La quatrième licence 3G appartenant à Free Mobile, malgré toutes les tentatives du triumvirat pour annuler la décision de l’ARCEP, le prochain dossier majeur de la téléphonie mobile se porte désormais sur les licences 4G. S’il est évident que seules les sociétés les plus fortunées pourront acheter de telles licences, les petites structures, elles, misent plus que jamais sur la possibilité de devenir des « Full MVNO ».Mais qu’est-ce qu’un « Full MVNO » ? Aujourd’hui, un opérateur virtuel qui loue le réseau d’un des trois grands opérateurs (Orange, SFR ou Bouygues) est limité à bien des égards. Sa marge de manœuvre est notamment très faible pour lancer de nouveaux services.
Alternative Mobile, qui représente une bonne partie des MVNO français, expliquait il y a quelques mois l’intérêt d’un « Full MVNO » :
Dans ce modèle étendu, le MVNO émet ses propres cartes SIM et dispose de sa propre base HLR (NDLR : Home Location Register, base de données centrale d'un opérateur qui gère les droits des abonnés, ce qui permet de maîtriser l'ensemble des services). Il dispose en plus d’éléments de cœur de réseau (GMSC et GGSN). Ce modèle, s’il est plus contraignant et plus coûteux en termes de déploiement et de maintenance technique, permet à l’opérateur virtuel de s’affranchir davantage de l’opérateur hôte, ce qui lui assure un meilleur contrôle sur son trafic et sur les services qu’il offre à ses abonnés.
Dans cette architecture, le MVNO a un code réseau qui lui est attribué par l’ARCEP. Cette attribution est sans problème et n’utilise aucune ressource rare. Selon les besoins du MVNO, l’ARCEP attribue en plus des tranches de N° mobile (06, 07…).
Le MVNO doit mettre en place une architecture dite « cœur de réseau » qui, pour un budget de quelques millions d'euros, lui donne la maîtrise totale sur les services de téléphonie mobile avec la possibilité de les coupler à une infinité de services autres et ce en toute liberté. Cette architecture ouvre des possibilités d'innovation très importantes.
Pour avoir accès au réseau d'un MNO (NDLR, Orange, SFR, Bouygues et bientôt Free Mobile), le MVNO doit alors avoir un "accord de roaming national" avec le MNO. Cet accord est techniquement équivalent à ce que chacun des MNO a déjà fait avec plus de 200 opérateurs dans le monde pour permettre l'utilisation du téléphone mobile par chacun dans le monde entier. Il est à noter que des accords de ce type entre MNO et MVNO existent déjà dans d’autres pays Européens (Espagne, Royaume-Uni, Allemagne, Hollande, etc).
Le MNO commercialise ainsi son infrastructure de réseau.
Dans cette architecture, le MVNO a un code réseau qui lui est attribué par l’ARCEP. Cette attribution est sans problème et n’utilise aucune ressource rare. Selon les besoins du MVNO, l’ARCEP attribue en plus des tranches de N° mobile (06, 07…).
Le MVNO doit mettre en place une architecture dite « cœur de réseau » qui, pour un budget de quelques millions d'euros, lui donne la maîtrise totale sur les services de téléphonie mobile avec la possibilité de les coupler à une infinité de services autres et ce en toute liberté. Cette architecture ouvre des possibilités d'innovation très importantes.
Pour avoir accès au réseau d'un MNO (NDLR, Orange, SFR, Bouygues et bientôt Free Mobile), le MVNO doit alors avoir un "accord de roaming national" avec le MNO. Cet accord est techniquement équivalent à ce que chacun des MNO a déjà fait avec plus de 200 opérateurs dans le monde pour permettre l'utilisation du téléphone mobile par chacun dans le monde entier. Il est à noter que des accords de ce type entre MNO et MVNO existent déjà dans d’autres pays Européens (Espagne, Royaume-Uni, Allemagne, Hollande, etc).
Le MNO commercialise ainsi son infrastructure de réseau.
L'occasion manquée en 2010
Le concept de « Full MVNO » n’est donc pas neuf, mais aucun MVNO en France n’est pour l’instant concerné. Lors de l’attribution des fréquences résiduelles de la quatrième licence 3G, les MVNO avaient bon espoir de voir enfin se concrétiser un tel concept.
L’occasion fut néanmoins manquée, la faute à Orange et SFR, qui ont préféré payer le prix fort et réduire leur engagement auprès des MVNO, afin de s’adjuger les deux autres tiers de la licence.
« Le prix de réserve était de 120 millions d'euros. On peut penser que Free a proposé 120 millions d'euros, avec l'engagement maximal par rapport aux MVNO (de niveau 3, soit Full MVNO, ndlr), et que SFR et Orange ont doublé la mise pour ne pas avoir à s'ouvrir aux MVNO » commentait ainsi à l’époque le président d’Alternative Mobile, Leonidas Kalogeropoulos.
2011 ou jamais
La prochaine (et unique ?) occasion à se présenter sera donc celle qui aura lieu lors de l’attribution des licences 4G, qui approche à grands pas, probablement au début de l’année 2011.
Lors du dernier échec, Alternative Mobile insistait bien sur ce point et espérait coûte que coûte que les MVNO soient mieux traités par les MNO, notamment grâce à bonus ou malus plus « sévère, voire que l'ouverture aux MVNO soit une condition obligatoire ».
Aujourd’hui, cette même association réitère sa volonté de voir les MVNO mieux traités. « Être à la pointe des offres innovantes, en matière de services, de prix ou d’offres adaptées à des cibles particulières (PME, transfrontaliers, zones rurales…) est la vocation première des MVNO, à condition qu’ils disposent d’une autonomie suffisante pour répondre aux multiples attentes du marché. »
L’association note ainsi que « les prochains appels pour les licences de 4ème génération (800 MHz et 2,6 GHz) constituent l’ultime chance de voir éclore en France un modèle « Full MVNO », facteur d’innovation et d’une multiplication de nouveaux services, au profit des consommateurs et de la compétitivité des entreprises françaises ».
Plus d'argent, moins de liberté pour les MVNO
Alternative Mobile est néanmoins très sceptique. Elle « redoute que malgré la détermination de l’ARCEP, les arbitrages rendus par le Gouvernement en perspective de la finalisation des appels 4G soient davantage dictés par des objectifs budgétaires de court terme en vue d’une maximisation de la valorisation des fréquences, que par des objectifs de long terme en faveur du dynamisme concurrentiel et de l’innovation dans le secteur des télécoms ».
En somme, l’association craint que l’épisode vécu lors l’attribution des fréquences résiduelles de la quatrième licence 3G se répète pour la 4G. Les MNO préfèreront mettre quelques millions supplémentaires pour s’adjuger les licences, afin de compenser leurs pertes de points (l’attribution des licences fonctionne avec des points) du à leur faible considération des MVNO.
Et Free Mobile ?
Si Orange, SFR et Bouygues Télécom se sont toujours contentés du strict minimum concernant les MVNO, Free Mobile n’a pour sa part jamais caché vouloir tendre la main aux MVNO afin de leur donner plus de liberté.
L’ARCEP, lors de l’attribution à Free Mobile de la quatrième licence 3G l’an passé, affirmait dans son rapport que le choix de Free s’était aussi fait pour ses futurs rapports avec les MVNO :
« Free Mobile prend également de nombreux engagements concernant l’accueil des opérateurs mobiles virtuels (MVNO), sur les plans commercial, contractuel et technique. Il s’engage notamment à accueillir des MVNO "complets" ("full MVNO") sur son réseau » lisait-on à l’époque.
Pourtant, selon le président d’Alternative Mobile, interrogé par PC INpact, tout ne serait pas rose entre Free Mobile et les MVNO. Leurs rapports seraient « insuffisants au regard des promesses ». Est-ce un simple retard à l’allumage, ou bien Free Mobile ne compte-t-il finalement pas donner de l’indépendance aux MVNO qui seront rattachés à son réseau ?
Quoi qu’il en soit, il semble bien que la solution à ce « problème » soit entre les mains de l’ARCEP. Ce dernier pourrait notamment imposer aux MNO de donner un minimum de liberté aux MVNO.
Le graphique qui fait mal. Ou comment les MVNO n'arrivent pas à percer en France.
(chiffres de l'ARCEP du 3ème trimestre 2010)
(chiffres de l'ARCEP du 3ème trimestre 2010)
Nil Sanyas
le 9 novembre 2010 à 15:04
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