ou INSCRIVEZ-VOUS Mot de passe oublié ?
Publicité

Anticipation, restriction, dénonciation : Hadopi peaufine ses armes

Des armes de crocodile ?

Les grandes manœuvres se poursuivent autour de la mise en œuvre de la réponse dite graduée. Alors que l’envoi des premiers mails est chaque jour un peu plus « imminent », la Hadopi poursuit le peaufinage de sa communication. Conformément à un appel d’offres qui fut lancé l’an passé, la philosophie reste intacte : «la communication devra être conçue de manière à apporter par anticipation une réponse aux campagnes de désinformation qui pourraient être lancées » contre ce dispositif.

hadopi marais
Marie Françoise Marais, présidente de la Hadopi (photo PC INpact)


On sait déjà que le glissement sémantique va être identique à la LOPPSI où la vidéosurveillance a été rebaptisée vidéoprotection. Avec Hadopi, les ayants droit vont maquiller le filtrage en moyens de sécurisation labélisés.

Compiler toute la documentation

Mais ce n’est pas tout. Pour qu’une usine fonctionne, encore faut-il des petites mains. La Hadopi poursuit donc ses embauches avec toujours en tête, l’appel d’offres précité. Outre une secrétaire de direction au sein de la Commission de protection des droits, elle recherche ainsi un rédacteur documentaliste, véritable taupe qui « réalise une veille documentaire dont l’objectif est de compiler l’ensemble de la documentation disponible sur les sujets traités par les Labs. Ses recherches s’effectuent en ligne et hors ligne. Son champ d’investigation est pluridisciplinaire (problématiques juridiques, économiques, techniques, sociologie des usages, philosophie, etc.) et les supports hétérogènes : articles, études, mémoires et thèses, etc. »

Collaboration, restriction des internautes, dénonciation

La Hadopi cherche également un « community manager ».  Eric Walter l'a annoncé encore ce week-end sur son compte twitter. Derrière ce terme très web 2.0 dédié à cette traque ancestrale, il est chargé «de l’organisation du travail collaboratif en ligne et hors-ligne. (…) En collaboration avec des experts indépendants et sous la responsabilité du chargé de mission, il assure l’animation des groupes de travail et le suivi des travaux. Il est responsable de la partie collaborative de la plate-forme Web ».

Détail croustillant, ce « Gestionnaire de Communauté » aura pour fonction de « modérer les contributions et les discussions des internautes, signaler les sujets polémiques et transmettre les contributions des internautes aux chargés d’études qui valident ou non leur publication ». La restriction et la dénonciation seront donc deux des mamelles de ce gentil organisateur. Notre GO ou plutôt CM aura également pour tâche d’insuffler la bonne parole twitterienne : « Au lancement d’une étude ou lors de sa finalisation, il diffuse l’information sur les réseaux sociaux et invite les internautes à participer. Sur chaque thématique étudiée, il rédige une synthèse des discussions en ligne et mesure l’implication des internautes. » Reprenons encore l’appel d’offres de 2009 : « la communication devra être conçue de manière à apporter par anticipation une réponse aux campagnes de désinformation qui pourraient être lancées »...

eric walter insidopi hadopi

Anticiper les bugs concurrentiels autour des moyens de sécurisation

La Hadopi anticipe également les couacs concurrentiels autour de la sécurisation, un pipeline de plus dans cette usine à gaz. Elle recherche ainsi un juriste spécialisé en « Concurrence, régulation et contenus culturels ». Celui-ci sera notamment chargé de « l’encadrement et prise en charge des procédures de labellisation de l’offre légale et des moyens de sécurisation ». Il devra aussi assurer le « suivi des indicateurs relatifs à l'offre légale et à l'observation de l'utilisation des œuvres sur les réseaux, en collaboration avec le responsable de la coordination des études de la Haute Autorité ». Un emploi du temps fort pris qui aura à se pencher aussi sur le « suivi des procédures applicables en matière d’interopérabilité des mesures techniques » ou la « veille juridique nationale et communautaire en droit de la concurrence et en matière d'offre légale et de techniques de sécurisation ».

La Hadopi cherche tout autant activement un juriste en droit public qui assure « un soutien de toutes les équipes de l’Hadopi pour les questions relatives aux données à caractère personnel et un contact régulier des services de la CNIL ».

Un autre juriste spécialisé en droit de la propriété intellectuelle est sollicité. Celui-ci devra s’occuper des mesures techniques de protection, le « Suivi des contentieux (droit d’auteur, droit des marques…) » et la « Gestion des noms de domaine » (rappelons qu’un conflit de dépôt de marque entoure le mot « Hadopi »).

Une petite armée d'agents pour l'envoi des avertissements

Ce juriste devra également transmettre des recommandations de modifications des lois ou des règlements, répondre aux consultations. Il aura aussi à encadrer et assurer les suivis juridiques « de l’évaluation des expérimentations conduites dans le domaine des technologies de reconnaissance des contenus et de filtrage, en collaboration avec les autres juristes de la direction » S’ajoute encore une petite armée d’agents chargés de gérer la procédure de réponse graduée, de la saisine jusqu’à la mise en œuvre de la suspension de l’abonnement internet. Il sera chargé de « l’envoi des avertissements enjoignant les internautes de respecter leur obligation de surveillance et leur fournissant des informations sur l’offre légale de contenus culturels et les moyens de sécurisation de l’accès à internet »...
le 20 septembre 2010 à 10:19 (17 807 lectures)