Pascal Nègre : le but est que personne ne voie sa ligne coupée
Alors qu'il suffit d'une mamie et d'une pelle
Pascal Nègre, le président d’Universal Music France, a été récemment interviewé par LCI dans l’émission Le Buzz. Outre Skyrock, Hadopi et le téléchargement illégal (à partir de la 5e minute) ont logiquement été abordés. Comme toujours, Pascal Nègre nous a livré des phrases dont il a le secret.
Un téléchargement illégal n'est pas équivalent à une vente en moins
Le PDG d’Universal Music France annonce notamment que « tout téléchargement pirate ne va pas se transformer en vente, on le sait ». Une lapalissade, qui pourtant a longtemps été éludée par les majors. Ce sujet est donc définitivement clos.
Hadopi selon lui porterait cependant déjà ses fruits : « Mais clairement quand on voit les progressions depuis l’année dernière, avec des progressions des téléchargements de plus de 50 % sur iTunes, on voit que ce cadre pousse les gens vers des systèmes vertueux ». Pour mémoire, ce même Pascal Nègre a annoncé en juin 2009 qu’Hadopi permettrait une multiplication par quatre des ventes. Une affirmation difficile à évaluer, puisque sans Hadopi, le marché de la musique numérique affichait déjà à l'époque d'excellents taux de croissance.
« Personne ne doit voir sa ligne coupée »
Autre passage intéressant, alors que Nègre nous explique que la première phase de la Hadopi (l’envoi des emails d’avertissement) fonctionne bien, et que la deuxième phase (les lettres recommandées) ont débuté, il fait rapidement remarquer aux journalistes de LCI que « le but c’est qu’il n’y ait personne en phase 3 », soit la coupure de l’accès à Internet. Une remarque dont le but est de rassurer les internautes, et qui concorde avec sa vision énoncée il y a déjà plus de deux ans.
En mars 2009, en plein débat sur la loi Création et Internet (Hadopi), Nègre nous démontrait déjà que les études sur le sujet ne menait qu’à une conclusion : la rareté de la sanction finale. « Moi ce que j'aime bien dans le texte, c'est la pédagogie » argumentait-il à l’époque.
« On vous envoie un email, ensuite on vous envoie une lettre recommandée, et enfin il y a une sanction. Et toutes les études que l'on a faites, et tout ce qu'on a testé actuellement dans d'autres pays, parce que la riposte graduée ça commence à exister dans un certain nombre de pays, eh bien c'est que à peu près 30 % des gens arrêtent dès qu'ils recoivent un email, et que entre 80 et 90 % des gens arrêtent quand ils reçoivent une lettre recommandée. Donc l'idée est vraiment pédagogique. La sanction, ça doit être rare. »
Les dingues et les malades du téléchargement vont avoir des problèmes
Et si pour le Pascal Nègre actuel, l’idée d’Hadopi est en fait de « parler au pirate du dimanche », et donc lui expliquer que télécharger, « c’est quelque chose qui ne se fait pas » (la fameuse pédagogie), cela ne l’empêche pas d’être bien plus dur contre les téléchargeurs professionnels, ceux qui téléchargent des dizaines de milliers de morceaux. Ces « dingues » qui ne peuvent même pas écouter ce qu’ils « piratent », et qui pourtant, malgré ce constat, semblent faire du tort à l’industrie du disque.
« Nous allons continuer à faire des actions et je ne serais pas étonné que dans les semaines qui arrivent, un certain nombre d’internautes, qui eux sont des malades, on est dans le cleptomane, aient des problèmes. »
Pour rappel, la loi Hadopi et ses trois fameuses phases n’empêchent en aucun cas les internautes d’être poursuivis pour contrefaçon, et d’écoper au maximum de trois ans de prison et de 300 000 euros d’amende.
Reste que les plus gros téléchargeurs sont généralement des spécialistes, des gus dans un garage qui savent contourner les barrières de type Hadopi. C’est donc généralement Madame Michu et Monsieur Chumi qui découvrent avec stupéfaction la nouvelle…
Enfin, Nègre espère pouvoir tirer un véritable bilan d’Hadopi « d’ici un an ». 2012, une année qui s’annonce particulièrement mouvementée.
Un téléchargement illégal n'est pas équivalent à une vente en moins
Le PDG d’Universal Music France annonce notamment que « tout téléchargement pirate ne va pas se transformer en vente, on le sait ». Une lapalissade, qui pourtant a longtemps été éludée par les majors. Ce sujet est donc définitivement clos.
Hadopi selon lui porterait cependant déjà ses fruits : « Mais clairement quand on voit les progressions depuis l’année dernière, avec des progressions des téléchargements de plus de 50 % sur iTunes, on voit que ce cadre pousse les gens vers des systèmes vertueux ». Pour mémoire, ce même Pascal Nègre a annoncé en juin 2009 qu’Hadopi permettrait une multiplication par quatre des ventes. Une affirmation difficile à évaluer, puisque sans Hadopi, le marché de la musique numérique affichait déjà à l'époque d'excellents taux de croissance.
« Personne ne doit voir sa ligne coupée »
Autre passage intéressant, alors que Nègre nous explique que la première phase de la Hadopi (l’envoi des emails d’avertissement) fonctionne bien, et que la deuxième phase (les lettres recommandées) ont débuté, il fait rapidement remarquer aux journalistes de LCI que « le but c’est qu’il n’y ait personne en phase 3 », soit la coupure de l’accès à Internet. Une remarque dont le but est de rassurer les internautes, et qui concorde avec sa vision énoncée il y a déjà plus de deux ans.
En mars 2009, en plein débat sur la loi Création et Internet (Hadopi), Nègre nous démontrait déjà que les études sur le sujet ne menait qu’à une conclusion : la rareté de la sanction finale. « Moi ce que j'aime bien dans le texte, c'est la pédagogie » argumentait-il à l’époque.
« On vous envoie un email, ensuite on vous envoie une lettre recommandée, et enfin il y a une sanction. Et toutes les études que l'on a faites, et tout ce qu'on a testé actuellement dans d'autres pays, parce que la riposte graduée ça commence à exister dans un certain nombre de pays, eh bien c'est que à peu près 30 % des gens arrêtent dès qu'ils recoivent un email, et que entre 80 et 90 % des gens arrêtent quand ils reçoivent une lettre recommandée. Donc l'idée est vraiment pédagogique. La sanction, ça doit être rare. »
Les dingues et les malades du téléchargement vont avoir des problèmes
Et si pour le Pascal Nègre actuel, l’idée d’Hadopi est en fait de « parler au pirate du dimanche », et donc lui expliquer que télécharger, « c’est quelque chose qui ne se fait pas » (la fameuse pédagogie), cela ne l’empêche pas d’être bien plus dur contre les téléchargeurs professionnels, ceux qui téléchargent des dizaines de milliers de morceaux. Ces « dingues » qui ne peuvent même pas écouter ce qu’ils « piratent », et qui pourtant, malgré ce constat, semblent faire du tort à l’industrie du disque.
« Nous allons continuer à faire des actions et je ne serais pas étonné que dans les semaines qui arrivent, un certain nombre d’internautes, qui eux sont des malades, on est dans le cleptomane, aient des problèmes. »
Pour rappel, la loi Hadopi et ses trois fameuses phases n’empêchent en aucun cas les internautes d’être poursuivis pour contrefaçon, et d’écoper au maximum de trois ans de prison et de 300 000 euros d’amende.
Reste que les plus gros téléchargeurs sont généralement des spécialistes, des gus dans un garage qui savent contourner les barrières de type Hadopi. C’est donc généralement Madame Michu et Monsieur Chumi qui découvrent avec stupéfaction la nouvelle…
Enfin, Nègre espère pouvoir tirer un véritable bilan d’Hadopi « d’ici un an ». 2012, une année qui s’annonce particulièrement mouvementée.
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Le 18 avril 2011 à 17:53
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Il y a 54 commentaires
Et à quand un B. Bayard, ou un M Rees
, ou un N. Sanyas sur LCI, histoire d'entendre autre chose que des inepties ?!
Edité par Nicosan le lundi 18 avril 2011 à 18:07
, ou un N. Sanyas sur LCI, histoire d'entendre autre chose que des inepties ?!
Edité par Nicosan le lundi 18 avril 2011 à 18:07
Sympa le sous titre
Donc l'idée est vraiment pédagogique.
Ce mot me fait toujour gerber... encore plus dans ce contexte...
Moi je vote Pascalou en 2012, ce mec est un visionnaire... !!
Ces « dingues » qui ne peuvent même pas écouter ce qu’ils « piratent », et qui pourtant, malgré ce constat, semblent faire du tort à l’industrie du disque.
Où il est le tort à l'industrie quand quelqu'un télécharge quelque chose qu'il n'écoutera pas par manque de temps (du moins je suppose que c'est ce qu'il sous-entend) ? Tout au plus un gaspillage de bande passante. Parce que là il n'y a pas de question à se poser, il ne l'aurait pas acheté si même gratuitement il ne l'écoute pas.
Pourtant il l'a dit lui même :
tout téléchargement pirate ne va pas se transformer en vente, on le sait
Il "oublie" ses propre propos après quelques minutes. Impressionnant.
Edité par GutsCrush3R le lundi 18 avril 2011 à 18:15
Ah ah sacré Pascal...
Et si, pirate du dimanche, au premier mail on disait : certes, vous m'avez eu cette fois, mais pour la prochaine, vous pourrez toujours courir, car je ne vais plus faire que du DL sécurisé (comme ma ligne adsl, d'ailleurs
)
Et si, pirate du dimanche, au premier mail on disait : certes, vous m'avez eu cette fois, mais pour la prochaine, vous pourrez toujours courir, car je ne vais plus faire que du DL sécurisé (comme ma ligne adsl, d'ailleurs
)
« Nous allons continuer à faire des actions et je ne serais pas étonné que dans les semaines qui arrivent, un certain nombre d’internautes, qui eux sont des malades, on est dans le cleptomane, aient des problèmes. »
Sinon, rien de neuf quoi. Hadopi, ça sauve les artistes, les veuves, les orphelins, ça lutte contre la famine dans le monde, mais visiblement, ça n’accélère pas la pousse des [strike]cheveux[/strike] neurones
night57200
Le lundi 18 avril 2011 à 18:27:21
#9
Inscrit
le mercredi 13 juillet 05
-
4052
commentaires
promotionner
Est-ce un motif d'irresponsabilité pénale... ?
Sinon, rien de neuf quoi. Hadopi, ça sauve les artistes, les veuves, les orphelins, ça lutte contre la famine dans le monde, mais visiblement, ça n’accélère pas la pousse des [strike]cheveux[/strike] neurones
Sinon, rien de neuf quoi. Hadopi, ça sauve les artistes, les veuves, les orphelins, ça lutte contre la famine dans le monde, mais visiblement, ça n’accélère pas la pousse des [strike]cheveux[/strike] neurones
Si la loi était bien faite, la société traiterait sans doute de la même façon les téléchargeurs compulsifs et les "engrangeurs de pognon" compulsifs de la même manière !
Dans les deux cas, il est question d'addiction !
Du coup, camisole et castration chimique pour tout le monde...!
Avec cette modération qui me caractérise tant, je me demande pourquoi je ne me présente pas à une élection quelconque...!
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