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Tim Berners-Lee : les lois de coupure d’accès sont des « fléaux »

La culture de la coupure, la coupure de la culture

Lors d’une conférence à l’Académie des Sciences à Londres, Tim Berners-Lee a dénoncé le « fléau » des législations comme Hadopi :  «une vague de législations qui entendent donner aux gouvernements et aux fournisseurs d'accès le droit et le devoir de déconnecter les gens ». Pour l’un des pères du web, dont les propos ont été rapportés par l’AFP, « qu'on puisse suspendre l'accès à l'internet à une famille française parce que l'un des enfants a téléchargé illégalement un contenu, sans jugement, je crois que c'est une punition inopportune ». La coupure en France sera toutefois précédée d’un jugement qui, au lieu de constater une contrefaçon avec perquisition à l’appui, s’appuiera sur un « défaut de sécurisation » constaté à distance,  ou plutôt déduit de la présence d'une IP sur un réseau P2P.

internet

Pour Berners-Lee ,« je veux pouvoir continuer à utiliser l'internet. Si l'accès m'est coupé, pour une raison ou une autre, en ce qui me concerne ma vie sociale serait totalement dégradée. Pour certains, c'est un accès à l'information médicale. »

La légitimité du partage

Les critiques rejoignent celles émises dans un billet par Philippe Aigrain, l’un des cofondateurs de la Quadrature du net : il estime pour sa part que « le partage est légitime ». Il estime que lorsque « le partage est réprimé, de mauvais types de technologies et d’usage remplacent ceux qui sont socialement utiles » : on chasse le P2P, et on rabat l’internaute vers « l’usage de technologies appauvrissantes, comme le streaming ». Selon Aigrain, la capacité pour chacun « d’agir comme un distributeur volontaire des productions culturelles est une capacité fondamentale de près de deux milliards d’êtres humains. Un jour, on se demandera comment il fut possible à certains d’entre nous de vouloir priver leurs concitoyens de cette capacité ».
le 29 septembre 2010 à 09:03 (16 971 lectures)