webOS devait être le système d’exploitation synonyme de résurrection chez Palm. La société, face à des ventes de plus en plus faibles de ses PDA puis de ses smartphones, décide d’accepter l’offre de HP et se fait racheter pour 1,2 milliard de dollars. Récemment, des sources indiquaient que HP avait tenté de se débarrasser de son acquisition pour le même prix. Aujourd’hui, d’autres sources suggèrent que webOS était en fait condamné.
Ces sources se sont notamment expliquées sur le bide de la tablette TouchPad. À peine sept semaines de commercialisation avant que HP ne la retire des boutiques pour cause de volumes de ventes trop faibles. Une décision très rapide qui avait provoqué la surprise. Les sources ont cependant expliqué au New York Times que même si la tablette avait poursuivi sa carrière, elle n’avait « pratiquement aucune chance ».
Lorsque HP a racheté Palm, les espoirs sur webOS étaient grands. Mais lorsque les développeurs ont plongé les mains dans le « cambouis », le produit se serait révélé être un « actif toxique ». webOS avait été conçu selon plusieurs objectifs dont le principal était de permettre l’utilisation des technologies du web. Plus souple qu’iOS et plus agréable à utiliser qu’Android : la combinaison était en théorie excellente. Mais il manquait selon les sources un ingrédient essentiel : des bases solides.
« Palm était en avance sur son temps en tentant de concevoir une plateforme logicielle pour téléphone utilisant les technologies du web, et nous n’avons tout simplement pas été capables de réaliser une telle percée et une conception ambitieuse. Peut-être que cela n’aurait jamais pu être réalisé car la technologie n’était pas encore là. »
On apprend en effet que webOS a été réalisé en neuf mois, du début à la fin. Une période particulièrement courte pour créer un système d’exploitation ainsi qu’une plateforme complète. La première version manquait d’ailleurs de performances et de finalisation même si la presse était globalement unanime sur le fort potentiel.
Autre problème : les compétences des développeurs. Selon Mercer, il était difficile de trouver des personnes compétentes dans leur compréhension intime de Webkit. Apple et Google, utilisant fortement le moteur de rendu dans leurs produits, avaient déjà embauché nombre de développeurs reconnus, ne laissant que peu de marge à Palm. Jon Rubinstein, alors PDG de Palm, était en outre critiqué pour ne pas comprendre les implications d’un tel projet à cause d’un passé totalement tourné vers le matériel.
Le dernier gros problème recensé a été le rachat par HP. Ue telle opération nécessite un temps d’adaptation, et l’équipe de développement était déjà amputée. Paul Mercer était parti avant le rachat et Matias Duarte, responsable de l’expérience utilisateur et considéré comme l’âme de webOS, a quitté HP un mois après l’acquisition. Un départ suivi par plusieurs autres.
Lorsque Léo Apotheker est devenu PDG à la fin de l’été 2010, son ambition était de répandre alors webOS dans un maximum de produits, y compris les imprimantes (ce qui n’a pas changé). Mais le système n’était pas forcément prêt à relever immédiatement un tel défi avec une équipe tronquée. Le New York Times cite également une ancienne employée de HP souhaitant rester anonyme selon laquelle le développement de la TouchPad avait vu le débarquement de centaines d’ingénieurs et d’un certain nombre de vice-présidents. Une effervescence retombée d’un seul coup lors de l’annonce du retrait de la TouchPad.
Le potentiel de webOS pourrait devenir plus apparent avec l’ouverture du code. Les développeurs pourraient s’intéresser à ses sources et participer activement pour créer une communauté. Mais un tel geste ne trouve aucune finalité dans sa réalisation : c’est l’entretien de la communauté et donc des développeurs qui créera un environnement favorable à un retour de webOS.
De l’opportunité à la toxicité
Les années 2010 et 2011 auront décidément représenté une période de flottement pour HP. Le rachat de Palm pour 1,2 milliard de dollars avait été critiqué car la somme avancée avait été jugée trop importante. Pourtant, on pouvait imaginer que HP allait utiliser webOS pour l’intégrer dans un maximum de produits. Or, plusieurs sources du New York Times ont indiqué que l’avenir de la plateforme était assez obscur à cause de sa conception-même.Ces sources se sont notamment expliquées sur le bide de la tablette TouchPad. À peine sept semaines de commercialisation avant que HP ne la retire des boutiques pour cause de volumes de ventes trop faibles. Une décision très rapide qui avait provoqué la surprise. Les sources ont cependant expliqué au New York Times que même si la tablette avait poursuivi sa carrière, elle n’avait « pratiquement aucune chance ».
Lorsque HP a racheté Palm, les espoirs sur webOS étaient grands. Mais lorsque les développeurs ont plongé les mains dans le « cambouis », le produit se serait révélé être un « actif toxique ». webOS avait été conçu selon plusieurs objectifs dont le principal était de permettre l’utilisation des technologies du web. Plus souple qu’iOS et plus agréable à utiliser qu’Android : la combinaison était en théorie excellente. Mais il manquait selon les sources un ingrédient essentiel : des bases solides.
« Pas capables »
Paul Mercer, anciennement directeur du logiciel chez Palm, a indiqué au New York Times :« Palm était en avance sur son temps en tentant de concevoir une plateforme logicielle pour téléphone utilisant les technologies du web, et nous n’avons tout simplement pas été capables de réaliser une telle percée et une conception ambitieuse. Peut-être que cela n’aurait jamais pu être réalisé car la technologie n’était pas encore là. »
On apprend en effet que webOS a été réalisé en neuf mois, du début à la fin. Une période particulièrement courte pour créer un système d’exploitation ainsi qu’une plateforme complète. La première version manquait d’ailleurs de performances et de finalisation même si la presse était globalement unanime sur le fort potentiel.
Une longue suite d’erreurs
Paul Mercer avait été engagé par Palm pour s’occuper du design de webOS. Cette partie était réussie, mais l’ancien responsable a précisé que la volonté de sortir rapidement le produit a nui à sa qualité. L’objectif de concevoir des applications via les technologies du web était un bon postulat, mais Mercer estime que c’était une erreur de ne laisser que cette possibilité. L’utilisation du moteur de rendu Webkit était également logique mais sans la possibilité d’écrire du code natif, les soucis de performances étaient rapidement apparus. Les problèmes étaient en fait les mêmes que ceux soulevés par Mozilla pour l’interface XUL de Firefox sur Android : tous les éléments affichés à l’écran devaient être interprétés par Webkit.Autre problème : les compétences des développeurs. Selon Mercer, il était difficile de trouver des personnes compétentes dans leur compréhension intime de Webkit. Apple et Google, utilisant fortement le moteur de rendu dans leurs produits, avaient déjà embauché nombre de développeurs reconnus, ne laissant que peu de marge à Palm. Jon Rubinstein, alors PDG de Palm, était en outre critiqué pour ne pas comprendre les implications d’un tel projet à cause d’un passé totalement tourné vers le matériel.
Le dernier gros problème recensé a été le rachat par HP. Ue telle opération nécessite un temps d’adaptation, et l’équipe de développement était déjà amputée. Paul Mercer était parti avant le rachat et Matias Duarte, responsable de l’expérience utilisateur et considéré comme l’âme de webOS, a quitté HP un mois après l’acquisition. Un départ suivi par plusieurs autres.
Lorsque Léo Apotheker est devenu PDG à la fin de l’été 2010, son ambition était de répandre alors webOS dans un maximum de produits, y compris les imprimantes (ce qui n’a pas changé). Mais le système n’était pas forcément prêt à relever immédiatement un tel défi avec une équipe tronquée. Le New York Times cite également une ancienne employée de HP souhaitant rester anonyme selon laquelle le développement de la TouchPad avait vu le débarquement de centaines d’ingénieurs et d’un certain nombre de vice-présidents. Une effervescence retombée d’un seul coup lors de l’annonce du retrait de la TouchPad.
Et maintenant ?
La suite, tout le monde la connaît : webOS a été déclaré open source. Meg Whitman, PDG depuis septembre dernier, avait annoncé à ce sujet que 600 employés restaient affectés au système. Il ne s’agit donc pas simplement d’une roue libre.Le potentiel de webOS pourrait devenir plus apparent avec l’ouverture du code. Les développeurs pourraient s’intéresser à ses sources et participer activement pour créer une communauté. Mais un tel geste ne trouve aucune finalité dans sa réalisation : c’est l’entretien de la communauté et donc des développeurs qui créera un environnement favorable à un retour de webOS.
Source :
NY Times
Vincent Hermann
le 3 janvier 2012 à 10:29
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