Jérôme Bourreau-Guggenheim (JBG) est ce salarié de TF1 qui avait été viré pour avoir critiqué Hadopi dans un courrier privé adressé à Françoise de Panafieu, députée de sa circonscription. Celle-ci avait eu la riche idée de transmettre ce mail au ministère de la Culture afin, expliquera-t-elle, d’obtenir des informations techniques voire pour « établir une sorte de contre argumentaire à l'intention des députés du groupe ».
Le courrier prit une drôle de route : il arriva dans les mains de Christophe Tardieu, bras droit de Christine Albanel, qui le renvoya à son tour à Jean-Michel Counillon, secrétaire général et directeur des affaires juridiques de la chaîne. Avec ce petit mot, révélé par le Canard Enchaîné : « Bonjour Jean-Michel, vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp. Cordialement ».
Ni une ni deux, la chaîne décida de virer sèchement son responsable Web en s’expliquant : « le Groupe TF1 a toujours manifesté une position de soutien au projet de loi " Création et Internet " HADOPI pour mettre en place un système de réponse graduée contre le piratage (…) les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement à plusieurs reprises, en cette qualité, par le Responsable du Pôle Innovation Web de TF1, ont conduit l'entreprise à se séparer de ce responsable pour deux raisons : elles sont contraires aux déclarations officielles du groupe TF1, notoirement en faveur de cette loi, elles sont incompatibles avec ses responsabilités au sein d'e-TF1, filiale du groupe en charge, également, de la lutte contre le piratage sur internet. L'entreprise déplore d'avoir été contrainte de mettre sur la place publique une décision qui concerne l'un de ses collaborateurs dans une affaire strictement interne. »
Plus tard au Point, le cabinet de la ministre reconnaîtra « nous avons fait une erreur en transférant ce mail », mais la petite phrase fut rapidement caviardée (voir nos captures).
Nouveau procès faute de partage au Conseil des Prud'hommes
Cette semaine, le procès devant le Conseil des Prud’hommes a finalement été repoussé. Les deux conseillers représentants des salariés n’ont pas réussi à s’entendre avec les deux conseillers représentants des employeurs. Avec cette égalité des voix, l’affaire est renvoyée pour être rejugée intégralement. Toutefois, la formation sera présidée par un juge professionnel qui permettra de départager ce qui n’avait pu l’être.
« Ce qui veut dire une nouvelle date d’audience, de nouvelles écritures, une nouvelle plaidoirie, soit un an environ à patienter » nous indique Jérôme Bourreau-Guggenheim qui s’est promis « d’aller jusqu’au bout ».
"Un symbole que je veux arracher"
Il réclame notamment un an de salaire, « pour être dédommagé, car personne ne s’est soucié de savoir comment je gagnais ma vie depuis » explique JBG, mais au-delà de tout, « c’est un symbole que je veux arracher ».
Ses contradicteurs avaient expliqué à Jérôme Bourreau-Guggenheim qu’il n’y a aucune discrimination en raison de l’opinion politique puisqu’il n’y avait pas sur cette loi de consensus à droite et à gauche, mais une opinion partagée.
Le courrier prit une drôle de route : il arriva dans les mains de Christophe Tardieu, bras droit de Christine Albanel, qui le renvoya à son tour à Jean-Michel Counillon, secrétaire général et directeur des affaires juridiques de la chaîne. Avec ce petit mot, révélé par le Canard Enchaîné : « Bonjour Jean-Michel, vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp. Cordialement ».
Ni une ni deux, la chaîne décida de virer sèchement son responsable Web en s’expliquant : « le Groupe TF1 a toujours manifesté une position de soutien au projet de loi " Création et Internet " HADOPI pour mettre en place un système de réponse graduée contre le piratage (…) les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement à plusieurs reprises, en cette qualité, par le Responsable du Pôle Innovation Web de TF1, ont conduit l'entreprise à se séparer de ce responsable pour deux raisons : elles sont contraires aux déclarations officielles du groupe TF1, notoirement en faveur de cette loi, elles sont incompatibles avec ses responsabilités au sein d'e-TF1, filiale du groupe en charge, également, de la lutte contre le piratage sur internet. L'entreprise déplore d'avoir été contrainte de mettre sur la place publique une décision qui concerne l'un de ses collaborateurs dans une affaire strictement interne. »
Plus tard au Point, le cabinet de la ministre reconnaîtra « nous avons fait une erreur en transférant ce mail », mais la petite phrase fut rapidement caviardée (voir nos captures).
Nouveau procès faute de partage au Conseil des Prud'hommes
Cette semaine, le procès devant le Conseil des Prud’hommes a finalement été repoussé. Les deux conseillers représentants des salariés n’ont pas réussi à s’entendre avec les deux conseillers représentants des employeurs. Avec cette égalité des voix, l’affaire est renvoyée pour être rejugée intégralement. Toutefois, la formation sera présidée par un juge professionnel qui permettra de départager ce qui n’avait pu l’être.
« Ce qui veut dire une nouvelle date d’audience, de nouvelles écritures, une nouvelle plaidoirie, soit un an environ à patienter » nous indique Jérôme Bourreau-Guggenheim qui s’est promis « d’aller jusqu’au bout ».
"Un symbole que je veux arracher"
Il réclame notamment un an de salaire, « pour être dédommagé, car personne ne s’est soucié de savoir comment je gagnais ma vie depuis » explique JBG, mais au-delà de tout, « c’est un symbole que je veux arracher ».
Ses contradicteurs avaient expliqué à Jérôme Bourreau-Guggenheim qu’il n’y a aucune discrimination en raison de l’opinion politique puisqu’il n’y avait pas sur cette loi de consensus à droite et à gauche, mais une opinion partagée.
Le 22 juillet 2011 à 15:58
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Il y a 58 commentaires
V_E_B
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:05:23
#1
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Si les politiques sont d'accord sur un point, être contre ce point n'est plus une opinion politique ? Je dois mal parler le politicien, je ne comprend pas la logique
jesus.muppet
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:07:12
#2
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Ses contradicteurs avaient expliqué à Jérôme Bourreau-Guggenheim qu’il n’y a aucune discrimination en raison de l’opinion politique puisqu’il n’y avait pas sur cette loi de consensus à droite et à gauche, mais une opinion partagée.
Ben voyons ! Si on suit cette logique, pas de clivage droite gauche flagrant, donc les député eux même n'ont pas d'opinion politique xD
Mais lol.
francois-battail
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:09:00
#3
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[quote:La news][...]mais une opinion partagée.[/quote]
Les minutes de l'Assemblée nationale en témoignent, le Conseil constitutionnel en rigole encore, l'ONU a ajouté une couche, etc.
Ces [strike]braves[/strike] gens veulent vraiment pervertir le sens des mots
Les minutes de l'Assemblée nationale en témoignent, le Conseil constitutionnel en rigole encore, l'ONU a ajouté une couche, etc. Ces [strike]braves[/strike] gens veulent vraiment pervertir le sens des mots
Winderly
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:09:36
#4
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Les deux conseillers représentants des employeurs n’ont pas réussi à s’entendre avec les deux conseillers représentants des employeurs.
quoi ?
Courage, courage pour la suite...
Les deux conseillers représentants des employeurs n’ont pas réussi à s’entendre avec les deux conseillers représentants des employeurs
Ils ont vraiment du mal à s'entendre entre eux
Sinon, ça tombe bien, dans un an, c'est _après_ la présidentielle. Pure coïncidence ;-)
ArchangeBlandin
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:12:43
#7
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D'ailleurs, il n'y a que deux partis, c'est bien connu :
-La gauche
-La droite
Et il n'y a pas non plus de partis qui ne sont pas représentés à l'assemblée.
Et pour le consensus, ils repasseront, de terribles députés rebelles (qui ne jouaient pas les moutons et n'acceptaient pas les votes arrangés à l'avance avec 10 députés dans l'hémicycle) qui se cachaient dans l'assemblée ont essayé de faire capoter par plusieurs fois.
-La gauche
-La droite
Et il n'y a pas non plus de partis qui ne sont pas représentés à l'assemblée.
Et pour le consensus, ils repasseront, de terribles députés rebelles (qui ne jouaient pas les moutons et n'acceptaient pas les votes arrangés à l'avance avec 10 députés dans l'hémicycle) qui se cachaient dans l'assemblée ont essayé de faire capoter par plusieurs fois.
Ses contradicteurs avaient expliqué à Jérôme Bourreau-Guggenheim qu’il n’y a aucune discrimination en raison de l’opinion politique puisqu’il n’y avait pas sur cette loi de consensus à droite et à gauche, mais une opinion partagée.
Ça mériterait un prix Busiris ça quand même (bon ça colle pas totalement, mais au moins l'argument de mauvaise foi est là).
trash54
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:27:27
#9
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mosquito25
Le vendredi 22 juillet 2011 à 16:29:43
#10
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Ben TF1 n'a pas tout à fait tort : il a pas été viré à cause d'une discrimination politique, mais pour délit d'opinion, ce qui est beaucoup plus grave, et devrait même lui valoir la chaise électrique, la guillotine ou l'injection létale.
Edité par mosquito25 le vendredi 22 juillet 2011 à 16:31
Edité par mosquito25 le vendredi 22 juillet 2011 à 16:31
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