout. De fait, les APR (Apple Premium Resellers) se retrouvent en compétition directe avec les ARS (Apple Retail Stores). Malheureusement, ces derniers disposent d’avantages bien précis.
C’est notamment le cas des « restricted zones », autrement dites des zones interdites : « ce sont des zones où des Apple Stores pourraient s’implanter, et où, par conséquent, un revendeur ne peut pas s’installer » explique M. Prudent. Le patron ajoute : « chaque fois que nous voulons ouvrir un nouveau point de vente, Apple nous répond : “impossible, l’emplacement voulu est en Restricted Zone” ! On a l’impression que la France entière est une Restricted Zone, d’autant plus que Apple refuse bien sûr de nous communiquer une carte de ces fameuses zones ! ». Point intéressant souligné : les demandes ont été faites à Apple France, mais c'est la Corp (USA) qui a ordonné les refus.
Autre problème : lorsqu’un Mac est lancé pour la première fois, l’utilisateur est invité à s’enregistrer pour qu’Apple puisse le tenir informé des nouveautés. Cela inclut les « campagnes de précommandes » pour les nouveaux produits tels que l’iPad 2. Or, les APR ne peuvent pas réaliser les précommandes. Il y a donc interception des clients qui vont se tourner vers les Stores physiques ou le site web d’Apple. Les livraisons sur les produits stars et récents tels que l'iPad 2 et le MacBook Air ne se font qu'au compte-goutte. En outre, Prudent indique qu'aucune livraison d'iPhone 4S n'a jamais été faite alors qu'il a été lancé en septembre.
Interrogé par Challenges sur la possibilité de rompre le contrat et de vendre d’autres produits, Prudent répond que le statut APR réclame des conditions bien précises, notamment un chiffre d’affaires provenant à hauteur de 75 % des produits Apple. Une dépendance forte laissant peu de marge de manœuvre.
Effet domino ?
Ces problèmes, ainsi que d’autres, ont décidé eBizcuss à préparer deux plaintes pour « abus de position dominante », et une plainte pour « dépendance économique ». Mais l’interview de François Prudent a eu pour conséquence de débloquer plusieurs autres sources d’informations, comme le souligne MacBidouille.Une actualité publiée hier par Channel Web signale que plusieurs contacts provenant d’autres APR ont, dans les grandes lignes, confirmé les allégations d’eBizcuss, notamment la concurrence déloyale et les livraisons au petit bonheur la chance. Le cas de l’iPad 2 a été clairement souligné, les livraisons ne se faisant pas alors que les grandes surfaces en recevaient. Est également mis en avant l’APR v2, autrement dit le nouveau contrat qui lie les boutiques APR à Apple, et via lequel les magasins tiers seraient obligés de procéder à des aménagements coûteux.
Mais attention : il est rare dans ce type de plainte que la situation soit manichéenne. Si un procès s’ouvre, Apple devrait certainement s’expliquer sur ses choix et sur plusieurs situations, notamment le contrôle des livraisons et la version 2 du contrat. Pour autant, il semble désormais évident qu’Apple veut s’implanter dans toutes les grandes villes et que les APR sont condamnés à en souffrir.
Vincent Hermann
le 6 janvier 2012 à 17:22
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