Dans le cœur d’Hadopi, l’e-mail est la première marche de la fameuse réponse graduée. Un récent arrêt de la Cour de cassation risque cependant de jouer les trouble-fête dans cette gradation.
D’abord un rappel. Dans Hadopi, le mécanisme commence par le repérage d’un fichier mis à disposition. L’adresse IP est relevée puis un message d’avertissement est envoyé au titulaire de l’abonnement Internet « par la voie électronique » via le fournisseur d’accès.
En cas de renouvellement des faits dans un délai de 6 mois à compter de l'envoi de la première recommandation, donc envoyée par email, la Hadopi peut adresser une nouvelle recommandation par la voie électronique et/ou par une lettre recommandée avec accusé de réception (« ou de tout autre moyen propre à établir la preuve de la date d'envoi de cette recommandation »).
En cas de troisième itération dans l’année suivant l’envoi par lettre recommandée, le dossier peut être transmis au Parquet en vue d’un éventuel procès.
Le schéma est résumé par la Hadopi ainsi :
Le principe de validité et de la preuve de l'écrit électronique
La Cour d’appel de Dijon avait admis comme preuve cet émail, mais pas la cour de cassation. Celle-ci rappela solennellement les grands principes en la matière, qu’on retrouve dans l’article 1316-4 du code civil : « lorsqu'elle est électronique [la signature] consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache. La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ». Ici, sans signature électronique démontrant l’identité du signataire et l’intégrité du document, l’email ne vaut rien.
Conclusion ? Si ces principes sont étendus à Hadopi, la première marche de la réponse graduée pourrait tout simplement être effacée, et avec elle les premières vagues d’avertissements. Certes, la Hadopi « peut » ou « peut ne pas » envoyer un courrier, mais comment pourra-t-elle calculer le premier délai de 6 mois si elle ne peut sereinement démontrer l’envoi de la première salve ?
D’abord un rappel. Dans Hadopi, le mécanisme commence par le repérage d’un fichier mis à disposition. L’adresse IP est relevée puis un message d’avertissement est envoyé au titulaire de l’abonnement Internet « par la voie électronique » via le fournisseur d’accès.
En cas de renouvellement des faits dans un délai de 6 mois à compter de l'envoi de la première recommandation, donc envoyée par email, la Hadopi peut adresser une nouvelle recommandation par la voie électronique et/ou par une lettre recommandée avec accusé de réception (« ou de tout autre moyen propre à établir la preuve de la date d'envoi de cette recommandation »).
En cas de troisième itération dans l’année suivant l’envoi par lettre recommandée, le dossier peut être transmis au Parquet en vue d’un éventuel procès.
Le schéma est résumé par la Hadopi ainsi :
(c) Hadopi
La Cour de cassation a cependant rendu un arrêt le 30 septembre dernier qui rappelle les grands principes des règles de l'écrit électronique et de la preuve de sa validité. L’affaire opposait un bailleur et une locataire. Cette dernière opposait au premier un simple email dans lequel celui-ci s’était entendu avec elle sur le délai de préavis du bail. Le bailleur lui contestait la validité de ce simple email. Le principe de validité et de la preuve de l'écrit électronique
La Cour d’appel de Dijon avait admis comme preuve cet émail, mais pas la cour de cassation. Celle-ci rappela solennellement les grands principes en la matière, qu’on retrouve dans l’article 1316-4 du code civil : « lorsqu'elle est électronique [la signature] consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache. La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ». Ici, sans signature électronique démontrant l’identité du signataire et l’intégrité du document, l’email ne vaut rien.
Conclusion ? Si ces principes sont étendus à Hadopi, la première marche de la réponse graduée pourrait tout simplement être effacée, et avec elle les premières vagues d’avertissements. Certes, la Hadopi « peut » ou « peut ne pas » envoyer un courrier, mais comment pourra-t-elle calculer le premier délai de 6 mois si elle ne peut sereinement démontrer l’envoi de la première salve ?
Le 3 novembre 2010 à 09:08
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Il y a 185 commentaires
Hadopi ko par justice
geekounet85
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:16:02
#2
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moi, faudra m'expliquer comment monsieur michu, il fait pour se conformer à ça:
????
même moi, qui connait gpg, je le met pas en place parce que trop lourd et trop contraignant!
la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État
même moi, qui connait gpg, je le met pas en place parce que trop lourd et trop contraignant!
Aegis1383
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:17:40
#3
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Question :
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
negus56
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:17:42
#4
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Hadopi, une passoire que le gouvernement croit pouvoir faire flotter au milieu d'un océan de requins...
Durandal
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:19:38
#5
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et l'intégrité de l'acte garantie
C'est surtout cette partie qui m'a fait rire surtout que l' Hadopi fait envoyer ses mails par les FAI et non elle directement...
Edité par Durandal le mercredi 3 novembre 2010 à 09:20
sylnivhp
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:20:24
#6
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Pauvre Hadopy !
La féé qui s'est penchée sur son berceau devait être Carabosse !
La féé qui s'est penchée sur son berceau devait être Carabosse !
Gourmet
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:20:45
#7
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Tout ça c'est d'une connerie : en 2010 expédier des courriels électroniques censés être officiels sans signature électronique c'est du foutage de gueule.
C'est clair que si un jour je reçois un courrier recommandé (je ne vais jamais les chercher du reste) c'est procédure en demandant expressément la preuve de la date de départ.
Et par preuve ce n'est pas un courriel mais une preuve formelle scellée et signée par une autorité reconnue aux travers de moyens certifiés par l'ANSSI (Kynetics par exemple).
Cela fait des années que le MINEFI bosse avec des certificats et cette misérable halte au pis n'est même pas fichue de travailler avec des moyens d'aujourd'hui.
C'est une agence d'INTIMIDATION, ni plus ni moins.
db
C'est clair que si un jour je reçois un courrier recommandé (je ne vais jamais les chercher du reste) c'est procédure en demandant expressément la preuve de la date de départ.
Et par preuve ce n'est pas un courriel mais une preuve formelle scellée et signée par une autorité reconnue aux travers de moyens certifiés par l'ANSSI (Kynetics par exemple).
Cela fait des années que le MINEFI bosse avec des certificats et cette misérable halte au pis n'est même pas fichue de travailler avec des moyens d'aujourd'hui.
C'est une agence d'INTIMIDATION, ni plus ni moins.
db
Question :
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
Le souci est que pour signe électroniquement il doit avoir un certificat de signature comme sur le site des impôts
Ce qui entraine si je me trompe pas une connexion automatiquement afin de reconnaitre l utilisateur
Je vais vérifie cela tous de suite
edit :
voirhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Signature_num%C3%A9rique
Edité par kurasul le mercredi 3 novembre 2010 à 09:24
Darkou
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:21:34
#9
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Ca c'était courru d'avance qu'ils ne pouvaient pas prouvé la réception de l'email par l'auteur présumé de l'infraction; ça me parait logique mais bon
corsebou
Le mercredi 3 novembre 2010 à 09:22:45
#10
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Question :
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
Et si Hadopi blinde son mail (avec une signature électronique valide, car ils ont les moyens de le faire) ?
Ca supprime le problème, non ?
EXCELLENTE IDEE!!!!
Vite une rallonge de 350 millions d'euros pour la hadopi!
Non attendez... mettons 400 millions! oh apres tout c'est pareil cela vient que des impôts des [strike]cons[/strike]erm des francais. C'est gratuit et une resource sans fin!
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