Alors que les cinéastes français disparaissent les uns après les autres ces derniers temps (Claude Chabrol hier, Alain Corneau fin août), Jean-Luc Godard, anti-Hadopi affirmé, a récemment réalisé un acte peu commun nous révèle Ecrans.fr : donner 1000 euros à James Climent, un Français en lutte contre les ayants droit.
James Climent, proche de la quarantaine, se retrouve aujourd’hui avec une amende de 20 000 € pour avoir téléchargé 13 788 MP3, après une lutte juridique de cinq longues années. Souhaitant ne pas en rester là, James va porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme. Mais pour cela, il lui faut de l’argent afin de payer un bon avocat. 5 000 € précisément.
Les dons, notamment via son blog Paflapuce, lui rapportent quelques euros, et l’ATILD (association pour le téléchargement sur Internet et la libre diffusion) devrait l’aider d’un peu plus d’un millier d’euros. Mais cela ne suffit pas.
Rentre alors en scène Jean-Luc Godard, qui par la voix de son producteur, lui signe un chèque de 1 000 euros nous informe James sur son blog. Cela ne suffit toujours pas, et il manque encore plus de 2 800 euros, mais le geste du réalisateur est assez rare pour être souligné.
« Ça m'a foutu un coup, une droite soignée pour tout dire » s’exprime James. « Recto à Bisounours land. Pendant quelques heures je me suis trouvé entre l'état de Bernadette Soubirou après sa première vision et celle du dindon masqué volant à mach 3 dans la stratosphère. (…) Je lui ai écrit une lettre de remerciement.
(…) God(ard) est avec nous. »
Pensant au départ à un canular, James a dû se faire à l’idée que l’envoi du don de 1 000 euros était véritable. Pour lui, ce geste vaut bien plus que 1 000 euros. « Il ouvre la voie aux ayants droits qui doutaient encore de leurs positions. Ils montrent le chemin aux plus jeunes de ce qu'est « être un artiste ». C'est peut-être donc ça, capturer ce qui ne se voit, saisir ce mouvement imperceptible de l'esprit vers le cœur. Tout un art de vivre... Jean-Luc bless us. »
Mais pourquoi avoir réalisé pareil don ? Certes, Godard a maintes fois prouvé qu’il était contre Hadopi, contre l’héritage et contre l’abus de la propriété (voir plus bas), mais entre cette démarche et aider sciemment un "mauvais" téléchargeur (qui assume), il y a un pas que beaucoup ne feraient pas.
Selon Alexandre Hervaud, journaliste pour Ecrans.fr (site de Libération), Jean-Luc Godard aurait en fait flashé sur un portrait d’Alexandre sur James Climent publié le 11 août dernier. Un mois plus tard, James recevait un cinquième de ses besoins pour se défendre.
« Je suis contre Hadopi » affirmait Godard dans Les Inrocks en mai dernier. « Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’œuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro… »
Godard alla même plus loin sur un sujet qui fait pourtant couler beaucoup d’encre depuis des siècles : « Le socialisme du film consiste à saper l’idée de propriété, à commencer par celle des œuvres… Il ne devrait pas y avoir de propriété des œuvres. Beaumarchais voulait seulement bénéficier d’une partie des recettes du Mariage de Figaro. Il pouvait dire “Figaro, c’est moi qui l’ai écrit”. Mais je ne crois pas qu’il aurait dit “Figaro, c’est à moi”. Ce sentiment de propriété des œuvres est venu plus tard. Aujourd’hui, un type pose des éclairages sur la tour Eiffel, il a été payé pour ça, mais si on filme la tour Eiffel on doit encore lui payer quelque chose. »
James Climent, proche de la quarantaine, se retrouve aujourd’hui avec une amende de 20 000 € pour avoir téléchargé 13 788 MP3, après une lutte juridique de cinq longues années. Souhaitant ne pas en rester là, James va porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme. Mais pour cela, il lui faut de l’argent afin de payer un bon avocat. 5 000 € précisément.Les dons, notamment via son blog Paflapuce, lui rapportent quelques euros, et l’ATILD (association pour le téléchargement sur Internet et la libre diffusion) devrait l’aider d’un peu plus d’un millier d’euros. Mais cela ne suffit pas.
Rentre alors en scène Jean-Luc Godard, qui par la voix de son producteur, lui signe un chèque de 1 000 euros nous informe James sur son blog. Cela ne suffit toujours pas, et il manque encore plus de 2 800 euros, mais le geste du réalisateur est assez rare pour être souligné.
« Ça m'a foutu un coup, une droite soignée pour tout dire » s’exprime James. « Recto à Bisounours land. Pendant quelques heures je me suis trouvé entre l'état de Bernadette Soubirou après sa première vision et celle du dindon masqué volant à mach 3 dans la stratosphère. (…) Je lui ai écrit une lettre de remerciement.
(…) God(ard) est avec nous. »
Pensant au départ à un canular, James a dû se faire à l’idée que l’envoi du don de 1 000 euros était véritable. Pour lui, ce geste vaut bien plus que 1 000 euros. « Il ouvre la voie aux ayants droits qui doutaient encore de leurs positions. Ils montrent le chemin aux plus jeunes de ce qu'est « être un artiste ». C'est peut-être donc ça, capturer ce qui ne se voit, saisir ce mouvement imperceptible de l'esprit vers le cœur. Tout un art de vivre... Jean-Luc bless us. »
Mais pourquoi avoir réalisé pareil don ? Certes, Godard a maintes fois prouvé qu’il était contre Hadopi, contre l’héritage et contre l’abus de la propriété (voir plus bas), mais entre cette démarche et aider sciemment un "mauvais" téléchargeur (qui assume), il y a un pas que beaucoup ne feraient pas.
Selon Alexandre Hervaud, journaliste pour Ecrans.fr (site de Libération), Jean-Luc Godard aurait en fait flashé sur un portrait d’Alexandre sur James Climent publié le 11 août dernier. Un mois plus tard, James recevait un cinquième de ses besoins pour se défendre.
« Je suis contre Hadopi » affirmait Godard dans Les Inrocks en mai dernier. « Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’œuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro… »
Godard alla même plus loin sur un sujet qui fait pourtant couler beaucoup d’encre depuis des siècles : « Le socialisme du film consiste à saper l’idée de propriété, à commencer par celle des œuvres… Il ne devrait pas y avoir de propriété des œuvres. Beaumarchais voulait seulement bénéficier d’une partie des recettes du Mariage de Figaro. Il pouvait dire “Figaro, c’est moi qui l’ai écrit”. Mais je ne crois pas qu’il aurait dit “Figaro, c’est à moi”. Ce sentiment de propriété des œuvres est venu plus tard. Aujourd’hui, un type pose des éclairages sur la tour Eiffel, il a été payé pour ça, mais si on filme la tour Eiffel on doit encore lui payer quelque chose. »
Nil Sanyas
le 13 septembre 2010 à 17:15
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