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La cartographie de la controverse Hadopi

Une constellation de 187 noeuds

L’étude menée par des étudiants de Sciences Po et de l'ENSAD a mis en ligne une cartographie représentant tout ou partie de la galaxie Hadopi. « La taille et la complexité de cette cartographie du web montrent que la toile s’est emparée de la controverse qui s’est peu à peu publicisée grâce à Internet. La catégorisation schématique des sites (pro/anti/neutres) est un choix, car elle reflète la simplification des positions sur le web ». La grille de lecture pointe trois catégories d’acteurs :

cartographie hadopi

Après la classification par ces étudiants,
  • Les nœuds verts symbolisent les sites pro-Hadopi
  • Les nœuds violets les sites anti
  • Et les oranges représentent les neutres
La taille de chaque nœud est proportionnelle au nombre de fois que ce site est cité par d’autres sites, « un bon indicateur de l’importance de l’acteur-site dans la controverse ». Les lignes représentent uniquement les liens mutuels (A cite B et B cite A). « Elles sont de couleur mixte, c'est-à-dire de la couleur de leurs deux nœuds parents mélangés (jaune + bleu = vert). Le rôle des acteurs-sites est d’autant plus significatif qu’ils possèdent de liens mutuels, car ceci témoigne d’une certaine activité au sein de la controverse. Par opposition, les courbes grises sont des liens dirigés (A cite B) ». La distance entre chaque noeud n'a aucune signification.

187 liens sont cités dans ce tableau étoilé. « Le web est largement contestataire puisque les 2/3 des nœuds sont violets (antiHadopi), dont ceux les plus cités comme Numerama, PC INpact ou encore la Quadrature du Net, « le fer de lance de l’opposition à Hadopi » selon Le Figaro. Seuls 1/5 des nœuds sont oranges (neutres) et 1/6 verts (pro) » (nous en comptons un peu plus d'une vingtaine, ndlr).

Selon ces étudiants, « les sites apparemment neutres comme celui du Monde se situent plus près des sites « anti », partagent des liens mutuels avec et les citent davantage que les sites « pro ». Puisqu’ils citent principalement des sites d’opposition à Hadopi, l’opinion publique semble être informée de manière quelque peu biaisée par le relais des médias. ».

Par ailleurs, ils estiment que « les défenseurs de la loi « Création et Internet » ne savent paradoxalement pas utiliser le web manière optimale, ce qui témoigne d’un manque de légitimité et/ou de compétence. On également supposer qu’ils ne veulent pas rentrer dans l’arène du débat sur le web, comme s’ils pensaient qu’ils ne réussiraient pas à défendre la loi face aux experts d’Internet. »

On comprend un peu mieux l’attitude proactive d’Éric Walter qui a démultiplié l’an passé les rencontres avec des acteurs cités dans ce tableau. L'objectif était d'effectuer des échanges en tête à tête pour cerner au mieux chacun de ces atomes et aiguiser la communication de l'Hautorité. D'ailleurs ces échanges privés étaient le plus souvent organisés en présence de la chargée de communication de l'Hadopi. La méthode de l'Autorité, inviter au sein des "Labs" des "opposants", participe à la même idée : diluer les divergences trop marquées, casser les repères, brouiller les pistes, soigner la comm'. Des acteurs déjà qualifiés "d'anciens opposants"...

Conclusion de ces étudiants : « Le Web est donc le lieu de rencontres des acteurs qui ne se sont pas sentis écoutés dans l’élaboration de la loi. Initialement épars, ces acteurs vont peu à peu se retrouver sur beaucoup d’arguments et petit à petit former un second groupe délimité partageant une seconde vision d’Internet de la Création. Malgré les nuances qui peuvent caractériser cet autre ensemble d’acteurs, ils vont se positionner comme une opposition à la première vision ».
le 7 janvier 2011 à 12:14 (33 903 lectures)