LOPPSI 2 : les premiers amendements déposés au Sénat
Blocage, revente en ligne, videosurveillance, usurpation...
Au Sénat, les premiers amendements commencent à être déposés pour le futur examen par la Commission des lois du projet Loppsi 2. Tour d'horizon.
Pour le secteur du numérique, le rapporteur en commission des lois, Jean-Patrick Courtois et d’autres sénateurs veulent à ce jour, modifier les articles suivants :
Article 2 sur la sanction de l’usurpation de l’identité en ligne :
Les députés avaient considérablement étendu le champ de cette sanction en visant les atteintes « aux intérêts » d’une personne. Le rapporteur ne veut pas d’une telle extension et préfère dans son amendement la version initiale de cet article de la LOPPSI. Une version qui réserve son application aux seules atteintes à l'honneur ou la considération. Les modifications apportées par les députés ont eu pour objectif de frapper de ce délit les cas de phishing. Pour le sénateur, « il n'est pas souhaitable d'élargir davantage le champ de la nouvelle incrimination - les pratiques de « hameçonnage» pouvant d'ores et déjà être réprimées au moyen du délit d'escroquerie ainsi que du délit d’usurpation d’identité commis dans des circonstances qui auraient pu déterminer des poursuites pénales »
Par ailleurs, il demande à ce que la sanction soit réduite à 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, et non 2 ans de prison et 20 000 euros.
Article 4 sur le blocage des sites pédopornographiques
La Sénatrice Klès demande la suppression du filtrage des sites pédopornographiques. « Le blocage de l'accès à ces sites depuis le territoire national ne constitue pas la bonne parade » explique-t-elle laconiquement… (voir toutefois l'interview de Mme Klès sur Owni)
Article 17 sur la vidéosurveillance (que la LOPPSI rebaptise vidéoprotection)
Dans son amendement, le rapporteur Courtois veut que le maire soit informé des procédures entreprises par la commission départementale de la vidéosurveillance et par la CNIL, à l'encontre des utilisateurs de systèmes de vidéosurveillance qui ne respectent pas le cadre fixé par la loi. Un autre amendement, déposé par le sénateur Alex Türk, également président de la CNIL, veut rétablir la rédaction adoptée par le Sénat en première lecture. Avec cette nouvelle rédaction, lorsque la CNIL constate un manquement aux règles encadrant la vidéosurveillance, elle peut mettre en demeure le responsable de se conformer à ces obligations. À défaut, elle aura la possibilité de prononcer un avertissement public (peine « infamante ») et demander au Préfet de suspendre ce système.
Art. 24 octies A sur l’interdiction de la revente de billet en ligne.
Les députés avaient modifié la version votée en 1re lecture par les sénateurs. Ils interdisaient la revente en ligne de billet de manifestations sportives « en vue d’en tirer un bénéfice », sous peine de 15 000 euros d’amende.
Le sénateur Frassa veut revoir cette interdiction pour revenir à la version initiale du texte en interdisant au surplus la revente de billet d’accès à des manifestations culturelles ou commerciales. Si cet amendement est voté, c’est tout le régime de la revente de billet sur internet qui sera remis en cause sur des marchés comme ceux de Priceminister, eBay ou LeBonCoin.
Sur le thème de la LOPPSI, soulignons enfin la mise en ligne d'une pétition demandant le retrait du texte sur le site du Parti Pirate.
Brice Hortefeux lors de la première lecture au Sénat
Le texte, adopté en seconde lecture par l’Assemblée nationale, doit une nouvelle fois être examiné par les sénateurs. Les discussions ne porteront que sur les seuls articles qui n’ont pas été votés dans les mêmes termes par chacune des chambres. Pour le secteur du numérique, le rapporteur en commission des lois, Jean-Patrick Courtois et d’autres sénateurs veulent à ce jour, modifier les articles suivants :
Article 2 sur la sanction de l’usurpation de l’identité en ligne :
Les députés avaient considérablement étendu le champ de cette sanction en visant les atteintes « aux intérêts » d’une personne. Le rapporteur ne veut pas d’une telle extension et préfère dans son amendement la version initiale de cet article de la LOPPSI. Une version qui réserve son application aux seules atteintes à l'honneur ou la considération. Les modifications apportées par les députés ont eu pour objectif de frapper de ce délit les cas de phishing. Pour le sénateur, « il n'est pas souhaitable d'élargir davantage le champ de la nouvelle incrimination - les pratiques de « hameçonnage» pouvant d'ores et déjà être réprimées au moyen du délit d'escroquerie ainsi que du délit d’usurpation d’identité commis dans des circonstances qui auraient pu déterminer des poursuites pénales »
Par ailleurs, il demande à ce que la sanction soit réduite à 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, et non 2 ans de prison et 20 000 euros.
Article 4 sur le blocage des sites pédopornographiques
La Sénatrice Klès demande la suppression du filtrage des sites pédopornographiques. « Le blocage de l'accès à ces sites depuis le territoire national ne constitue pas la bonne parade » explique-t-elle laconiquement… (voir toutefois l'interview de Mme Klès sur Owni)
Article 17 sur la vidéosurveillance (que la LOPPSI rebaptise vidéoprotection)
Dans son amendement, le rapporteur Courtois veut que le maire soit informé des procédures entreprises par la commission départementale de la vidéosurveillance et par la CNIL, à l'encontre des utilisateurs de systèmes de vidéosurveillance qui ne respectent pas le cadre fixé par la loi. Un autre amendement, déposé par le sénateur Alex Türk, également président de la CNIL, veut rétablir la rédaction adoptée par le Sénat en première lecture. Avec cette nouvelle rédaction, lorsque la CNIL constate un manquement aux règles encadrant la vidéosurveillance, elle peut mettre en demeure le responsable de se conformer à ces obligations. À défaut, elle aura la possibilité de prononcer un avertissement public (peine « infamante ») et demander au Préfet de suspendre ce système.
Art. 24 octies A sur l’interdiction de la revente de billet en ligne.
Les députés avaient modifié la version votée en 1re lecture par les sénateurs. Ils interdisaient la revente en ligne de billet de manifestations sportives « en vue d’en tirer un bénéfice », sous peine de 15 000 euros d’amende.
Le sénateur Frassa veut revoir cette interdiction pour revenir à la version initiale du texte en interdisant au surplus la revente de billet d’accès à des manifestations culturelles ou commerciales. Si cet amendement est voté, c’est tout le régime de la revente de billet sur internet qui sera remis en cause sur des marchés comme ceux de Priceminister, eBay ou LeBonCoin.
Sur le thème de la LOPPSI, soulignons enfin la mise en ligne d'une pétition demandant le retrait du texte sur le site du Parti Pirate.
Le 11 janvier 2011 à 09:29
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Il y a 32 commentaires
et demander au Préfet de suspendre ce système.
+1 avec la Sénatrice Klès.
http://owni.fr/2010/09/08/la-senatrice-virginie-kles-le-blocage-est-inefficace-e...
L'article 4 n'est pas une parade, l'article 4 c'est de la complicité avec les pédophiles en dissimulant leurs activités au lieu de retirer les contenus à la source et poursuivre les auteurs de contenus pédopornographiques. Cacher n'est pas lutter !
L'article 4 c'est la mort de l'Internet en France, la fin de la neutralité des réseaux.
Edité par MdMax le mardi 11 janvier 2011 à 09:43
http://owni.fr/2010/09/08/la-senatrice-virginie-kles-le-blocage-est-inefficace-e...
L'article 4 n'est pas une parade, l'article 4 c'est de la complicité avec les pédophiles en dissimulant leurs activités au lieu de retirer les contenus à la source et poursuivre les auteurs de contenus pédopornographiques. Cacher n'est pas lutter !
L'article 4 c'est la mort de l'Internet en France, la fin de la neutralité des réseaux.
Edité par MdMax le mardi 11 janvier 2011 à 09:43
Article 4 sur le blocage des sites pédopornographiques
La Sénatrice Klès demande la suppression du filtrage des sites pédopornographiques. « Le blocage de l'accès à ces sites depuis le territoire national ne constitue pas la bonne parade » explique-t-elle laconiquement…
La Sénatrice Klès demande la suppression du filtrage des sites pédopornographiques. « Le blocage de l'accès à ces sites depuis le territoire national ne constitue pas la bonne parade » explique-t-elle laconiquement…
L'explication est un peu légère.
L'article 4 n'est rien de moins que l'instauration d'une censure d’État en France.
Edité par ®om le mardi 11 janvier 2011 à 09:46
sabrewolf
Le mardi 11 janvier 2011 à 09:47:23
#4
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le mercredi 22 décembre 10
-
219
commentaires
depuis le temps que la maison brûle...il reste encore des choses interessante dans ce texte?
Parce que bon...le filtrage, certes je ne suis pas vraiment pour et rejoins l'avis de beaucoup concernant son innefficacité...
Mais je me dit que, avec un pavet-fourre-tout comme ça, il doit quand même y avoir des idées bonnes dedans...
il n'ont quand même pas fait un texte à 100% nul...si?
Parce que bon...le filtrage, certes je ne suis pas vraiment pour et rejoins l'avis de beaucoup concernant son innefficacité...
Mais je me dit que, avec un pavet-fourre-tout comme ça, il doit quand même y avoir des idées bonnes dedans...
il n'ont quand même pas fait un texte à 100% nul...si?
+1 avec MdMax. Ca ma rappelle le débat sur les prostiputes en 2007 : on les éloigne des lieux fréquentés par les bons français et les honnêtes gens, et hop problème réglé !
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