Revenons aujourd’hui sur l’un des temps forts de la semaine : l’annonce du rachat de Skype par Microsoft. Un achat important, en fait le plus conséquent de l’éditeur avec 8,5 milliards de dollars cash posés sur la table, qui aura de multiples conséquences. Entre espoirs, peurs, perspectives et limites, il est temps de faire le point sur les projets du géant.
Microsoft : un contexte en évolution
Pour avoir la bonne perspective de ce rachat, il faut se rappeler que la manière dont a fonctionné Microsoft jusqu’à présent est en train de changer. Non que la firme ait subitement décidé de revoir ses méthodes, mais une forte somme de contraintes s’est imposée d’elle-même. Procès, mauvaise image, arrivée d’Internet, mauvaise négociation du virage sur les services interconnectés, etc. Depuis, la firme réagit et c’est un grand mouvement de fond qui prend place depuis quelques années, autour de la stratégie « Software + Service ».
L’avancée et les progrès réalisés sont inégaux en fonction des domaines. Certains produits, tels que Windows 7 et Office 2010, peuvent être jugés comme efficaces et fiables, mais d’autres branches de l’industrie n’avancent pas au même rythme. C’est particulièrement le cas dans le domaine du grand public. La branche Windows Live contient ainsi un nombre très conséquent de produits, possédant des interfaces différentes, des noms trop longs, ainsi qu’un champ fonctionnel qui oscille entre le trop riche et le pas assez. La partie jeux vidéo, avec le client Games for Windows Live, manque également du même travail de réflexion.
L’une des forces de Microsoft est aussi l’une de ses plus grandes faiblesses : un nombre important de produits manquant de liens forts. Pourtant, les prémices de courants égalisateurs et/ou unificateurs se font jour actuellement. Exemple : les interfaces de type Metro, nées avec Windows Phone 7, et qui vont très certainement envahir progressivement une grande partie des produits (comme on l’a vu avec Office 15). Et Skype là-dedans ? Le client, le service, et l’intégralité de la plateforme vont devenir l’un de ces courants unificateurs.
Maintenir l’existant
Skype existe en de nombreuses versions : Windows, Mac OS X, Linux, iOS, Android, BlackBerry ou encore Symbian. Cette présence multiple permet au service de cumuler 170 millions d’utilisateurs. Les appels audio, qui sont la fonctionnalité première, sont gratuits entre clients applicatifs. Par contre, dès que l’on appelle vers des fixes et des portables classiques, il faut du crédit temps.
Une bonne partie du succès de Skype vient de cette large base d’utilisateurs et des multiples clients. Durant la conférence présentant le rachat, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, a indiqué qu’aucun client logiciel existant ne serait arrêté, ajoutant : « je le dis, et je le pense ». Il expliquait également que Microsoft était une société habituée à développer pour d’autres plateformes. Il citait Office en exemple, mais c’est un domaine dans lequel Microsoft n’avait pas forcément une foule d’éléments à mettre en avant.
L’évolution informatique actuelle casse progressivement l’empire des grosses applications locales et dépote petit à petit les applications et les données vers le web. Moins de produits, plus de services : il faut arriver à se rendre essentiel, devenir un rouage des habitudes des utilisateurs. C’est clairement la carte à jouer de Skype pour Microsoft, et qui devrait permettre à la firme de devenir un acteur de poids sur le marché de la communication.
Intégration et potentiel
On touche ici à la partie inconnue, mais le communiqué de presse de Microsoft donne quelques pistes sur la manière dont l’achat de 8,5 milliards va être rentabilisé :
« Skype supportera les équipements Microsoft tels que la Xbox et le Kinect, les Windows Phones et un large panel d’appareils Windows. De son côté, Microsoft connectera les utilisateurs Skype à Lync, Outlook, au Xbox Live et à d’autres communautés. Microsoft continuera d’investir et de supporter les clients sur les plateformes non-Microsoft ».
Microsoft va faire du service Skype la plateforme de communication principale de l’ensemble de ses produits. Le codec Silk sera probablement intégré dans l’ensemble des produits compatibles, installant un socle commun pour les conférences audio et vidéo. Cela signifie un nouveau champ complet d’opportunités dans la manière dont les utilisateurs vont se parler, que ce soit par clavier, au micro ou par vidéo. Le cas du Kinect sera particulièrement intéressant.
Reste qu’il existe des questions auxquelles personne n’a ou ne veut apporter de réponse. Le destin de certaines versions, notamment celle de Linux, n’est pas forcément assuré. Microsoft a tout intérêt à laisser fonctionner le service en l’état pour ne bousculer personne, de manière à ce que le changement soit transparent.
Mais il est difficile de prédire quelles seront exactement les motivations de l’entreprise dans un, deux ou trois ans, quand elle fera le point sur la manière dont est utilisé le service. Une possibilité est également la réduction des fonctionnalités sur les plateformes non-Microsoft pour ne laisser par exemple que la vidéoconférence sur Windows, Windows Phone 7 et la Xbox. Autre question : Skype va-t-il remplacer Live Messenger ? Beaucoup estiment aujourd’hui que ce ne serait pas un mal.
Microsoft a le potentiel de devenir un acteur majeur de la communication, et il y a de fortes chances que des efforts soient faits pour que la base des utilisateurs reste intacte, et donc que les clients restent tous en place. On peut même imaginer que d’autres moutures seront créées pour les plateformes qui ne sont pas encore équipées, afin que la solution de VoIP soit la plus universelle possible.
Microsoft : un contexte en évolution
Pour avoir la bonne perspective de ce rachat, il faut se rappeler que la manière dont a fonctionné Microsoft jusqu’à présent est en train de changer. Non que la firme ait subitement décidé de revoir ses méthodes, mais une forte somme de contraintes s’est imposée d’elle-même. Procès, mauvaise image, arrivée d’Internet, mauvaise négociation du virage sur les services interconnectés, etc. Depuis, la firme réagit et c’est un grand mouvement de fond qui prend place depuis quelques années, autour de la stratégie « Software + Service ».
L’avancée et les progrès réalisés sont inégaux en fonction des domaines. Certains produits, tels que Windows 7 et Office 2010, peuvent être jugés comme efficaces et fiables, mais d’autres branches de l’industrie n’avancent pas au même rythme. C’est particulièrement le cas dans le domaine du grand public. La branche Windows Live contient ainsi un nombre très conséquent de produits, possédant des interfaces différentes, des noms trop longs, ainsi qu’un champ fonctionnel qui oscille entre le trop riche et le pas assez. La partie jeux vidéo, avec le client Games for Windows Live, manque également du même travail de réflexion.
L’une des forces de Microsoft est aussi l’une de ses plus grandes faiblesses : un nombre important de produits manquant de liens forts. Pourtant, les prémices de courants égalisateurs et/ou unificateurs se font jour actuellement. Exemple : les interfaces de type Metro, nées avec Windows Phone 7, et qui vont très certainement envahir progressivement une grande partie des produits (comme on l’a vu avec Office 15). Et Skype là-dedans ? Le client, le service, et l’intégralité de la plateforme vont devenir l’un de ces courants unificateurs.
Maintenir l’existant
Skype existe en de nombreuses versions : Windows, Mac OS X, Linux, iOS, Android, BlackBerry ou encore Symbian. Cette présence multiple permet au service de cumuler 170 millions d’utilisateurs. Les appels audio, qui sont la fonctionnalité première, sont gratuits entre clients applicatifs. Par contre, dès que l’on appelle vers des fixes et des portables classiques, il faut du crédit temps.
Une bonne partie du succès de Skype vient de cette large base d’utilisateurs et des multiples clients. Durant la conférence présentant le rachat, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, a indiqué qu’aucun client logiciel existant ne serait arrêté, ajoutant : « je le dis, et je le pense ». Il expliquait également que Microsoft était une société habituée à développer pour d’autres plateformes. Il citait Office en exemple, mais c’est un domaine dans lequel Microsoft n’avait pas forcément une foule d’éléments à mettre en avant.
L’évolution informatique actuelle casse progressivement l’empire des grosses applications locales et dépote petit à petit les applications et les données vers le web. Moins de produits, plus de services : il faut arriver à se rendre essentiel, devenir un rouage des habitudes des utilisateurs. C’est clairement la carte à jouer de Skype pour Microsoft, et qui devrait permettre à la firme de devenir un acteur de poids sur le marché de la communication.
Intégration et potentiel
On touche ici à la partie inconnue, mais le communiqué de presse de Microsoft donne quelques pistes sur la manière dont l’achat de 8,5 milliards va être rentabilisé :
« Skype supportera les équipements Microsoft tels que la Xbox et le Kinect, les Windows Phones et un large panel d’appareils Windows. De son côté, Microsoft connectera les utilisateurs Skype à Lync, Outlook, au Xbox Live et à d’autres communautés. Microsoft continuera d’investir et de supporter les clients sur les plateformes non-Microsoft ».
Microsoft va faire du service Skype la plateforme de communication principale de l’ensemble de ses produits. Le codec Silk sera probablement intégré dans l’ensemble des produits compatibles, installant un socle commun pour les conférences audio et vidéo. Cela signifie un nouveau champ complet d’opportunités dans la manière dont les utilisateurs vont se parler, que ce soit par clavier, au micro ou par vidéo. Le cas du Kinect sera particulièrement intéressant.
Reste qu’il existe des questions auxquelles personne n’a ou ne veut apporter de réponse. Le destin de certaines versions, notamment celle de Linux, n’est pas forcément assuré. Microsoft a tout intérêt à laisser fonctionner le service en l’état pour ne bousculer personne, de manière à ce que le changement soit transparent.
Mais il est difficile de prédire quelles seront exactement les motivations de l’entreprise dans un, deux ou trois ans, quand elle fera le point sur la manière dont est utilisé le service. Une possibilité est également la réduction des fonctionnalités sur les plateformes non-Microsoft pour ne laisser par exemple que la vidéoconférence sur Windows, Windows Phone 7 et la Xbox. Autre question : Skype va-t-il remplacer Live Messenger ? Beaucoup estiment aujourd’hui que ce ne serait pas un mal.
Microsoft a le potentiel de devenir un acteur majeur de la communication, et il y a de fortes chances que des efforts soient faits pour que la base des utilisateurs reste intacte, et donc que les clients restent tous en place. On peut même imaginer que d’autres moutures seront créées pour les plateformes qui ne sont pas encore équipées, afin que la solution de VoIP soit la plus universelle possible.
Vincent Hermann
Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.
Le 12 mai 2011 à 16:56
(18 187
lectures)
Il y a 72 commentaires
Je viens de regarder sur l'Appstore, l'appli Skype est compatible iPhone, iPod touch et iPad avec iOS 3.0+.
Good ! Donc, c'est bon pour iOS et ses iDevices ! Il faut rester vigilant avec Microsoft !
Ils n'ont jamais été aussi doués quand ils sont sous surveillance et ils n'ont jamais été aussi nuls quands ils ont les coudées franches...
Je pense que la commission européenne a son mot à dire sur ce type d'intégration et la pérénité, la qualité du service Skype, pour toutes les plates-formes, pas uniquement Windows.
Merci de me corriger si j'écris une erreur...
Edité par SemperFiUnix le jeudi 12 mai 2011 à 19:45
(...)
Merci de me corriger si j'écris une erreur...
Merci de me corriger si j'écris une erreur...
Nan ! Y en a marre de corriger tes c...ries !
Je viens de regarder sur l'Appstore, l'appli Skype est compatible iPhone, iPod touch et iPad avec iOS 3.0+.
Skype ne possède pas d'appli pour iPad
Ya l'appli iphone qui est compatible avec l'iPad. Mais honnêtement qui veut utiliser une app pour écran 3"5 sur un écran 10" !
J'espère qu'une appli iPad sera developpé parce que c'est vraiment naze les vidéo conf format timbre-poste. Heureusement qu'il y a facetime !
Edité par neirbo le jeudi 12 mai 2011 à 20:04
Skype ne possède pas d'appli pour iPad
Ya l'appli iphone qui est compatible avec l'iPad. Mais honnêtement qui veut utiliser une app pour écran 3"5 sur un écran 10" !
J'espère qu'une appli iPad sera developpé parce que c'est vraiment naze les vidéo conf format timbre-poste. Heureusement qu'il y a facetime !
Merci de venir à mon secours !
Je suis actuellement cerné par une horde de pingouins survoltés !
Ca chauffe et ils arrivent même à faire fondre la banquise...
J'en
! C'est bon pour la ligne !
Passe à uft8 et/ou un iso pour éviter les …, espèce de manchot mal léché !
J'utilise un clavier bépo, qui permet de taper pas mal de caractères français, mais mal reconnus sur PCInpact. Par exemple le caractère « ... » n'est pas reconnu
http://bepo.fr/wiki/Accueil
J'utilise un clavier bépo, qui permet de taper pas mal de caractères français, mais mal reconnus sur PCInpact. Par exemple le caractère « ... » n'est pas reconnu
http://bepo.fr/wiki/Accueil
Je pensais les problèmes de clavier résolus depuis des lustres...
Je
avec vous ! C'est vraiment trop injuste !
J'utilise un clavier bépo, qui permet de taper pas mal de caractères français, mais mal reconnus sur PCInpact. Par exemple le caractère « ... » n'est pas reconnu
Nan, t'es juste manchot…
Après s'être offert Nokia, Microsoft s'offre Skype.
Et les brevet acquis dans tout ça? Personne pour surveiller et éviter les abus?
Et les brevet acquis dans tout ça? Personne pour surveiller et éviter les abus?
Je pense que contrairement à un certains nombre de lecteurs de PCINpact, le client Linux n'est pas le principal sujet de réflexion pour Microsoft. La preuve, il me semble que l'équipe Skype garde sa configuration. La priorité pour Ballmer, comme le dit d'article, c'était surtout de s'ériger en poids-lourd de la communication... Mais aussi de mettre des bâtons dans les roues de Google, intéressé lui aussi par le rachat de Skype !
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