Quels sont les effets du téléchargement illicite sur l'audiovisuel ? Les dernières données du secteur donnent des réponses nettement moins tranchées que celles qui furent répétées en cœur lors des débats parlementaires par Franck Riester, Michel Thiollière, Christine Albanel ou Frédéric Mitterrand dans leur campagne de civilisation du net.
D'abord un petit rappel, déjà publié dans nos colonnes, sur les chiffres qui furent secoués pendant ces débats parlementaires :
"La Hadopi a favorisé le recours au streaming" (Pascal Rogard, SACD)
Le 11 janvier 2011, consulté par la Commission des affaires culturelles, la SACD, par la voix de Pascal Rogard son président, estime « qu’il est beaucoup trop tôt pour tirer un bilan de la loi Hadopi, dont l’application réelle n’a débuté qu’il y a trois ou quatre mois ». Néanmoins, le président de la SACD considère que Hadopi a bien « favorisé le recours à des procédés de « streaming » – contre lesquels, du reste, contrairement à ce que l’on en dit parfois, cette loi donne des moyens de lutter en recourant à une action en cessation qui permet de faire couper les liens avec ces sites ».
"On est loin des échanges entre les internautes"
Cet effet de migration, que clame ne pas avoir vu la Haute autorité, lors de sa dernière conférence de presse, est donc diversement apprécié par les professionnels : « Une telle piraterie est indéfendable, car les sites concernés gagnent de l’argent par la publicité, voire en faisant payer les internautes pour leur donner un accès illicite aux contenus : on est loin des échanges entre internautes évoqués lors des débats sur la loi Hadopi ! » D’autant que la Hadopi est maintenant obligée de s’arranger avec le droit pour tenter de faire peur à ceux qui consultent des fichiers en streaming.
L'offre légale, le parent pauvre, oublié de l'Hadopi
Autre chose : alors que Frédéric Mitterrand donne 6 mois à l’Hadopi pour tirer un bilan, la SACD préfère attendre la fin de l’année : Pascal Rogard : « on ne sera en mesure de faire raisonnablement le bilan de cette dernière qu’à la fin de 2011 » avec déjà les premières critiques sous forme de coup de pied : « Je me bornerai à souligner une lacune dans l’application de ce texte : la Hadopi ne se penche pas assez sur l’offre légale, alors que le dispositif n’a de sens que s’il fait migrer vers celle-ci les personnes qui téléchargent de façon illicite. Il faut donc renforcer l’incitation au développement de ces offres. Cet aspect est, selon nous, plus important que la sanction. »
Le DVD souffre du piratage, non le cinéma
Devant la Commission des affaires culturelles, Rogard dira encore que « le cinéma et la musique en salles pâtissent peu de la piraterie. Après la musique enregistrée, celle-ci a surtout atteint le DVD, objet reproductible par excellence. Mais il parvient maintenant à résister grâce à l’arrivée du Blu-ray et à l’adaptation, par les éditeurs, de leur politique tarifaire après les excès constatés dans un certain nombre de cas. »
Le marché de la vidéo physique... ? 1,38 milliard d'euros
Quelques jours après cette audition, le Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique clamait au contraire le bon état de ce marché :
Le cinéma : record d'entrées depuis 1967
Quelques jours plus tôt, le monde du cinéma enregistrait une réussite encore plus éclatante que l'univers de la vidéo Selon le CNC, les salles ont ainsi enregistré 206,49 millions d’entrées en 2010, soit 2,7 % de plus qu’en 2009 et le meilleur chiffre depuis… 1967.
D'abord un petit rappel, déjà publié dans nos colonnes, sur les chiffres qui furent secoués pendant ces débats parlementaires :
1ère séance du mercredi 11 mars 2009
2e séance du mercredi 11 mars 2009
2e séance du mardi 31 mars 2009

2e séance du jeudi 2 avril 2009

"La Hadopi a favorisé le recours au streaming" (Pascal Rogard, SACD)
Le 11 janvier 2011, consulté par la Commission des affaires culturelles, la SACD, par la voix de Pascal Rogard son président, estime « qu’il est beaucoup trop tôt pour tirer un bilan de la loi Hadopi, dont l’application réelle n’a débuté qu’il y a trois ou quatre mois ». Néanmoins, le président de la SACD considère que Hadopi a bien « favorisé le recours à des procédés de « streaming » – contre lesquels, du reste, contrairement à ce que l’on en dit parfois, cette loi donne des moyens de lutter en recourant à une action en cessation qui permet de faire couper les liens avec ces sites ».
"On est loin des échanges entre les internautes"
Cet effet de migration, que clame ne pas avoir vu la Haute autorité, lors de sa dernière conférence de presse, est donc diversement apprécié par les professionnels : « Une telle piraterie est indéfendable, car les sites concernés gagnent de l’argent par la publicité, voire en faisant payer les internautes pour leur donner un accès illicite aux contenus : on est loin des échanges entre internautes évoqués lors des débats sur la loi Hadopi ! » D’autant que la Hadopi est maintenant obligée de s’arranger avec le droit pour tenter de faire peur à ceux qui consultent des fichiers en streaming.
L'offre légale, le parent pauvre, oublié de l'Hadopi
Autre chose : alors que Frédéric Mitterrand donne 6 mois à l’Hadopi pour tirer un bilan, la SACD préfère attendre la fin de l’année : Pascal Rogard : « on ne sera en mesure de faire raisonnablement le bilan de cette dernière qu’à la fin de 2011 » avec déjà les premières critiques sous forme de coup de pied : « Je me bornerai à souligner une lacune dans l’application de ce texte : la Hadopi ne se penche pas assez sur l’offre légale, alors que le dispositif n’a de sens que s’il fait migrer vers celle-ci les personnes qui téléchargent de façon illicite. Il faut donc renforcer l’incitation au développement de ces offres. Cet aspect est, selon nous, plus important que la sanction. »
Le DVD souffre du piratage, non le cinéma
Devant la Commission des affaires culturelles, Rogard dira encore que « le cinéma et la musique en salles pâtissent peu de la piraterie. Après la musique enregistrée, celle-ci a surtout atteint le DVD, objet reproductible par excellence. Mais il parvient maintenant à résister grâce à l’arrivée du Blu-ray et à l’adaptation, par les éditeurs, de leur politique tarifaire après les excès constatés dans un certain nombre de cas. »
Le marché de la vidéo physique... ? 1,38 milliard d'euros
Quelques jours après cette audition, le Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique clamait au contraire le bon état de ce marché :
Le Syndicat demande cependant que Hadopi continue sa montée en puissance « afin que ces chiffres ne soient pas uniquement conjoncturels », tout en appelant à une baisse de la TVA sur les biens culturels dématérialisés, baisse maintes fois promis, jamais enclenchée.« le marché de la vidéo physique (DVD + Blu-ray) en France a connu une stabilisation en 2010 : + 0,1% à 1,38 milliard d’euros (marché détail TTC) avec 94,8 millions d’unités vendues (+1%). En forte hausse avec 173 millions d’euros, le Blu-ray représente désormais 13% du chiffre d’affaires de la vidéo avec quasiment un nouveau doublement en volume : plus de 8 millions d’unités vendues en 2010 (contre 4,5 millions en 2009 et 2 millions en 2008). Ce résultat est à mettre en parallèle avec les 15% des foyers français équipés d’au moins un lecteur ou d’une console lisant les Blu-ray ». La Vidéo à la demande elle progresse de 40% à 13 millions d’euros de C.A. « Au total, ce sont plus de 1,5 milliard d’euros qui ont été dépensés par les consommateurs en 2010 en France pour des contenus licites en vidéo physique et dématérialisée. »
Le cinéma : record d'entrées depuis 1967
Quelques jours plus tôt, le monde du cinéma enregistrait une réussite encore plus éclatante que l'univers de la vidéo Selon le CNC, les salles ont ainsi enregistré 206,49 millions d’entrées en 2010, soit 2,7 % de plus qu’en 2009 et le meilleur chiffre depuis… 1967.
Marc Rees
le 21 janvier 2011 à 09:33
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