Hervé Mariton était invité récemment de MCE, « Ma Chaîne Etudiante ». Le député, ancien ministre, effectuait un exercice de style jamais évident pour un politique : le désaveu d’un vote passé. « On s’est mis avec Hadopi dans une logique un peu tristounette » a déclaré le parlementaire, rappelant qu’« Hadopi je l’ai voté, mais ce n’est pas le texte que je suis le plus fier d’avoir voté, pour tout vous dire. » Le représentant UMP de la Drôme a révélé lors de l’émission : « j’avais des états d’âme, j’avais alerté le gouvernement sur le fait – je le ressens en tant que député d’une circonscription rurale, que l'accès à internet est évidemment un droit constitutionnel. Le gouvernement ne l’avait pas vu, le Conseil constitutionnel l’a retoqué sur ce point ».
Hervé Mariton avait donc voté Hadopi 1 alors qu'il savait le texte inconstitutionnel, vote qu’il a confirmé avec Hadopi 2. Le parlementaire trouve néanmoins des charmes à ce dispositif : « Hadopi a un mérite, c’est d’avoir rappelé tout de même (…) que le numérique et internet sont un champ de liberté, et qu’en même temps la liberté suppose des règles et que tous les principes élaborés jusqu’à présent, le droit des personnes, le droit d’auteur, ne sont pas vidés de leur sens tout simplement par ce qui a internet. »
L'après Hadopi, l'éthique du numérique
« Tout le monde a bien compris qu’on est déjà dans l’après Hadopi » conclut-il. Depuis les votes d’hadopi 1 et 2, le député a intégré le groupe UMP sur l’Ethique du Numérique, mené par Lionel Tardy. Ici, la stratégie d’approche est nettement plus constructive et pacifique. Dans son premier rapport, ce groupe enterrait Hadopi dès juin 2010 en énonçant : « Il faut éviter une logique qui oppose consommateur et éditeur et prendre davantage en ligne de compte le rôle du distributeur, qui est indirectement le grand gagnant d’une minimisation du droit d’auteur. Plus ces droits sont minimes, plus son offre s’élargit et plus elle est attractive pour l’utilisateur. »
Eric Walter et le contournement d'Hadopi
Mais cet après–Hadopi n’a pas pénétré tous les esprits, même les plus lumineux. Lors de cette même émission, le secrétaire général Eric Walter était interrogé cette fois sur les nombreuses failles du texte (il suffit de tapoter « contour » sur Google pour voir l’autocomplétion suggérer « contournement Hadopi ») : « que le grand public ait envie de passer son temps, tous ses loisirs à chercher ces moyens et à les mettre en œuvre (des moyens de détourner la loi) je ne suis tout à fait pas convaincu et on fait même le pari du contraire », estime-t-il considérant qu’Hadopi sera efficace pour les « 38 millions d’internautes », exception faite de quelques irréductibles…
Hervé Mariton avait donc voté Hadopi 1 alors qu'il savait le texte inconstitutionnel, vote qu’il a confirmé avec Hadopi 2. Le parlementaire trouve néanmoins des charmes à ce dispositif : « Hadopi a un mérite, c’est d’avoir rappelé tout de même (…) que le numérique et internet sont un champ de liberté, et qu’en même temps la liberté suppose des règles et que tous les principes élaborés jusqu’à présent, le droit des personnes, le droit d’auteur, ne sont pas vidés de leur sens tout simplement par ce qui a internet. »
L'après Hadopi, l'éthique du numérique
« Tout le monde a bien compris qu’on est déjà dans l’après Hadopi » conclut-il. Depuis les votes d’hadopi 1 et 2, le député a intégré le groupe UMP sur l’Ethique du Numérique, mené par Lionel Tardy. Ici, la stratégie d’approche est nettement plus constructive et pacifique. Dans son premier rapport, ce groupe enterrait Hadopi dès juin 2010 en énonçant : « Il faut éviter une logique qui oppose consommateur et éditeur et prendre davantage en ligne de compte le rôle du distributeur, qui est indirectement le grand gagnant d’une minimisation du droit d’auteur. Plus ces droits sont minimes, plus son offre s’élargit et plus elle est attractive pour l’utilisateur. »
Eric Walter et le contournement d'Hadopi
Mais cet après–Hadopi n’a pas pénétré tous les esprits, même les plus lumineux. Lors de cette même émission, le secrétaire général Eric Walter était interrogé cette fois sur les nombreuses failles du texte (il suffit de tapoter « contour » sur Google pour voir l’autocomplétion suggérer « contournement Hadopi ») : « que le grand public ait envie de passer son temps, tous ses loisirs à chercher ces moyens et à les mettre en œuvre (des moyens de détourner la loi) je ne suis tout à fait pas convaincu et on fait même le pari du contraire », estime-t-il considérant qu’Hadopi sera efficace pour les « 38 millions d’internautes », exception faite de quelques irréductibles…
Marc Rees
le 2 novembre 2010 à 10:07
(41 801
lectures)
Actualités et brèves relatives
- 29 / 10 / 2010 : Un rapport parlementaire réclame la fusion Arcep, CSA et Hadopi
- 29 / 10 / 2010 : Bruxelles enquête sur Hadopi (suite)
- 28 / 10 / 2010 : Frais d'Hadopi : faute d’avancée, Free menace de revenir au papier
- 28 / 10 / 2010 : La Commission Européenne enquête sur l'application d’Hadopi
- 28 / 10 / 2010 : Ouverture imminente du site de la Carte Musique Jeune (MàJ)
- 26 / 10 / 2010 : Hadopi : Éric Walter conteste avoir été furieux mais confirme l’appel
- 02 / 06 / 2010 : Éthique des TIC : Hadopi va civiliser internet, selon Franck Riester
- 01 / 06 / 2010 : L’UMP tente de faire oublier le bide HADOPI à coup d'éthique
- 14 / 01 / 2010 : Un groupe parlementaire lance une réflexion sur l’éthique des TIC






