La semaine dernière, nous relations la décision de la haute cour australienne d’accorder à Apple une semaine supplémentaire pour prouver la violation de brevets par Samsung. Un délai supplémentaire qui entrainait mathématiquement une extension de l’injonction qui bloquait la vente de la tablette Galaxy Tab 10,1 pouces. Mais aux États-Unis, Apple n’a pas réussi à reproduire le même schéma.
Mais si la firme a bien obtenu une série de succès en Australie, la situation outre-Atlantique est très différente. La plainte avait été initialement déposée devant un tribunal de Californie et Apple comptait s’en faire un point d’ancrage avant d’en augmenter la portée. Mais la juge Lucy Koh vient de lâcher un grain de sable dans la machinerie : il n’y aura pas d’injonction préliminaire, donc pas de blocage des ventes des produits de Samsung à titre préventif.
En clair, Apple n’a pas su convaincre le tribunal des bienfaits de l’injonction préliminaire, faute de preuves d’un impact sévère sur la santé de l’entreprise. On note du coup que la juge Lucy Koh applique un principe de précaution inverse du cas australien : plutôt que d’interdire la vente des produits de Samsung en attendant d’en savoir plus, la vente continue et Apple se voit demander des preuves supplémentaires.
Évidemment, côté Samsung, on se félicite de cette décision. Le porte-parole Jasan Kim indique ainsi : « Cette décision conforte notre opinion de longue date que les arguments d’Apple n’ont aucun fondement ». On rappellera cependant que si les arguments de la pomme n’ont aucun poids, Samsung était prêt en Australie à supprimer deux fonctionnalités de sa Galaxy Tab 10,1 pouces pour obtenir le retour à la vente. Une solution de compromis qu’Apple avait refusé, la tablette se retrouvant aujourd’hui sur le point de manquer la période des fêtes de fin d’année.
Mais la décision de la juge Koh s’accompagne d’une précision intéressante. Elle explique qu’Apple parviendra « probablement » à prouver qu’il y a bien eu violation des brevets qui servent de fondation à la plainte. Mais pour la juge, ce n’est pas suffisant, car Samsung remet en cause la validité desdits brevets. De fait, Apple doit non seulement prouver la violation, mais également la validité.
Florian Mueller, auteur du célèbre blog Foss Patents, indique que cette décision de la juge Koh prouve que les brevets d’Apple ont en eux-mêmes une faible valeur stratégique. Il estime dans un autre billet qu’Apple devrait se concentrer davantage sur les détails techniques au sein de ses brevets plutôt que sur des indications générales portant sur le design des produits, la technique ayant une bien plus grande valeur lors des oppositions. Il rappelle également que cette victoire ne concerne qu’une fraction d’une bataille plus globale dont le déroulement commencera le 30 juillet prochain.
Galaxy Tab 10,1 pouces
Même escarmouche, résultats opposés
Si Apple domine actuellement le marché des tablettes, elle cherche aussi à protéger son iPad de toute intrusion sur sa visibilité. La firme de Cupertino a déposé plainte dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, l’Australie et les États-Unis. Pour ces derniers, Apple a utilisé la même technique que les autres : Samsung viole plusieurs brevets et copie outrageusement l’iPhone et l’iPad avec ses produits de la gamme Galaxy. La pomme demandait notamment une injonction visant à bloquer trois smartphones de Samsung.Mais si la firme a bien obtenu une série de succès en Australie, la situation outre-Atlantique est très différente. La plainte avait été initialement déposée devant un tribunal de Californie et Apple comptait s’en faire un point d’ancrage avant d’en augmenter la portée. Mais la juge Lucy Koh vient de lâcher un grain de sable dans la machinerie : il n’y aura pas d’injonction préliminaire, donc pas de blocage des ventes des produits de Samsung à titre préventif.
Le dire est une chose, le prouver en est une autre
Pourquoi un tel refus ? Parce que, selon la juge, « il n’est pas certain qu’une injonction contre les appareils de Samsung accusés éviterait à Apple d’être touchée de manière irréparable. »En clair, Apple n’a pas su convaincre le tribunal des bienfaits de l’injonction préliminaire, faute de preuves d’un impact sévère sur la santé de l’entreprise. On note du coup que la juge Lucy Koh applique un principe de précaution inverse du cas australien : plutôt que d’interdire la vente des produits de Samsung en attendant d’en savoir plus, la vente continue et Apple se voit demander des preuves supplémentaires.
Évidemment, côté Samsung, on se félicite de cette décision. Le porte-parole Jasan Kim indique ainsi : « Cette décision conforte notre opinion de longue date que les arguments d’Apple n’ont aucun fondement ». On rappellera cependant que si les arguments de la pomme n’ont aucun poids, Samsung était prêt en Australie à supprimer deux fonctionnalités de sa Galaxy Tab 10,1 pouces pour obtenir le retour à la vente. Une solution de compromis qu’Apple avait refusé, la tablette se retrouvant aujourd’hui sur le point de manquer la période des fêtes de fin d’année.
Mais la décision de la juge Koh s’accompagne d’une précision intéressante. Elle explique qu’Apple parviendra « probablement » à prouver qu’il y a bien eu violation des brevets qui servent de fondation à la plainte. Mais pour la juge, ce n’est pas suffisant, car Samsung remet en cause la validité desdits brevets. De fait, Apple doit non seulement prouver la violation, mais également la validité.
Florian Mueller, auteur du célèbre blog Foss Patents, indique que cette décision de la juge Koh prouve que les brevets d’Apple ont en eux-mêmes une faible valeur stratégique. Il estime dans un autre billet qu’Apple devrait se concentrer davantage sur les détails techniques au sein de ses brevets plutôt que sur des indications générales portant sur le design des produits, la technique ayant une bien plus grande valeur lors des oppositions. Il rappelle également que cette victoire ne concerne qu’une fraction d’une bataille plus globale dont le déroulement commencera le 30 juillet prochain.
Source :
Reuters
Vincent Hermann
Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.
Le 6 décembre 2011 à 10:00
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Il y a 19 commentaires
On note du coup que la juge Lucy Koh applique un principe de précaution inverse du cas australien : plutôt que d’interdire la vente des produits de Samsung en attendant d’en savoir plus, la vente continue et Apple se voit demander des preuves supplémentaires
En gros, présomption de culpabilité VS présomption d'innocence.
On rappellera cependant que si les arguments de la pomme n’ont aucun poids, Samsung était prêt en Australie à supprimer deux fonctionnalités de sa Galaxy Tab 10,1 pouces pour obtenir le retour à la vente.
Edité par spidard le mardi 6 décembre 2011 à 10:12
On note du coup que la juge Lucy Koh applique un principe de précaution inverse du cas australien : plutôt que d’interdire la vente des produits de Samsung en attendant d’en savoir plus, la vente continue et Apple se voit demander des preuves supplémentaires.
C'est pas plus bête : autant pour un présumé tueur je peux comprendre qu'on le mettre en détention préventive, autant là, pour du commerce, l'INtérêt est bien plus faible. D'autant qu'Apple vend déjà très bien, ils ne jouent pas leur vie sur ce procès
Pour commencer, si Apple présentait les soit-disant brevets violés....
Sa me rappel les 19 brevets violés par Linux selon Microsoft. On attend encore les
preuves.
De toute manière et je me répète, les brevets ne sont qu'une histoire de gros sous
servant juste à freiner l'innovation.
Sa me rappel les 19 brevets violés par Linux selon Microsoft. On attend encore les
preuves.
De toute manière et je me répète, les brevets ne sont qu'une histoire de gros sous
servant juste à freiner l'innovation.
J'adore ce feuilleton Apple Vs Samsung et leurs corrolaires.
Je trouve ca très divertissant le patent troll.
...
Faut dire que je ne suis pas partie prenante...
Je trouve ca très divertissant le patent troll.
...
Faut dire que je ne suis pas partie prenante...
Ils ont d'un côté eu le choix de mettre la queue entre les jambes et espérer faire quelques ventes, le procès continuant en parallèle ou bien s’entêter et ne rien gagner. Au final, cette proposition ne les a pas aider, ils ont quand même été bloqués, mais on peux pas vraiment leur reprocher d'avoir tenter de sauver les meubles...
La seule raison de ces compromis/attaques résumé dans cette phrase:
la tablette se retrouvant aujourd’hui sur le point de manquer la période des fêtes de fin d’année.
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