Vous en rêviez, Sony l'a fait. Ce slogan avait une véritable valeur il y a une vingtaine d’années. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Si le Japonais s’appuie toujours sur des secteurs clés comme les téléviseurs, divers produits électroniques, le cinéma et les jeux vidéo, il n’arrive plus à créer de véritables surprises fédératrices et à investir de nouveaux marchés. S’il innove parfois, ses prix conjugués à ses publicités parfois peu convaincantes font que le public ne semble plus adhérer à la marque. Il faut dire que ses concurrents sont nombreux.
Le problème est ainsi double pour Sony. Dans les secteurs qu’il occupe depuis des dizaines d’années, la concurrence s’est plus que renforcée, le poussant parfois au second rang. Ses voisins sud-coréens Samsung et LG lui font ainsi un tort non négligeable dans les secteurs électroniques grand public, et notamment les télévisions.
Du côté des jeux vidéo, après le succès exceptionnel de la PlayStation 1 et surtout de la PlayStation 2, l’arrivée de la Xbox 360 de Microsoft a clairement empiété sur ses plates-bandes, Nintendo visant une autre catégorie de joueurs.
Mais cette concurrence plus importante est logique et était prévisible après tout. Le problème vient donc surtout de ses échecs dans les autres secteurs :
Alors bien sûr, certains noteront que sa technologie Blu-ray a finalement gagné la bataille de la haute définition contre le HD-DVD, signant ainsi sa revanche sur la défaite du Betamax. Cela devrait donc lui assurer des royalties non négligeables pour un grand nombre d’années. Mais à l’heure où la VoD se développe, les ventes de disques Blu-ray pourraient bien ne jamais atteindre celles des DVD et de la VHS. Cette victoire est donc à noter, mais cela ne change rien à la situation de Sony : il n’arrive pas à pénétrer de nouveaux marchés importants.
Ces derniers jours, le Japonais a donc officialisé les prix et les dates de disponibilités de ses prochaines tablettes. Et je peux me tromper bien évidemment, mais les chances que Sony écoule plusieurs millions de ses tablettes semblent faibles. Si ses produits semblent intéressants et de qualité, le fabricant japonais ne s’est semble-t-il pas rendu compte que les consommateurs n’étaient pas prêt à débourser 500 ou 600 € dans une tablette non Apple. HP l’a bien compris, et à un degré moindre, Acer et ASUS, qui proposent leurs produits à un peu moins de 400 €, ont plus que saisi le message.
Et pourtant, Sony, qui semble dans un monde différent du notre, annonce ses produits à des tarifs « standards ». Des tarifs standards qui n’ont qu’une seule et unique finalité pour tous les constructeurs qui les ont appliqués cette année (hormis Apple) : de beaux stocks sur les bras…
Nous pouvons dès lors nous poser des questions sur la façon de procéder de Sony. Qui plus est, les Tablet S et Tablet P ont beau proposer des innovations que certains jugeront intéressantes, on est tout de même bien loin d’une révolution. Elles ne doivent en tout cas pas faire rêver grand monde, plus encore à de tels tarifs.
Désormais, ceux qui font rêver, ou tout du moins ceux qui réussissent à être suivis massivement, se nomment plutôt Apple et Google, et à un degré moindre Amazon. Ceci, qu’on le veuille ou non. Microsoft, bien trop dépendant de Windows et de sa suite Office, est d’ailleurs dans une situation assez similaire à celle de Sony.
Sa dernière grande réussite hors Windows/Office est la Xbox 360 et Kinect. Mais le Zune a été un échec, et Windows Phone 7 ne confirme pas pour le moment. La différence entre Sony et Microsoft est cependant que ce dernier a conscience de ses limites et commence à investir massivement. Le rachat de Skype ne devrait pas être la dernière acquisition majeure de MS. Sony ferait bien d’y songer.
Enfin, outre la concurrence accrue dans ses marchés de prédilections et les échecs dans les autres secteurs, la firme japonaise est particulièrement malchanceuse ces dernières années. Bien sûr, tout le monde a en tête cette année avec les piratages multiples de ses sites et services, le poussant à fermer le PSN durant de très longues semaines. Sans parler du tremblement de terre et du tsunami au Japon…
Mais n’oublions pas l’année 2006 exceptionnelle avec les fameuses batteries Sony un brin trop chauffantes. Des batteries problématiques qui ont entrainé des millions de rappels d'ordinateurs portables de quasiment toutes les grandes marques du secteur. Pour les coûts astronomiques que l’on peut aisément imaginer.
En cas de bide dans le secteur des tablettes tactiles, c’est l’avenir même de Sony qui pourrait être en jeu, surtout si cela se conjugue avec un échec de la prochaine Playstation et une stagnation voire un recul dans ses divisions mobiles, TV, électroniques et divertissements.
Sa valeur boursière est de plus aujourd’hui loin d’être exceptionnelle. À New York, son action vaut un peu moins de 22 $ lorsque nous rédigeons ces lignes. Elle valait près de 150 $ en mars 2000… Une méforme boursière qui illustre son dernier trimestre fiscal. Sony a ainsi annoncé un chiffre d’affaires en baisse (-10 %), un bénéfice d’exploitation en chute libre (-59 %) et une perte nette de 139 millions d’euros. Les trimestres suivants devraient certes être supérieurs, mais cela montre surtout que Sony demeure une société fragile. Ce ne sont d’ailleurs pas les premières pertes annoncées par la société ces dernières années.
On pourrait alors se dire que Sony pourrait au final être rachetée par une autre société. Nous ne serions pas à une surprise près. Et si cela venait à arriver, il est certain que son acheteur se concentrera surtout dans l'exploitation de ses brevets et ses filiales rentables.
Le problème est ainsi double pour Sony. Dans les secteurs qu’il occupe depuis des dizaines d’années, la concurrence s’est plus que renforcée, le poussant parfois au second rang. Ses voisins sud-coréens Samsung et LG lui font ainsi un tort non négligeable dans les secteurs électroniques grand public, et notamment les télévisions.
Du côté des jeux vidéo, après le succès exceptionnel de la PlayStation 1 et surtout de la PlayStation 2, l’arrivée de la Xbox 360 de Microsoft a clairement empiété sur ses plates-bandes, Nintendo visant une autre catégorie de joueurs.
Mais cette concurrence plus importante est logique et était prévisible après tout. Le problème vient donc surtout de ses échecs dans les autres secteurs :
- Le roi du baladeur à cassettes ou à mini-disc a ainsi été supplanté par Apple il y a une dizaine d’années, et il n’est même pas deux ou troisième du secteur.
- Amazon et Barnes & Noble ont relégué ses liseuses de livres électroniques à une part de marché famélique
- Sony Ericsson, malgré un Xperia X10 intéressant, est bien loin derrière les autres fabricants de téléphones portables et de smartphones
- La branche PC de Sony n’a jamais réussi à réellement décoller, alors qu’Acer, Lenovo ou plus récemment ASUS ont prouvé qu’il était possible de croquer des parts de HP et de Dell
- Sony a raté le coche des tablettes tactiles et ne proposera ses produits que dans un mois, soit après tout le monde (hormis Amazon et Nokia)
Alors bien sûr, certains noteront que sa technologie Blu-ray a finalement gagné la bataille de la haute définition contre le HD-DVD, signant ainsi sa revanche sur la défaite du Betamax. Cela devrait donc lui assurer des royalties non négligeables pour un grand nombre d’années. Mais à l’heure où la VoD se développe, les ventes de disques Blu-ray pourraient bien ne jamais atteindre celles des DVD et de la VHS. Cette victoire est donc à noter, mais cela ne change rien à la situation de Sony : il n’arrive pas à pénétrer de nouveaux marchés importants.
Ces derniers jours, le Japonais a donc officialisé les prix et les dates de disponibilités de ses prochaines tablettes. Et je peux me tromper bien évidemment, mais les chances que Sony écoule plusieurs millions de ses tablettes semblent faibles. Si ses produits semblent intéressants et de qualité, le fabricant japonais ne s’est semble-t-il pas rendu compte que les consommateurs n’étaient pas prêt à débourser 500 ou 600 € dans une tablette non Apple. HP l’a bien compris, et à un degré moindre, Acer et ASUS, qui proposent leurs produits à un peu moins de 400 €, ont plus que saisi le message.
Et pourtant, Sony, qui semble dans un monde différent du notre, annonce ses produits à des tarifs « standards ». Des tarifs standards qui n’ont qu’une seule et unique finalité pour tous les constructeurs qui les ont appliqués cette année (hormis Apple) : de beaux stocks sur les bras…
Nous pouvons dès lors nous poser des questions sur la façon de procéder de Sony. Qui plus est, les Tablet S et Tablet P ont beau proposer des innovations que certains jugeront intéressantes, on est tout de même bien loin d’une révolution. Elles ne doivent en tout cas pas faire rêver grand monde, plus encore à de tels tarifs.
Désormais, ceux qui font rêver, ou tout du moins ceux qui réussissent à être suivis massivement, se nomment plutôt Apple et Google, et à un degré moindre Amazon. Ceci, qu’on le veuille ou non. Microsoft, bien trop dépendant de Windows et de sa suite Office, est d’ailleurs dans une situation assez similaire à celle de Sony.
Sa dernière grande réussite hors Windows/Office est la Xbox 360 et Kinect. Mais le Zune a été un échec, et Windows Phone 7 ne confirme pas pour le moment. La différence entre Sony et Microsoft est cependant que ce dernier a conscience de ses limites et commence à investir massivement. Le rachat de Skype ne devrait pas être la dernière acquisition majeure de MS. Sony ferait bien d’y songer.
Enfin, outre la concurrence accrue dans ses marchés de prédilections et les échecs dans les autres secteurs, la firme japonaise est particulièrement malchanceuse ces dernières années. Bien sûr, tout le monde a en tête cette année avec les piratages multiples de ses sites et services, le poussant à fermer le PSN durant de très longues semaines. Sans parler du tremblement de terre et du tsunami au Japon…
Mais n’oublions pas l’année 2006 exceptionnelle avec les fameuses batteries Sony un brin trop chauffantes. Des batteries problématiques qui ont entrainé des millions de rappels d'ordinateurs portables de quasiment toutes les grandes marques du secteur. Pour les coûts astronomiques que l’on peut aisément imaginer.
En cas de bide dans le secteur des tablettes tactiles, c’est l’avenir même de Sony qui pourrait être en jeu, surtout si cela se conjugue avec un échec de la prochaine Playstation et une stagnation voire un recul dans ses divisions mobiles, TV, électroniques et divertissements.
Sa valeur boursière est de plus aujourd’hui loin d’être exceptionnelle. À New York, son action vaut un peu moins de 22 $ lorsque nous rédigeons ces lignes. Elle valait près de 150 $ en mars 2000… Une méforme boursière qui illustre son dernier trimestre fiscal. Sony a ainsi annoncé un chiffre d’affaires en baisse (-10 %), un bénéfice d’exploitation en chute libre (-59 %) et une perte nette de 139 millions d’euros. Les trimestres suivants devraient certes être supérieurs, mais cela montre surtout que Sony demeure une société fragile. Ce ne sont d’ailleurs pas les premières pertes annoncées par la société ces dernières années.
On pourrait alors se dire que Sony pourrait au final être rachetée par une autre société. Nous ne serions pas à une surprise près. Et si cela venait à arriver, il est certain que son acheteur se concentrera surtout dans l'exploitation de ses brevets et ses filiales rentables.
Nil Sanyas
le 3 septembre 2011 à 09:42
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