Le chanteur Jean-Louis Murat n’a pas sa langue dans sa poche. Il le prouve une nouvelle fois lors d’une interview accordée récemment à Marianne2.fr. Et tout le monde y passe : la langue de bois des artistes, la pression des médias, les internautes ingrats, les actionnaires des majors, etc.
Parmi tous les sujets abordés, Internet a logiquement eu une part importante. Et pour l’interprète, la toile est loin d’avoir uniquement des bons côtés. C’est bien simple, pour lui, les internautes ne sont que des « consommateurs de gratuit ».
Présent sur Internet depuis 1995, Murat s’est rapidement investi pour y faire sa promotion, proposer des inédits, etc. Mais le résultat a été loin de celui escompté : « Au début j’y croyais. Mais j’ai misé comme tout le monde sur le mauvais cheval, en me disant que les gens étaient vertueux. Mais tu leur files des inédits, ils vont le copier 3 000 fois dans la journée, et tu n’as même pas un message pour te dire merci. Certains les compilaient et les vendaient sur Ebay. Ils gagnaient du pognon en revendant ce que je filais gratos. Finalement, on ne trouve pas des fans, mais des consommateurs de gratuit. »
Attaquer les internautes mène à la dépression
Plus grave encore selon Murat, critiquer Internet peut mener à la dérive. Il dit en tout cas connaître un artiste qui est monté au créneau il y a deux ans, pour finalement démarrer une dépression. Il ne donnera pas son nom.
Le chanteur, pour sa part, a reçu des milliers de messages d’insultes par jour. C’est la règle selon lui. « On le sait dans le business que si tu dis ce que tu penses et que si tu attaques les internautes, c’est la dépression assurée » a-t-il ainsi affirmé. Résultat, pour échapper à la vindicte populaire, « tu ne dis rien ».
Ou alors, il est possible d’utiliser l’autre technique qui consiste à faire preuve de mauvaise foi et de délibérément mentir à la population en disant : « J’aime beaucoup Internet, les gens sont formidables ». Cela signifie-t-il que tous les artistes ayant des propos en faveur d’Internet sont des imposteurs ?
On notera que si l’on suit la logique de Jean-Louis Murat, ce qu’il vient de faire le conduira directement en pleine dépression. À moins qu’il soit déjà sevré.
Quand le budget de production fait mentir les artistes
Enfin, la langue de bois des artistes ne s’arrête pas qu’au sujet d’Internet d’après Murat. Le budget restreint pour produire leur ferait dire n’importe quoi. De nombreux artistes affirment ainsi qu’ils enregistrent en « live » et en quelques jours, pour faire plus vrai, plus simple. « Les artistes du monde du disque ne répondent que des conneries aux questions. Ils feraient mieux de dire : « J’ai cinq fois moins de pognon donc je fais vite. » »
Et la même logique vaut pour le problème de remplissage des grandes salles. « C’est comme les artistes qui ne vendent plus ou ne remplissent plus Bercy. Au lieu de dire : « Putain je ne vends plus rien et Bercy je ne pourrais plus jamais le remplir », ils disent : « Non, non je veux retourner aux vraies valeurs et faire des petites salles. » Ça me fait marrer à chaque fois. »
Parmi tous les sujets abordés, Internet a logiquement eu une part importante. Et pour l’interprète, la toile est loin d’avoir uniquement des bons côtés. C’est bien simple, pour lui, les internautes ne sont que des « consommateurs de gratuit ».
Présent sur Internet depuis 1995, Murat s’est rapidement investi pour y faire sa promotion, proposer des inédits, etc. Mais le résultat a été loin de celui escompté : « Au début j’y croyais. Mais j’ai misé comme tout le monde sur le mauvais cheval, en me disant que les gens étaient vertueux. Mais tu leur files des inédits, ils vont le copier 3 000 fois dans la journée, et tu n’as même pas un message pour te dire merci. Certains les compilaient et les vendaient sur Ebay. Ils gagnaient du pognon en revendant ce que je filais gratos. Finalement, on ne trouve pas des fans, mais des consommateurs de gratuit. »
Attaquer les internautes mène à la dépression
Plus grave encore selon Murat, critiquer Internet peut mener à la dérive. Il dit en tout cas connaître un artiste qui est monté au créneau il y a deux ans, pour finalement démarrer une dépression. Il ne donnera pas son nom.
Le chanteur, pour sa part, a reçu des milliers de messages d’insultes par jour. C’est la règle selon lui. « On le sait dans le business que si tu dis ce que tu penses et que si tu attaques les internautes, c’est la dépression assurée » a-t-il ainsi affirmé. Résultat, pour échapper à la vindicte populaire, « tu ne dis rien ».
Ou alors, il est possible d’utiliser l’autre technique qui consiste à faire preuve de mauvaise foi et de délibérément mentir à la population en disant : « J’aime beaucoup Internet, les gens sont formidables ». Cela signifie-t-il que tous les artistes ayant des propos en faveur d’Internet sont des imposteurs ?
On notera que si l’on suit la logique de Jean-Louis Murat, ce qu’il vient de faire le conduira directement en pleine dépression. À moins qu’il soit déjà sevré.
Quand le budget de production fait mentir les artistes
Enfin, la langue de bois des artistes ne s’arrête pas qu’au sujet d’Internet d’après Murat. Le budget restreint pour produire leur ferait dire n’importe quoi. De nombreux artistes affirment ainsi qu’ils enregistrent en « live » et en quelques jours, pour faire plus vrai, plus simple. « Les artistes du monde du disque ne répondent que des conneries aux questions. Ils feraient mieux de dire : « J’ai cinq fois moins de pognon donc je fais vite. » »
Et la même logique vaut pour le problème de remplissage des grandes salles. « C’est comme les artistes qui ne vendent plus ou ne remplissent plus Bercy. Au lieu de dire : « Putain je ne vends plus rien et Bercy je ne pourrais plus jamais le remplir », ils disent : « Non, non je veux retourner aux vraies valeurs et faire des petites salles. » Ça me fait marrer à chaque fois. »
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Le 30 septembre 2011 à 18:43
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Il y a 212 commentaires
saga9
Le vendredi 30 septembre 2011 à 18:47:17
#1
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le samedi 10 septembre 05
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1268
commentaires
On sent beaucoup de frustration dans ses propos...
Grunt-
Le vendredi 30 septembre 2011 à 18:52:00
#2
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le dimanche 7 septembre 08
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Les entrées d'argent de la SACEM (le plus gros représentant du monde de la musique professionnelle) se portent très bien, même si la répartition change (moins de CD, plus d'Internet, plus de radio..).
Du coup, globalement, les consommateurs continuent à mettre de l'argent pour la musique. C'est un fait. Il y a peut-être des comportements individuellement abusifs (revendre des compilations de musique obtenue gratuitement), mais ils sont dans ce cas compensés par des comportements vertueux: davantage d'achats, sous une forme ou sous une autre.
Sans oublier les taxes: si j'achète vingt CD vierges, que j'en revends 10 en gravant de la musique commerciale dessus, et que je les revends assez cher pour compenser la taxe copie privée payée sur les 10 autres CD, que j'utilise ces autres CD pour mettre mes données, je n'ai pas volé les artistes, même si j'en donne l'impression (wha, l'autre, il revend de la musique gratuite!).
Si les artistes se plaignent de ne pas en recevoir assez (et, il n'y a aucune raison de ne pas les croire), il faudrait peut-être regarder où part la différence. Et se demander "est-ce que je ne me fais pas niquer en signant ici et là?" au lieu d'accuser les consommateurs de la baisse de revenus.
Edité par Grunt- le vendredi 30 septembre 2011 à 18:54
Du coup, globalement, les consommateurs continuent à mettre de l'argent pour la musique. C'est un fait. Il y a peut-être des comportements individuellement abusifs (revendre des compilations de musique obtenue gratuitement), mais ils sont dans ce cas compensés par des comportements vertueux: davantage d'achats, sous une forme ou sous une autre.
Sans oublier les taxes: si j'achète vingt CD vierges, que j'en revends 10 en gravant de la musique commerciale dessus, et que je les revends assez cher pour compenser la taxe copie privée payée sur les 10 autres CD, que j'utilise ces autres CD pour mettre mes données, je n'ai pas volé les artistes, même si j'en donne l'impression (wha, l'autre, il revend de la musique gratuite!).
Si les artistes se plaignent de ne pas en recevoir assez (et, il n'y a aucune raison de ne pas les croire), il faudrait peut-être regarder où part la différence. Et se demander "est-ce que je ne me fais pas niquer en signant ici et là?" au lieu d'accuser les consommateurs de la baisse de revenus.
Edité par Grunt- le vendredi 30 septembre 2011 à 18:54
Bob Isback
Le vendredi 30 septembre 2011 à 19:02:50
#3
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le mardi 3 janvier 06
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Il n'a pas tort quand il dit que si on a le malheur de dire du mal des internautes, on devient alors victime de la vindicte populaire.
J'en dirais pas plus pour justement pas en être la cible...
A bon entendeur.
J'en dirais pas plus pour justement pas en être la cible...
A bon entendeur.
Takoon
Le vendredi 30 septembre 2011 à 19:02:51
#4
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le dimanche 31 juillet 11
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Il dire en tout cas connaître un artiste qui est monté au créneau il y a deux ans, pour finalement démarrer une dépression. Il ne donnera pas son nom.
Doc Gyneco ?
PtitLu
Le vendredi 30 septembre 2011 à 19:04:02
#5
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le vendredi 10 janvier 03
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98
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Celui qui ne vend plus rien depuis deux ans, ce ne serait pas Calogero ? Non pas qu'il manque hein (au contraire
), mais il avait été assez virulent contre les « comportements de voleurs » des internautes alors que lui-même avouait avoir piraté de la musique étant jeune (j'en causais là). Et depuis de longs mois, à part des "best"-of, plus rien.
Ces artistes qui sont trop prompts à taper sur les gens qui les écoutent et (quoi qu'on en dise) les font vivre, ça me hérisse le poil. Ils sont tellement aux ordres qu'ils en finissent par être persuadés que leurs maison de disques est remplie de gentilles personnes qui ne leur prenne aucun pognon au passage, non non non ...
Edité par PtitLu le vendredi 30 septembre 2011 à 19:04
Ces artistes qui sont trop prompts à taper sur les gens qui les écoutent et (quoi qu'on en dise) les font vivre, ça me hérisse le poil. Ils sont tellement aux ordres qu'ils en finissent par être persuadés que leurs maison de disques est remplie de gentilles personnes qui ne leur prenne aucun pognon au passage, non non non ...
Edité par PtitLu le vendredi 30 septembre 2011 à 19:04
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