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L'internet civilisé d'Hadopi, le discrédit de la gratuité

Paye, paye, black bird

Un passage symptomatique du mail d’avertissement d'Hadopi dévoilé aujourd'hui indique que: « Sous les apparences séduisantes de la gratuité, les pratiques qui ne respectent pas le droit des auteurs des œuvres privent, en effet, les créateurs de leur juste rétribution. Elles représentent un grave danger pour l'économie du secteur culturel et c'est la survie de la création artistique, sous toutes ses formes, qui est en cause. Pour mieux concilier les avantages d'Internet et le respect de la création, nous vous rappelons que des services en ligne de plus en plus nombreux proposent aujourd'hui des offres légales attractives et respectueuses des droits des créateurs ».

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De ce petit bout de phrases rattaché à ce texte destiné à civiliser Internet, plusieurs enseignements peuvent être tirés :
  • Hadopi semble craindre les atteintes au droit d’auteur faites uniquement sous l’apparence de gratuité. Ne doit-on pas considérer au contraire que plus que l’échange entre fans, ce sont surtout les reventes de contrefaçons qui dépouillent l’artiste, la major ou le label indépendant ?
     
  • Par l’usage de la formule « apparences séduisantes de la gratuité », l'Hadopi veut-elle jeter le discrédit sur tout un secteur économique, celui des auteurs qui ont justement choisi de diffuser leur contenu sans exiger de rétribution préalable ?
     
  • Il existe des pratiques qui ont l’apparence séduisante de la gratuité, mais qui financent pourtant le secteur de la création. On pense spécialement à Deezer, Spotify ou (le regretté) Jiwa.
     
  • Il y a enfin ces contenus qui sont « gratuits » (par exemple : une image diffusée en ligne qu’on peut librement regarder et parfois diffuser) et qui sont pollués par de vilaines pratiques, par exemple l'art de la reprise et ses (mauvaises) manières
Seuls les aigris considèreront qu’Hadopi a pour vocation, non d’insuffler un large respect du droit d’auteur, mais de répondre avant tout aux milliers d'IP que lui adressent chaque jour les ayants droit de la musique et de l'audiovisuel...
le 28 septembre 2010 à 15:50 (28 710 lectures)