H2DS n’est plus. La société, éditrice d’ISIS, premier logiciel « Hadopi » a été déclarée en liquidation judiciaire le 18 mai dernier selon les statuts publiés au registre du commerce et des sociétés.
Même si la société avait d'autres activités, l’idée de H2DS avait été simple sur le terrain d'Hadopi : tenter de surfer sur la peur du risque Hadopi (la coupure) pour proposer une solution commerciale sécurisante. Un marché juteux qu'anticipait déjà l’architecte d’Hadopi, Olivier Henrard en juin 2008 et qui consiste en clair à payer plus (abonnément au logiciel) pour moins d'internet (plus de P2P, etc.).
H2DS a affirmé dans un premier temps être la première société à respecter les spécifications fonctionnelles du label Hadopi. Problème : ces spécifications ne sont toujours pas finalisées, et l’affirmation était donc quelque peu aventureuse pour ceux qui sont sensibles au droit à l’information des consommateurs. La société avait revu ses affirmations.
H2DS avait cependant toujours la langue bien pendue puisque plus tard, Christophe Painset, son PDG assurait aux lecteurs de la presse régionale de Boulogne que « les amendes commencent à tomber. C'est 1 500 euros pour un particulier. Potentiellement, nous sommes tous concernés. Il ne faut pas croire que seuls ceux pratiquant le téléchargement à outrance sont (pour) suivis. Ce n'est pas une question de volume, mais de fichier marqué. » Une affirmation fausse puisqu’aucune amende n’est à ce jour tombée dans le cadre de la loi HADOPI.
CVPI, H2DS, O3D
Finalement, comme l’a révélé la Voix du Nord, la holding Christophe et Virginie Painset Investissement (CVPI), qui chapeautait H2DS et O3D ont tous les trois été placés en liquidation judiciaire. Aujourd'hui, le château de cartes s’effondre.
Interrogé par nos confrères, Claude Prudhomme, président de la communauté de communes Desvres-Samer et propriétaire des locaux de la société : « Nous n'étions pas au courant de leurs difficultés, on nous disait même qu'à terme, il y aurait 300 emplois sur ce site. » Le liquidateur judiciaire a confirmé « d'importants impayés » notamment « auprès d'un fournisseur important ». Un salarié se confie par ailleurs : « nos salaires étaient régulièrement versés avec plusieurs mois de retard »… Au total, vingt salariés se retrouvent sur le carreau.
Un coup de pouce en novembre 2010
Pourtant, les coups de pouce étaient là : O3D avait pour clients l’Assemblée nationale ou encore Orange. Et en novembre 2010, l’institut régional de développement du nord Pas-de-Calais (IRD) annonçait un joli coup de pouce au profit de ces sociétés. Pour « accompagner la croissance de ces deux jeunes sociétés, l’IRD à travers ses filiales Nord Creation et Côte d'Opale Expansion investit 110 000 euros en capital et compte courant ». Un versement effectué sept mois avant cette liquidation.
Même si la société avait d'autres activités, l’idée de H2DS avait été simple sur le terrain d'Hadopi : tenter de surfer sur la peur du risque Hadopi (la coupure) pour proposer une solution commerciale sécurisante. Un marché juteux qu'anticipait déjà l’architecte d’Hadopi, Olivier Henrard en juin 2008 et qui consiste en clair à payer plus (abonnément au logiciel) pour moins d'internet (plus de P2P, etc.).
H2DS a affirmé dans un premier temps être la première société à respecter les spécifications fonctionnelles du label Hadopi. Problème : ces spécifications ne sont toujours pas finalisées, et l’affirmation était donc quelque peu aventureuse pour ceux qui sont sensibles au droit à l’information des consommateurs. La société avait revu ses affirmations.
H2DS avait cependant toujours la langue bien pendue puisque plus tard, Christophe Painset, son PDG assurait aux lecteurs de la presse régionale de Boulogne que « les amendes commencent à tomber. C'est 1 500 euros pour un particulier. Potentiellement, nous sommes tous concernés. Il ne faut pas croire que seuls ceux pratiquant le téléchargement à outrance sont (pour) suivis. Ce n'est pas une question de volume, mais de fichier marqué. » Une affirmation fausse puisqu’aucune amende n’est à ce jour tombée dans le cadre de la loi HADOPI.
CVPI, H2DS, O3D
Finalement, comme l’a révélé la Voix du Nord, la holding Christophe et Virginie Painset Investissement (CVPI), qui chapeautait H2DS et O3D ont tous les trois été placés en liquidation judiciaire. Aujourd'hui, le château de cartes s’effondre.
Interrogé par nos confrères, Claude Prudhomme, président de la communauté de communes Desvres-Samer et propriétaire des locaux de la société : « Nous n'étions pas au courant de leurs difficultés, on nous disait même qu'à terme, il y aurait 300 emplois sur ce site. » Le liquidateur judiciaire a confirmé « d'importants impayés » notamment « auprès d'un fournisseur important ». Un salarié se confie par ailleurs : « nos salaires étaient régulièrement versés avec plusieurs mois de retard »… Au total, vingt salariés se retrouvent sur le carreau.
Un coup de pouce en novembre 2010
Pourtant, les coups de pouce étaient là : O3D avait pour clients l’Assemblée nationale ou encore Orange. Et en novembre 2010, l’institut régional de développement du nord Pas-de-Calais (IRD) annonçait un joli coup de pouce au profit de ces sociétés. Pour « accompagner la croissance de ces deux jeunes sociétés, l’IRD à travers ses filiales Nord Creation et Côte d'Opale Expansion investit 110 000 euros en capital et compte courant ». Un versement effectué sept mois avant cette liquidation.
Marc Rees
le 25 mai 2011 à 12:13
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